Le Canadien de Montréal vient de voir s’ouvrir une occasion en or.
Depuis que les Ducks d’Anaheim ont décidé d’égaler l’offre hostile déposée à l’endroit de Leo Carlsson (ce sera confirmé vendredi), une autre conséquence commence à attirer énormément d’attention à travers la LNH.
Ce n’est pas seulement le contrat de Carlsson qui fait jaser.
C’est tout ce que cette décision risque maintenant de provoquer.
Car les chiffres sont impitoyables.
Après avoir accordé un contrat de cinq ans d’une valeur annuelle de 7,4 millions de dollars à Mikael Granlund, les Ducks se retrouvent dans une situation financière beaucoup plus serrée que prévu.
À peine 9 M$ de disponibles sur la masse salariale.
Et l’addition est loin d’être terminée.
Le prochain énorme dossier s’appelle Cutter Gauthier.
L’attaquant vedette et agent libre avec restriction doit signer un nouveau contrat et tous les recruteurs autour de la LNH s’attendent à ce qu’il commande un contrat majeur qui pourrait facilement dépasser les 10 millions de dollars par saison.
À cela s’ajoute un autre casse-tête qui attend déjà Anaheim.
Dans un an, ce sera au tour de Beckett Sennecke, considéré comme l’un des plus beaux joyaux de l’organisation, de négocier son prochain contrat.
Et cette fois, le DG Pat Verbeek devra le signer, sinon l'été suivant, il sera encore frappé par une offre hostile.
Les Ducks ne pourront pas éternellement repousser l’inévitable.
Voilà pourquoi plusieurs dirigeants de la LNH surveillent maintenant Anaheim de très près.
Et un nom revient constamment.
Mikael Granlund.
Soyons honnêtes.
Lorsque Pat Verbeek lui a offert trois saisons et 7 millions de dollars par année, plusieurs personnes dans le milieu du hockey sont restées bouche bée.
Granlund est encore un excellent joueur.
Mais il a déjà 34 ans. (il lui reste deux ans de contrat)
Et surtout…
Il ne correspond pas vraiment à la fenêtre de développement des Ducks.
Anaheim bâtit autour de Leo Carlsson, Cutter Gauthier, Beckett Sennecke, Pavel Mintyukov et toute une nouvelle génération.
Granlund peut encore aider une équipe qui aspire immédiatement aux grands honneurs.
Mais fait-il réellement partie du futur des Ducks?
La réponse semble de plus en plus difficile à défendre.
Et c’est exactement là que le Canadien de Montréal pourrait intervenir.
Depuis plus d’un an, Kent Hughes cherche un véritable deuxième centre.
Il a exploré le dossier Elias Pettersson.
Il s’est informé sur Pavel Zacha.
Le nom de Shane Wright est revenu dans plusieurs discussions.
On a parlé de Sidney Crosby, de Ryan O’Reilly, Robert Thomas, Dylan Larkin, de Bo Horvat et de plusieurs autres.
Mais Granlund représente peut-être l’option la plus réaliste.
Parce que lui, contrairement à plusieurs autres, pourrait réellement devenir disponible.
Et son rendement parle de lui-même.
La saison dernière, il a récolté 41 points en seulement 58 matchs.
En séries éliminatoires, il a ajouté 10 points en 12 rencontres, démontrant une fois de plus qu’il élève son niveau de jeu lorsque les matchs deviennent les plus importants.

L’année précédente, avec Dallas, il avait également connu d’excellentes séries avec 10 points en 18 matchs.
Ce n’est pas un hasard.
Granlund est reconnu partout dans la LNH comme un joueur extrêmement fiable.
Il produit.
Il peut jouer au centre.
Il peut évoluer à l’aile.
Il excelle en avantage numérique.
Il est responsable défensivement.
Et surtout, il possède une énorme expérience des séries éliminatoires.
Oui, il mesure seulement 5 pieds 10 pouces.
Oui, il n’est pas le gros centre physique que plusieurs partisans réclament.
Mais le Canadien ne cherche pas nécessairement un bagarreur.
Il cherche un joueur capable de stabiliser immédiatement son top-6.
Et Granlund coche énormément de cases. Surtout, il a prouvé qu'il pouvait survivre au hockey des séries.
Plus Anaheim approchera de la signature de Cutter Gauthier, plus la pression financière augmentera.
À un certain moment, Pat Verbeek devra faire un choix.
Sacrifier un vétéran très bien payé…
Ou compromettre la flexibilité financière de son organisation pour les prochaines années.
C’est exactement le genre de situation que Kent Hughes adore exploiter.
Le directeur général du Canadien a déjà démontré à plusieurs reprises qu’il sait profiter des équipes coincées sous le plafond salarial.
Et si Anaheim devait réellement ouvrir la porte à une transaction impliquant Mikael Granlund…
Le téléphone de Kent Hughes devrait être l’un des premiers à sonner.
Ce genre d’occasion ne se présente pas souvent.
Et elle pourrait enfin permettre au Canadien de régler son éternel problème au poste de deuxième centre, sans sacrifier les actifs élites de son organisation.
Kirby Dach pourrait-il prendre le chemin d'Anaheim avec d'autres éléments?
La question mérite désormais d’être posée.
Depuis quelques jours, son nom circule de plus en plus dans les discussions de transactions impliquant le Canadien.
Selon Elliotte Friedman, Montréal est ouvert à l’idée de l’inclure dans un échange si cela permet d’améliorer immédiatement son attaque. Anaheim pourrait justement représenter un partenaire logique.
Évidemment, Dach ne remplacerait jamais Mikael Granlund à lui seul.
Pour convaincre Pat Verbeek, il faudrait assurément ajouter d’autres éléments importants au dossier, qu’il s’agisse d’un jeune défenseur gaucher entre Jayden Struble, Arber Xhekaj et Adam Engström, d’un espoir et/ou d’un choix au repêchage.
Mais il y a un aspect qui rend cette possibilité encore plus crédible.
Verbeek l’a lui-même répété après l’élimination de son équipe : les Ducks doivent devenir plus difficiles à affronter physiquement.
Les séries éliminatoires lui ont rappelé que son équipe manquait encore de poids, de robustesse et de présence au centre de la glace. Malgré toutes ses blessures, Kirby Dach demeure un joueur de 6 pieds 4 pouces qui possède un profil que plusieurs directeurs généraux continuent de trouver extrêmement intrigant.
Dans une nouvelle organisation, loin de la pression montréalaise, certains pourraient croire qu’il est encore capable de retrouver le potentiel qui faisait de lui un troisième choix au total.
Anaheim cherche peut-être davantage de taille, de jeunesse et un pari à long terme.
Montréal, lui, cherche désespérément un deuxième centre capable de produire dès maintenant.
Parfois, les meilleures transactions naissent lorsque deux organisations tentent de régler des problèmes complètement différents.
Et si Pat Verbeek se retrouve réellement forcé de libérer de l’espace salarial pour compléter le casse-tête Cutter Gauthier, Kent Hughes devra absolument être au téléphone.
Parce que des occasions comme celle-là ne se présentent pas souvent.
Granlund serait un cadeau du ciel.
À suivre...
