Surprise à RDS: Guy Carbonneau envoie Jakub Dobeš sous l'autobus

Surprise à RDS: Guy Carbonneau envoie Jakub Dobeš sous l'autobus

Par David Garel le 2026-04-14

C’est un revirement qui frappe de plein fouet.

Parce qu’au moment où Jakub Dobeš est en train de s’imposer comme l’un des gardiens les plus dominants du moment dans la LNH, voilà que Guy Carbonneau arrive… et va complètement à contre-courant.

Et pas à moitié.

Carbo ne nuance pas. Il ne tempère pas. Il ne s’abrite pas derrière les performances récentes. Il tranche.

Pour lui, le meilleur gardien dans l’organisation des Canadiens de Montréal… ce n’est pas Dobeš.

Pour lui, le gardien qui devrait partir les séries et qui va ramener la Coupe Stanley à Montréal... ce n'est pas Dobeš.

C’est Jacob Fowler.

Et quand tu écoutes son raisonnement, tu comprends que ce n’est pas basé sur les résultats immédiats. C’est une vision beaucoup plus froide. Beaucoup plus traditionnelle.

Plus technique.

Plus « propre ».

Carbonneau parle d’un gardien « square », structuré, stable dans ses déplacements. Un gardien prévisible dans le bon sens du terme. Un gardien qui joue dans un cadre.

Et dans cette grille-là… Fowler coche toutes les cases.

À l’inverse, même avec ses performances élites qui a mené le CH en séries, Dobeš continue de déranger certains puristes. Parce qu’il reste atypique. Parce qu’il a longtemps été désorganisé. Parce qu’il joue encore avec une part d’instinct, d’émotion, de chaos contrôlé.

Et ça, pour un ancien comme Carbonneau… ça ne passe pas complètement.

Le message est clair : même s’il gagne, même s’il vole des matchs, même s’il place le Canadien dans une position favorable…

Il n’est pas encore “le prototype”.

Et c’est là que ça frappe.

Parce que ça revient presque à envoyer Dobeš sous l’autobus.

Après tout ce qu’il a traversé cette saison.

Après les critiques sur sa technique.

Après les doutes publics.

Après la transformation spectaculaire depuis l’arrivée de Marco Marciano.

Après ses statistiques qui le placent parmi l’élite depuis des semaines.

Même là…

Ce n’est pas suffisant.

Et ça en dit long sur le débat qui s’installe.

Parce que Carbonneau n’est pas seul. Il donne une voix à une pensée qui circule déjà dans le milieu. Une pensée qui valorise la stabilité, la structure, le modèle classique… au détriment de la performance immédiate.

Pendant ce temps, Dobeš continue de gagner.

Il continue de faire des arrêts clés.

Il continue de donner des points.

Il continue de tenir l’équipe à bout de bras dans certains matchs.

Mais malgré ça, il traîne encore ce doute.

Et ce que dit Guy Carbonneau ne sort pas de nulle part. Ça s’inscrit dans une tendance lourde qui colle à la peau de Jakub Dobeš depuis le début de la saison.

José Théodore, lui, n’a jamais embarqué dans le train. Il l’a dit clairement, sans détour : même quand Dobeš performe, même quand il vole des matchs, il ne le trouve pas rassurant.

Trop désorganisé. Trop imprévisible. « Tout croche » devant son filet, selon lui. Et il a même ajouté que dans un marché comme Montréal, un gardien qui laisse paraître ses émotions, comme lorsqu’il a fondu en larmes après un match, risque d’avoir une carrière compliquée. Ce n’est pas juste une critique technique, c’est un jugement complet sur le profil du joueur.

Et avant même cette remise en question-là, Maxime Talbot avait déjà planté le décor avec une image qui a fait mal et qui est restée : Dobeš qui « fait l’ange dans la neige ».

Une façon de dire qu’il est tout croche devant son filet. Cette perception-là, même si elle a été largement corrigée par le travail de Marco Marciano, continue de coller.

Et aujourd’hui, avec Carbonneau qui remet une couche en plaçant Jacob Fowler devant lui dans la hiérarchie, on comprend que le débat dépasse les performances. C’est presque idéologique : entre un gardien moderne, efficace mais atypique… et un gardien modèle, propre, rassurant, comparé à Carey Price.

Et dans ce combat-là, Dobeš, malgré ses résultats, doit encore se battre pour convaincre.

Et c’est ça, le plus dur.

Parce que dans n’importe quel autre marché, un gardien qui performe comme lui deviendrait automatiquement la réponse.

À Montréal?

Il devient un débat, surtout avec un prodige comme Fowler.

Et avec des sorties comme celle de Guy Carbonneau, le message est encore plus lourd : peu importe ce que tu fais aujourd’hui… certains regardent déjà ailleurs pour demain.