Mauvaise humeur de Martin St-Louis: il avoue son erreur

Mauvaise humeur de Martin St-Louis: il avoue son erreur

Par David Garel le 2026-04-14

La prochaine fois, Martin St-Louis devra tourner sa langue sept fois avant de parler.

Il y a des séquences qui vieillissent mal. Très mal. Et celle entre Martin St-Louis et Guillaume Lefrançois en est une parfaite démonstration.

Samedi soir, après la blessure inquiétante de Noah Dobson, la question était pourtant incontournable. Tout le monde se la posait.

Comment tu gères le risque à deux matchs des séries? Est-ce que ça te force à revoir ton approche? Lefrançois l’a formulée clairement, sans piège, sans angle caché : est-ce que cette situation te fait recalculer ton équilibre entre compétition et prudence?

Et la réponse de St-Louis est tombée, sèche, presque moqueuse :

“Fait qu’on aurait été mieux de le laisser? Non, mais il y a pas de… On essaie toujours de calculer, mais même si t’es calculé, tu contrôleras pas tout.”

Fin de la discussion. Petit rire. Ton condescendant. Porte fermée. (avancez la vidéo à 13:12)

Ce n’était pas une réponse. C’était un rejet. Une façon de dire que la question ne valait même pas la peine d’être explorée. Comme si réfléchir à la gestion des risques, à ce moment précis de la saison, relevait presque de l’absurde.

Et pourtant…

Quelques heures plus tard, à l’entraînement, la réalité le rattrape de plein fouet.

Mike Matheson à l’écart. Josh Anderson laissé de côté. Phillip Danault qui saute son tour. Trois vétérans importants, trois décisions directement liées… à la gestion des risques.

Exactement ce que la question de Lefrançois soulevait.

Ce n’est plus une hypothèse. Ce n’est plus un débat. C’est exactement ce que St-Louis a fini par faire.

Il a reposé ses gars.

Et là, tout devient un peu cocasse. Parce que ce qu’il a balayé du revers de la main avec un sourire méprosant en coin… devient sa ligne de conduite 72 heures plus tard. Comme s’il avait répondu non en public, pour finalement agir oui en coulisses.

Évidemment, il ne le dira jamais comme ça. Parce que St-Louis fonctionne dans le contrôle. Dans l'ego mal plac. Dans cette volonté constante de ne jamais ouvrir la porte, de ne jamais donner l’impression qu’il doute ou qu’il ajuste en réaction.

Mais les faits sont là.

Il a ajusté.

Et ce décalage entre le discours et les gestes, veut tout dire. St-Louis a le complexe de Napoléon. Trop orgueilleux... pour avouer ses erreurs...

Parce qu’au final, la question de Lefrançois était bonne. Elle était pertinente. Elle était en avance sur ce que le coach allait lui-même faire.

Et au lieu d’y répondre avec transparence, ou simplement avec prudence, St-Louis a choisi de la ridiculiser.

Ce n’est pas la première fois que ça arrive. Ce n’est pas un accident. C’est une façon de faire. On l’a vu avec ses “posez-moi des bonnes questions”:

On l’a vu dans son ton, dans ses regards, dans cette impatience qui revient dès qu’il sent qu’on s’approche d’une zone qu’il ne veut pas exposer.

Question pertinente.

Réponse méprisante.

Décision identique quelques heures plus tard.

Au final, ce n’est pas Lefrançois qui avait tort.

C’est juste St-Louis qui n’avait pas envie de lui donner raison... par orgueil mal placé...