Silence de Kirby Dach: ça sent la transaction à plein nez

Silence de Kirby Dach: ça sent la transaction à plein nez

David Garel
Le 2026-07-17

Il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans le dossier Kirby Dach.

Oui, le Canadien de Montréal a finalement évité l’arbitrage salarial en s’entendant avec son attaquant sur un contrat d’un an d’une valeur de 3,6 millions de dollars.

Dur papier, tout semble réglé.

Mais l’histoire est loin d’être terminée.

Un détail frappe plus que tous les autres.

Le silence.

Habituellement, lorsqu’un joueur du Canadien signe un nouveau contrat, le scénario est pratiquement toujours le même. Une entrevue est publiée rapidement. Le joueur remercie l’organisation, parle de son enthousiasme, de son désir de rebondir et de son impatience de retrouver ses coéquipiers.

Cette fois?

Rien.

Pas une vidéo.

Pas une entrevue.

Pas même quelques citations diffusées par l’organisation.

Lorsqu’on replace ce silence dans le contexte des cette négociation n’a jamais ressemblé à une négociation normale.

Pendant des semaines, le dossier Kirby Dach s’est transformé en véritable bras de fer entre le Canadien et le clan du joueur.

Selon ce qui a circulé autour du dossier, les proches de Dach auraient été complètement outrés par la stratégie employée par Kent Hughes et Jeff Gorton. (déposer une offre qualificative à deux volets.)

La décision était parfaitement légale et permise par la convention collective.

Mais une décision qui aurait été vécue comme une véritable gifle par le clan Dach.

Après avoir traversé plusieurs blessures majeures, après des mois de réadaptation, après avoir tout fait pour revenir au jeu, voir l’organisation utiliser une disposition qui ouvrait théoriquement la porte à un séjour dans la Ligue américaine aurait été perçu comme un immense manque de respect.

Personne ne croyait réellement que Kirby Dach allait jouer avec le Rocket de Laval.

Ce n’était pas le véritable enjeu.

Le problème était le message.

Selon plusieurs informations ayant circulé, le clan Dach aurait eu l’impression que le Canadien ne le considérait plus comme un joueur important de son noyau.

Qu’il était devenu une marchandise et actif dont il fallait absolument réduire la valeur dans les négociations.

Humainement, on peut comprendre pourquoi cette stratégie a laissé des traces.

Du côté du Canadien, l’explication est évidemment beaucoup plus froide.

Kent Hughes ne cherchait probablement pas à humilier son joueur.

Il utilisait simplement toutes les possibilités offertes par la convention collective afin d’éviter de devoir déposer automatiquement une offre qualificative de quatre millions de dollars à un seul volet.

C’était de la gestion.

C’était du calcul.

C’était aussi une façon de protéger l’organisation contre un joueur qui n’a pratiquement jamais été capable de demeurer en santé depuis son arrivée à Montréal.

Mais dans une négociation, les émotions comptent parfois autant que les chiffres.

Et c’est exactement ce qui semble s’être produit.

L’arbitrage est rapidement devenu la réponse du clan Dach.

Pas seulement pour obtenir davantage d’argent.

Mais aussi, selon moi, pour reprendre un certain contrôle dans un dossier où le Canadien semblait dicter absolument toutes les règles.

Finalement, les deux parties ont trouvé un terrain d’entente.

Un contrat d’un an.

Un salaire de 3,6 millions de dollars.

Une solution qui permet aux deux camps d’éviter une audience d’arbitrage qui aurait probablement laissé encore plus de cicatrices.

Mais est-ce que cette entente signifie vraiment que tout est rentré dans l’ordre?

Absolument pas.

Au contraire.

Cette signature règle le contrat, mais pas la relation brisée.

Dach devient agent libre avec restriction dans un an... et refuse de parler aux médias après son contrat?

Est-ce le CH qui le cache car l'organisation et le joueur ont une entente qu'il sera échangé? Après tout, le fait qu'il soit signé va faciliter une transaction.

Pourquoi n’a-t-on pas vu Kirby Dach devant les caméras?

Pourquoi le Canadien n’a-t-il pas diffusé l’habituelle entrevue de circonstance?

Pourquoi personne ne semble vouloir célébrer cette entente?

Tou cela nourrit les spéculations qui existaient déjà bien avant la signature.

Depuis des semaines, Elliotte Friedman répète que Kent Hughes continue de chercher un attaquant capable de transformer son top-6.

Le directeur général du Canadien n’a jamais fermé la porte à utiliser Kirby Dach dans une transaction (package deal) si cela lui permettait d’améliorer immédiatement son équipe.

Or, le plus gros obstacle à une transaction vient justement de disparaître.

Avant aujourd’hui, une équipe intéressée devait non seulement acquérir Kirby Dach…

Elle devait également négocier son prochain contrat.

Ce risque n’existe plus.

À seulement 3,6 millions de dollars pour une saison, Kirby Dach devient soudainement un joueur beaucoup plus facile à intégrer sous le plafond salarial.

Sa valeur vient de remonter.

Anaheim fait partie des équipes qui reviennent constamment dans les discussions.

Les Ducks devront probablement créer de l’espace salarial afin de compléter leur propre travail après le dossier Leo Carlsson et avec la négociation toujours en cours de Cutter Gauthier.

Le CH est intéressé à Mikael Granlund (7 M$ par année jusqu'en 2028).

Voilà une manière pour les Ducks de sauver des dollars sur la masse: Obtenir Dach et des choix et/ou des espoirs.

Seattle continue également d’alimenter les rumeurs autour de Shane Wright.

Boston chercherait toujours différentes façons de remodeler son alignement alors que Pavel Zacha n'a toujours pas prolongé son entente.

Pittsburgh demeure à l’écoute, eux qui ont déjà proposé Bryan Rust ou Rickard Rakell à Montréal si le retour en vaut la peine. Un package deal autour de Dach est possible pour les Penguins.

Même Detroit revient régulièrement dans les conversations.

Kent Hughes possède enfin un actif dont le contrat ne représente plus un casse-tête.

Et cela change énormément de choses.

Si le Canadien croyait encore fermement que Dach faisait partie de son noyau à long terme, pourquoi ne pas avoir tenté une entente de plusieurs saisons?

Pourquoi revenir avec un simple contrat d’un an pour le voir libre comme l'air l'été prochain?

La réponse la plus évidente est qu’il doit encore faire ses preuves.

Et c’est probablement vrai.

Mais il existe une autre lecture.

Cette entente d’un an offre également une flexibilité maximale au Canadien lorsqu’un directeur général cherche toujours le fameux attaquant top-6 qui lui manque.

Cette histoire est loin d’avoir livré son dernier chapitre.

Plus que jamais, le numéro 77 du Canadien ressemble peut-être davantage à un actif de transaction… qu’à une pièce intouchable de l’avenir de l’organisation.