Le silence de Kirby Dach en dit long.
Il y a quelque chose qui cloche, même si son contrat est réglé.
Après des semaines de bras de fer, le Canadien de Montréal et l’ancien troisième choix au total ont finalement évité l’arbitrage salarial en s’entendant sur une entente d’un an d’une valeur de 3,6 millions de dollars.
Ce qui dérange, c’est tout le reste.
Parce que, depuis cette signature, Kirby Dach n’a pas prononcé un seul mot publiquement.
Rien.
Pas de communiqué personnel. Pas d’entrevue diffusée par le Canadien. Pas de vidéo où il remercie l’organisation. Pas une seule citation exprimant sa joie de poursuivre l’aventure à Montréal.
Habituellement, ce genre de signature est accompagné des traditionnelles déclarations du joueur, qui parle de sa motivation, de son désir de rebondir et de son enthousiasme à retrouver ses coéquipiers.
Cette fois, le silence est total.
Et plus les jours passent, plus ce silence devient malaisant.
Il faut dire que cette négociation n’avait rien d’une négociation normale. Tout a basculé lorsque Kent Hughes a choisi de déposer une offre qualificative à deux volets.
Juridiquement, le directeur général était parfaitement dans son droit. Stratégiquement, il protégeait son organisation contre un joueur qui a raté énormément de matchs depuis son arrivée à Montréal.
Mais humainement, le message a été extrêmement mal reçu.
Le clan Dach y a vu une humiliation. Kirby Dach risquait réellement d’être envoyé à Laval et de passer au ballottage.
Mais ce qui vraiment blessé son entourage, c’est le symbole. Après deux saisons ravagées par les blessures, après des mois de réadaptation, le Canadien donnait l’impression de ne plus le considérer comme un membre important de son noyau.
Sa famille espérait un vote de confiance.
Elle a plutôt reçu un avertissement.
Le résultat est sans appel. Dach a demandé l’arbitrage salarial. Puis les deux parties ont finalement trouvé un compromis d’un an à 3,6 millions de dollars.
Mais un contrat règle un dossier administratif.
Pas nécessairement une relation.
Le plus cinglant demeure l’absence complète de prise de parole du joueur. Dans un marché où tout est soigneusement orchestré par les équipes, ce silence inquiéte énormément. Est-ce le joueur qui refuse de s’exprimer? Est-ce l’organisation qui préfère éviter les questions? Impossible de l’affirmer. Une chose est certaine, cette signature n’a pas donné l’impression d’une réconciliation.
Au contraire.
Et pendant que ce malaise persiste, les rumeurs de transactions continuent de s’accumuler.
Elliotte Friedman le répète depuis plusieurs semaines : Kirby Dach fait partie des actifs que Kent Hughes est prêt à utiliser s’il peut enfin mettre la main sur un véritable joueur de top-6.
Le contrat signé change complètement la donne.
Avant cette entente, une équipe devait acquérir Dach… puis immédiatement négocier son prochain contrat.
Aujourd’hui, le problème n’existe plus.
À 3,6 millions de dollars, il devient beaucoup plus facile à intégrer sous le plafond salarial.
Voilà pourquoi son nom revient absolument partout.
À Anaheim, où Pat Verbeek cherche désespérément à créer de l’espace salarial après le dossier Leo Carlsson et avec les négociations de Cutter Gauthier qui demande entre 15 M$ et 18 M$, sans oublier Beckett Sennecke qui devra signer l'été prochain, un montage impliquant Mikael Granlund continue d’alimenter les discussions.
Dach représente exactement le genre de gros centre de 6 pieds 4 pouces que les Ducks affectionnent encore, surtout dans une équipe qui cherche faire de l'espace sur la masse salariale.
Seattle demeure un autre dossier fascinant. Shane Wright veut quitter Seattle, Jared McCann est sur le marché et Jason Botterill écoute les offres.
Le Canadien possède justement un ancien troisième choix au total qui pourrait offrir un nouveau départ au Kraken. Dach ne suffirait évidemment pas à lui seul, mais il constitue une pièce logique dans une transaction beaucoup plus importante.
Boston continue aussi d’être surveillé. Les Bruins cherchent toujours à remodeler leur attaque, tandis que Pavel Zacha demeure un joueur qui plaît énormément à Montréal.
Pittsburgh n’a jamais fermé la porte non plus. Kyle Dubas adore relancer des joueurs dont la valeur est au plus bas, et Kirby Dach correspond parfaitement à ce profil. Bryan Rust et Rickard Rakell reviennent constamment dans les discussions à Montréal
Même Detroit demeure une possibilité si le nouveau DG était enfin nommé et Dylan Larkin acceptait finalement de lever sa clause de non-échange pour Montréal.
Les Oilers d'Edmonton (là où Dach reviendrait à la maison) et les Flames de Calgary (Zach Whitecloud et Morgan Frost sont sur le marché) continuent d'être liés à l'attaquant du CH. Le nom de Dach est partout en Alberta.
Puis voilà qu’un nouveau scénario vient de surgir.
Les Rangers de New York.
Selon Vincent Mercogliano, l’organisation souhaite utiliser Braden Schneider afin d’aller chercher un attaquant capable d’améliorer immédiatement son offensive. Montréal cherche précisément un défenseur droitier jeune, robuste et déjà établi.
Kirby Dach devient automatiquement un nom logique. (il faudra rajouter la lune)
Oliver Kapanen aussi. (sa valeur est beaucoup plus élevée que celle de Dach).
Mais Dach possède un avantage évident : il est déjà un joueur établi dans la LNH, il n’a que 25 ans et plusieurs directeurs généraux continuent de croire qu’un changement d’environnement pourrait complètement relancer sa carrière.
Edmonton continue également d’alimenter les conversations. Son frère Colton évolue maintenant dans l’organisation des Oilers. Les deux frères viennent de l’Alberta. Plusieurs observateurs voient toujours une certaine logique humaine dans un éventuel retour au bercail.
Une chose devient de plus en plus évidente.
Le Canadien ne traite plus Kirby Dach comme une pièce intouchable.
Il le traite comme un actif suffisamment intéressant pour servir de monnaie d’échange dans pratiquement tous les dossiers importants explorés par Kent Hughes depuis le début de l’été.
Et lorsque le principal intéressé choisit de garder complètement le silence après une négociation aussi tendue, il devient difficile de ne pas se poser la question.
Le numéro 77 dispute-t-il déjà ses derniers mois dans l’organisation?
En ce moment, tout indique que la signature de son contrat n’a pas mis fin aux rumeurs.
Elle les a peut-être rendues encore plus crédibles.
Son temps est compté.
