Le témoignage vient directement du balado Les Meneurs, où Raphaël Harvey-Pinard a accepté de revenir sur son passage avec le Canadien de Montréal. L’ancien attaquant du Tricolore n’a pas seulement parlé de son parcours, de ses blessures ou des difficultés vécues dans l’organisation. Il a surtout pris le temps de parler de Nick Suzuki.
Son ancien capitaine occupe une place bien particulière dans son souvenir de Montréal.
Harvey-Pinard décrit un joueur qui ne cherche pas à prendre toute la place dans une chambre. Suzuki n’est pas le genre de capitaine qui doit hausser la voix constamment pour se faire entendre. Son approche repose davantage sur ses actions, son comportement et sa façon de travailler chaque jour.
Pour un jeune joueur qui partage le vestiaire avec lui, cette attitude peut avoir beaucoup de poids.
Le numéro 14 donne l’exemple avant de demander quoi que ce soit aux autres. Lors des entraînements, dans les matchs ou durant les périodes plus difficiles, il demeure impliqué et exigeant envers lui-même. Cette constance fait partie des éléments qui ont marqué Harvey-Pinard lorsqu’il était avec le Canadien.
Le Québécois a d’ailleurs expliqué que Suzuki ne parle pas pour remplir le silence. Lorsqu’il décide de prendre la parole devant ses coéquipiers, il choisit son moment.
« Il ne va pas crier contre d’autres gars nécessairement, mais c’est un gars qui va choisir ses moments pour se lever dans la chambre. »
Cette phrase résume assez bien le style de leadership du capitaine du Canadien.
Suzuki n’a pas besoin de transformer chaque discours en spectacle. Sa crédibilité vient d’abord de ce qu’il accomplit sur la patinoire et de la manière dont il se comporte avec ses coéquipiers. Quand il intervient, les joueurs savent que le message mérite leur attention.
Cette façon de diriger prend encore plus de valeur lorsqu’on regarde la progression du Canadien au cours des dernières saisons.
Suzuki n’est plus simplement le jeune centre qui tentait de s’établir dans la LNH. À 27 ans, il vient de connaître la meilleure saison de sa carrière. Il a franchi le plateau des 100 points, remporté le trophée Selke et guidé le Tricolore jusqu’à la finale de l’Association de l’Est.
Sa reconnaissance dépasse désormais les frontières de Montréal.
The Hockey News l’a récemment placé au deuxième rang des centres de la division Atlantique, devant Auston Matthews. The Athletic l’a également placé parmi les joueurs à surveiller en vue d’une éventuelle candidature au Temple de la renommée lorsque sa carrière sera terminée.
Pour Harvey-Pinard, cette progression n’a rien de surprenant.
Il a vu Suzuki de près. Il a partagé son quotidien. Il a pu constater sa manière de travailler lorsque personne ne regardait. Son témoignage donne donc une perspective différente de celle que les partisans peuvent avoir en regardant simplement les matchs.
Le leadership de Suzuki s’est aussi propagé dans le vestiaire.
L’arrivée de jeunes joueurs comme Ivan Demidov, Lane Hutson et plusieurs autres s’inscrit dans une équipe où les standards de travail ont changé. Suzuki a contribué à installer cette mentalité en montrant lui-même l’exemple. Les jeunes qui arrivent à Montréal comprennent rapidement qu’ils doivent être prêts à travailler avant même que la saison commence.
Ce n’est pas uniquement une question de statistiques.
Un capitaine influence la culture d’une équipe. Il établit certaines habitudes et montre aux autres joueurs ce qui est attendu. Dans le cas de Suzuki, son comportement quotidien semble avoir eu une influence importante sur ses coéquipiers.
Harvey-Pinard, qui a maintenant quitté l’organisation, aurait pu simplement parler de son propre parcours. Il a plutôt choisi de rendre hommage à celui qui portait le « C » lorsqu’il partageait encore le vestiaire avec lui.
Le témoignage prend donc une dimension particulière.
Suzuki continue de construire son héritage à Montréal, et les commentaires de ses anciens coéquipiers viennent ajouter une autre pièce au portrait. Après avoir gagné le respect de ses partenaires, le capitaine commence maintenant à recevoir une reconnaissance nationale qui place son nom parmi les joueurs les plus importants de sa génération.
À seulement 27 ans, son histoire est loin d’être terminée.
