Patrick Roy sort de l’ombre : le Canadien se retrouve au cœur de l’histoire

Patrick Roy sort de l’ombre : le Canadien se retrouve au cœur de l’histoire

André Soueidan
Le 2026-08-12

Patrick Roy vient de voir une porte importante se refermer devant lui… et le moment est particulièrement difficile à ignorer.

Pendant quelques semaines, le nom de Roy avait repris de la vigueur dans les rumeurs entourant le poste d’entraîneur-chef des Maple Leafs de Toronto.

Après avoir été congédié par les Islanders avec seulement quelques matchs à jouer à la saison, l’ancien gardien du Canadien cherchait une nouvelle occasion de revenir derrière un banc de la LNH.

Toronto représentait une possibilité particulièrement intéressante.

Darren Dreger avait rapporté que Roy faisait partie des candidats rencontrés par les Maple Leafs, tandis qu’Elliotte Friedman avait ensuite indiqué que son entrevue s’était très bien déroulée.

Pendant un moment, son nom paraissait donc beaucoup plus sérieux qu’une simple candidature parmi une longue liste.

Puis Toronto a tranché.

Les Maple Leafs ont finalement choisi Jim Hiller pour prendre les commandes derrière le banc.

Hiller, qui avait déjà dirigé les Kings avant d’être congédié en mars 2026, a obtenu une deuxième chance comme entraîneur-chef dans la LNH.

Pour Roy, c’est une autre porte qui disparaît.

Le timing est d’autant plus particulier lorsqu’on regarde le chemin parcouru par l’ancien gardien depuis ses débuts à Montréal.

En 1986, Patrick Roy était une jeune recrue lorsqu’il s’est retrouvé au centre d’une équipe qui n’était même pas considérée comme favorite pour remporter la Coupe Stanley.

Son match contre les Rangers de New York au Madison Square Garden est devenu l’un des grands moments de cette conquête.

Roy avait repoussé 44 des 47 tirs dirigés vers lui dans une victoire de 4-3 en prolongation, avant de mettre la main sur le trophée Conn-Smythe.

Quarante ans plus tard, Roy était de nouveau réuni avec plusieurs de ces anciens coéquipiers à l’occasion de l’Invitation Serge Savard.

Cette réunion avait toutefois une résonance bien différente cette année.

Claude Lemieux, l’un des grands artisans de cette conquête de 1986, n’était plus là pour retrouver ses anciens coéquipiers.

Décédé à 60 ans en mai dernier, Lemieux avait pourtant confirmé sa présence au tournoi de Serge Savard quelques jours avant sa mort.

Savard lui avait parlé personnellement et racontait encore récemment à quel point Lemieux avait hâte de revoir les gars avec qui il avait remporté sa première Coupe Stanley.

Sa disparition a donc laissé un vide immense parmi ceux qui ont partagé cette aventure.

À 60 ans, Lemieux était encore profondément associé à cette équipe qui avait marqué le début de sa carrière, lui qui avait été choisi par Montréal au repêchage de 1983 et qui avait joué un rôle important dans la conquête de 1986.

Le Devoir rapportait notamment la présence de Patrick Roy aux côtés de Mats Näslund, alors que les membres de l’équipe de 1986 se retrouvaient pour célébrer cette conquête historique.

Le contraste est difficile à manquer.

À l’époque, Roy représentait l’avenir du Canadien.

Il allait devenir l’un des plus grands gardiens de l’histoire de la LNH et remporter quatre coupes Stanley au cours de sa carrière.

Plus tard, il allait également revenir derrière un banc dans la LNH avec l’Avalanche du Colorado, remportant le trophée Jack Adams dès sa première saison comme entraîneur-chef.

Son départ du Colorado en 2016 était alors sa propre décision, après des désaccords concernant notamment son rôle dans les décisions hockey.

Son retour avec les Islanders avait ensuite ramené Roy dans un environnement où la pression était immense.

Il a pris les commandes de New York en janvier 2024 et a dirigé l’équipe pendant plus de deux saisons avant d’être congédié le 5 avril 2026.

Les Islanders avaient alors perdu quatre matchs consécutifs et se retrouvaient à l’extérieur du portrait des séries. Roy a quitté avec une fiche de 97-78-22 en trois saisons à New York.

Cette fois, la décision ne venait pas de lui.

C’est probablement ce qui rend la situation actuelle aussi intrigante.

Roy avait une occasion de reprendre immédiatement sa place dans la LNH avec une organisation qui représente l’un des marchés les plus exigeants du hockey. Il avait l’expérience de Montréal, du Colorado, de New York et de Québec.

Il connaît la pression, les médias et les attentes qui viennent avec un poste où chaque défaite devient rapidement une histoire.

Toronto a pourtant décidé d’emprunter une autre route.

Pour le Canadien, cette histoire possède une dimension particulière.

Patrick Roy demeure l’un des visages les plus importants de l’histoire moderne de l’organisation.

Son nom est directement associé à la conquête de 1986, à celle de 1993 et à une époque où Montréal avait encore un gardien capable de changer complètement le destin d’une série.

Aujourd’hui, le scénario est complètement différent.

Roy se retrouve sans équipe alors que les postes disponibles se font rares. Toronto est réglé.

D’autres organisations ont déjà fait leurs choix. Son prochain chapitre derrière un banc de la LNH devra donc attendre.

Pendant ce temps, Patrick Roy continue de réapparaître autour de cette équipe qui l’a transformé en légende.

Quarante ans après avoir été lancé dans l’histoire par Serge Savard, le voilà de nouveau réuni avec les hommes qui ont marqué le début de son incroyable parcours… alors que personne ne sait encore exactement où son histoire va continuer.

Ouf…