Josh Anderson vient de faire une véritable déclaration d’amour au Canadien de Montréal. Et honnêtement, c’est exactement le genre de discours qui peut pousser une organisation à prendre une très mauvaise décision.
L’attaquant de 32 ans amorcera cette saison la dernière année de son contrat de sept ans signé en 2020, celui qui lui rapporte 5,5 millions de dollars par saison.
Il est maintenant adjoint au capitaine Nick Suzuki et, quelques semaines avant l’annonce officielle, Martin St-Louis l’avait convoqué dans son bureau pour lui annoncer personnellement qu’il porterait le « A ». Anderson était évidemment ravi.
« Je n’ai pas besoin de vous dire à quel point j’aime cette équipe et cette ville. La culture que nous avons bâtie au cours des quatre ou cinq dernières années, c’est très spécial. Je crois fermement que les choses se placent d’elles-mêmes dans la vie. »
Anderson a également rappelé que sa fille était née à Montréal et qu’il souhaitait rester ici. Il ne cache donc absolument pas son désir de poursuivre sa carrière avec le Canadien. Il a même laissé entendre que les discussions concernant une nouvelle entente pourraient commencer au cours des prochains mois.

Misère.
Il y a une énorme différence entre aimer Josh Anderson comme personne et leader et décider de lui donner plusieurs millions de dollars pendant plusieurs années supplémentaires.
On ne peut pas se raconter d’histoires : Anderson a déjà été extrêmement bien payé par Montréal. Depuis son arrivée en 2020, sa meilleure production offensive avec le Canadien demeure une saison de 21 buts et 32 points. (2022-2023)
Pour un attaquant qui gagne 5,5 millions de dollars par année, ce n’est tout simplement pas suffisant.
Oui, il possède des qualités que Montréal apprécie. Il frappe, il dérange, il peut imposer sa présence physique et il possède un style qui peut devenir utile lorsque les séries commencent.
Nick Suzuki vient d’ailleurs d’expliquer pourquoi Anderson méritait son « A », en soulignant son comportement sur la glace comme à l’extérieur et son énorme impact lorsque le niveau d’intensité augmente.
Mais voilà le problème : on ne signe pas un joueur de 32 ans pour plusieurs années simplement parce qu’il est apprécié dans le vestiaire.
Anderson aura 33 ans en mai prochain. Son jeu est extrêmement exigeant physiquement et son corps a déjà absorbé énormément de coups.
On l’a vu dans certaines séquences contre la Caroline en finale de conférence : il ne frappait plus avec la même constance et son impact physique était diminué. À cet âge, ce n’est pas le genre de tendance qu’une organisation devrait ignorer au moment de réfléchir à un nouveau contrat.
C’est exactement le piège dans lequel Marc Bergevin est tombé avec Brendan Gallagher.
Gallagher avait été un immense guerrier du Canadien. Il représentait la culture de l’organisation, il était adoré des partisans, il jouait blessé et il avait rendu d’énormes services au club. Montréal a voulu le récompenser pour tout ce qu’il avait accompli.
Résultat : le Canadien s’est retrouvé avec un contrat horrible à gérer lorsque la production et les capacités physiques du joueur ont commencé à diminuer.
Le Canadien ne doit pas payer Josh Anderson pour ses services passés.
Et c’est là que le « A » devient dangereux.
Parce que maintenant, Anderson est officiellement reconnu comme l’un des leaders du vestiaire.
Tout est réuni pour que le sentiment embarque dans la négociation.
Mais une négociation de contrat ne devrait jamais être basée sur les émotions.
Kent Hughes a encore toute la saison pour évaluer Anderson. Il n’a absolument aucune obligation de régler son avenir immédiatement.
Si Anderson connaît une excellente saison, produit offensivement, demeure dominant physiquement et joue encore un rôle important en séries, le Canadien pourra discuter avec lui à ce moment-là.
Et pourtant, selon ce qui circule, les négociations pour une prolongation de contrat vont commencer dès cet automne.
Une décision catastrophique.
Pourquoi se précipiter?
Pourquoi deux ou trois ans de plus à un joueur qui aura bientôt 33 ans?
Pourquoi prendre le risque de transformer un excellent leader de vestiaire en prochain contrat impossible à déplacer?
Marc Bergevin, sors de ce corps.
