Rabais sur le contrat de Martin St-Louis: un mensonge du Canadien de Montréal

Rabais sur le contrat de Martin St-Louis: un mensonge du Canadien de Montréal

David Garel
Le 2026-09-14

Il faut arrêter de nous prendre pour des valises avec cette histoire de Martin St-Louis qui aurait accepté de laisser de l’argent sur la table pour démontrer sa solidarité envers ses joueurs.

Voyons donc.

Ce matin, le Canadien a annoncé que Martin St-Louis avait signé une nouvelle prolongation de contrat de quatre ans, qui le gardera derrière le banc jusqu’au terme de la saison 2029-30.

Son ancienne entente devait pourtant lui permettre de toucher 5 millions de dollars pour la saison 2026-27.

Oui, cette dernière année était une année d’option.

Mais elle existait.

Et surtout, elle avait une valeur.

Le Canadien a simplement décidé de déchirer cette dernière année pour repartir avec une nouvelle entente de quatre saisons.

Alors expliquez-moi quelque chose.

Pourquoi Martin St-Louis accepterait-il soudainement de sacrifier son année à 5 millions de dollars pour repartir à zéro avec un nouveau contrat de quatre ans qui commencerait à 5 millions ou moins?

Ça ne tient absolument pas debout.

St-Louis n’a pas donné sa dernière année.

Il l’a échangée contre quatre nouvelles années.

Et pensez-vous vraiment que Kent Hughes a appelé son entraîneur pour lui dire :

« Martin, on va annuler ton année à 5 millions, mais ne t’inquiète pas, on va te donner quatre ans de plus… à moins d’argent »?

Come on.

C’est ici que le fameux discours sur le « rabais » devient complètement ridicule.

Martin St-Louis avait déjà un contrat.

Le Canadien voulait le garder.

Le Canadien venait de voir son entraîneur mener l’équipe jusqu’en finale de l’Association de l’Est après une progression spectaculaire au classement.

C’est Montréal qui voulait prolonger Martin St-Louis.

Et quand une organisation veut absolument conserver son entraîneur, elle doit le payer en conséquence.

La seule chose que le Canadien a fait, c’est prendre l’année restante du contrat précédent et la remplacer par quatre années supplémentaires.

Alors quand on nous raconte que St-Louis aurait accepté de laisser de l’argent sur la table pour envoyer un message à ses joueurs qui ont tous accepté un rabais sur leurs contrats, il faut sérieusement se demander à qui s’adresse ce message.

Son salaire ne compte même pas sur la masse salariale.

St-Louis pouvait donc négocier son contrat sans se soucier du plafond salarial du Canadien. Il n’avait aucune raison financière de sacrifier plusieurs millions de dollars simplement pour faire plaisir à Kent Hughes.

Aucune.

Et surtout, il n’avait aucune raison de jeter une année garantie à 5 millions de dollars à la poubelle.

Le scénario le plus logique est beaucoup plus simple : Montréal a voulu le garder, St-Louis a obtenu une nouvelle entente beaucoup plus avantageuse et les deux parties ont trouvé un terrain d’entente.

Clairement, St-Louis empoche bien au-delà de 5 M$ par année.

Ce n'est pas pour rien que le chiffre de 6 M$ et plus par année est absolument partout sur la toile.

St-Louis ne s’est pas appauvri.

Il vient de recevoir une augmentation.

Le pire, c'est qu'il le mérite, surtout quand on écoute Nick Suzuki.

"Pour nous, le plus gros changement, c’est probablement quand il est arrivé ici. C’étaient des jours assez sombres, on perdait et on finissait au dernier rang du classement général.

Martin a trouvé des façons de nous défier, de faire en sorte que ce soit plaisant et léger, afin qu’on ne se laisse pas affecter par une pression trop lourde. On s’est améliorés chaque saison, et c’est emballant. Les gars sont en train de devenir de très bons joueurs dans cette ligue."

« La culture du club a formé plusieurs d’entre nous et a poussé plusieurs d’entre nous à devenir meilleurs, comme personnes, mais aussi comme joueurs, a ajouté Suzuki. Ç’a été pas mal plaisant, et Martin a joué un énorme rôle dans tout ça. »

Le problème, c’est que le Canadien semble vouloir transformer ça en gigantesque opération de relations publiques.

On veut montrer que tout le monde fait des sacrifices.

Les joueurs font des sacrifices.

Kent Hughes fait des sacrifices.

Martin St-Louis fait des sacrifices.

Tout le monde accepte de laisser de l’argent sur la table pour le bien du Canadien.

Quelle belle histoire.

Sauf que ça ne fonctionne pas comme ça.

Kent Hughes a effectivement accepté moins que ce qu’il aurait probablement pu obtenir ailleurs lorsqu’il a prolongé son propre contrat. Très bien. Même chose pour Jeff Gorton.

Mais Martin St-Louis n’avait aucune obligation de reproduire le geste, même s'il joue la carte de l'humilité.

« C’est sûr que c’est flatteur. Mais c’est pas quelque chose auquel je m’arrête… J’adore ce que je fais, et si on me donne le vote de confiance et qu’on me fait comprendre que je suis le bon gars, je vais continuer. Si c’est pas le cas, c’est correct.

« Je suis assez humble pour savoir que c’est pas parce que tu mets tout l’effort dans quelque chose que tu vas toujours réussir. Mais mon cœur est à la bonne place, et j’adore être l’entraîneur des Canadiens. »

Tout est bien "cute".

Mais arrêtons de nous raconter des histoires avec le fameux rabais.

Martin St-Louis n’a pas fait un cadeau au Canadien.

Le Canadien lui a donné ce qu’il estimait qu’il valait., foi de Kent Hughes.

« C’est son leadership plus qu’autre chose qui m'impressionne. On entend souvent dire qu’un coach doit être un vendeur ; il faut que les joueurs achètent ce qui leur est demandé. Son style de communication est exceptionnel, et je crois qu’on voit que depuis son arrivée ici, il continue à évoluer comme entraîneur…

« J’imagine que même les coachs les plus expérimentés continuent à apprendre, et Martin, c’est un homme brillant, alors peut-être qu’il apprend plus vite ! »

Dans tous les cas, son compte en banque grossit vite aussi. Pas besoin de nous raconter des balivernes sur son faux rabais.