Zach Benson était visiblement très émotif lorsqu’il s’est présenté devant les médias pour parler de Martin St-Louis. On sentait le respect, presque la nostalgie, chez le jeune attaquant des Sabres de Buffalo.
Après tout, Benson a grandi en admirant un joueur qui lui ressemblait : un petit gabarit obligé de compenser avec le cœur, l’intelligence et l’audace.
Une vieille photo des deux hommes prise il y a plusieurs années circule d’ailleurs partout sur les réseaux sociaux. Benson confirme qu’elle est authentique, même si ses souvenirs restent flous.

« Je me souviens de ce tournoi, mais je ne me rappelle pas du tout quand c’était », a-t-il raconté avec un sourire, presque gêné.
Puis il s’est lancé dans un hommage sincère envers l’entraîneur-chef des Canadiens de Montréal.
« C’était une de mes idoles. Comme je suis plus petit, j’admire des gars comme lui. Je trouve ça assez amusant de jouer contre lui maintenant. »
« C’était un moment assez cool d’autant plus que je joue maintenant contre lui sur une plus grosse scène. »
On voyait clairement que ce moment avait une valeur particulière pour Benson. Il parlait d’un souvenir marquant, d’un modèle, d’un gars qui lui avait donné l’impression qu’un joueur plus petit pouvait quand même dominer dans la LNH.
« C’était un moment assez cool d’autant plus que je joue maintenant contre lui sur une plus grosse scène », a-t-il ajouté.
La réaction de Martin St-Louis?
Il a fait du... Martin St-Louis.
Sans détour. Sans émotion forcée. Sans étirer une histoire que tout le monde essayait manifestement de transformer en moment hollywoodien.
Lorsqu’on lui a demandé s’il se rappelait cette rencontre avec Benson, St-Louis a coupé court au sujet en quelques mots.
« Je ne m’en souviens pas. »
Terminé.
Aucune tentative d’embellir le moment. Aucun discours sentimental. Pas de « wow, le temps passe vite ». Rien.
C’est tellement Martin St-Louis.
Depuis son arrivée derrière le banc des Canadiens de Montréal, il excelle dans cet art-là : couper court aux narratifs inutiles, refuser les distractions et ramener tout au hockey. Les histoires émotionnelles, les sous-intrigues, les moments de télévision… très peu pour lui.
Pendant que Benson semblait presque vivre un moment de fan devenu adversaire, St-Louis, lui, avait déjà la tête ailleurs. Au match. À la série. Aux ajustements. À la guerre contre les Sabres.
Certains vont trouver ça froid. D’autres vont dire que c’est exactement pourquoi ses joueurs adorent jouer pour lui.
Martin St-Louis n’est pas là pour nourrir les histoires. Il est là pour gagner des matchs de hockey.
Et dans une série où chaque détail devient une distraction potentielle, il n’a même pas perdu cinq secondes à faire semblant qu’il se souvenait d’un moment dont, manifestement, il n’a aucun souvenir.
Classique Martin. Sans pitié… mais efficace.
