Malaise derrière le banc : Martin St-Louis encore frappé par le même problème

Malaise derrière le banc : Martin St-Louis encore frappé par le même problème

Par André Soueidan le 2026-05-14

Quelque chose cloche profondément dans les débuts de match du Canadien… et rendu au match numéro cinq, personne ne peut encore faire semblant que c’est simplement de la malchance.

Trois buts accordés en dix minutes.

Dans un match qui pouvait complètement faire basculer la série du côté de Montréal, le Canadien est arrivé sur la glace du KeyBank Center comme une équipe surprise de voir l’adversaire jouer avec urgence.

Buffalo n’a pourtant rien inventé.

Les Sabres ont simplement sauté sur la glace avec l’intention de dicter le ton immédiatement pendant que le Canadien, lui, semblait encore chercher son rythme.

Et ça, c’est rendu une tendance inquiétante.

Depuis le début des séries 2026, le Canadien a maintenant accordé le premier but 7 fois.

Ce n’est plus un accident de parcours. Ça parle directement de préparation mentale, de structure, de gestion des émotions et de coaching.

Parce qu’en séries éliminatoires, les bonnes équipes comprennent une chose très simple : les cinq premières minutes servent à stabiliser le match.

Tu simplifies le jeu. Tu gardes les présences courtes. Tu évites les revirements au centre de la glace. Tu mets des rondelles profondes. Tu établis ton échec avant. Tu ne cherches pas le jeu parfait dès la première présence.

Le Canadien fait exactement l’inverse.

Cole Caufield a encore redonné une rondelle dangereuse directement aux Sabres.

Et derrière tout ça, Jakub Dobeš avait l’air complètement débranché mentalement.

Trois buts sur dix tirs.

Oui, le Canadien a trouvé le moyen de répliquer offensivement pour créer l’égalité 2 à 2 momentanément… mais honnêtement, ça tient surtout au fait que Buffalo laisse énormément d’espace défensivement.

Parce qu’à travers ce début de match complètement chaotique, une réalité sautait aux yeux : Montréal se battait encore davantage contre lui-même que contre les Sabres.

C’est ce qui devient frustrant dans cette série.

Le Canadien n’affronte pas Tampa Bay présentement.

Les Sabres sont talentueux offensivement, mais ils restent une équipe fragile qui donne des ouvertures constamment.

Et malgré ça, Montréal continue de leur offrir des buts, du momentum et de l’énergie avec des erreurs mentales évitables dans les premières minutes.

Même l’atmosphère du building semblait affecter le groupe.

Pendant plusieurs séquences, on pouvait entendre les partisans de Buffalo embarquer complètement derrière leur équipe et commencer tranquillement à jouer dans la tête de Dobeš.

Habituellement, c’est Montréal qui fait vivre cet enfer-là aux gardiens adverses. Cette fois, la pression semblait traverser de l’autre côté.

Et c’est là que le regard se tourne inévitablement vers Martin St-Louis.

Parce qu’à un certain point, une équipe finit par ressembler à son entraîneur.

Le Canadien est une équipe extrêmement créative.

Une équipe qui vit beaucoup sur l’instinct, la lecture offensive et le talent naturel de ses jeunes joueurs.

Quand ça fonctionne, c’est spectaculaire. Quand ça dérape, ça devient du hockey désorganisé rempli de revirements et de séquences où tout le monde essaie de sauver le match individuellement.

Buffalo, lui, joue beaucoup plus calmement.

Rondelles profondes.

Pression simple.

Présences efficaces.

Aucune panique.

Les Sabres ressemblent à une équipe qui connaît exactement son identité en début de match.

Pendant ce temps, le Canadien donne parfois l’impression d’attendre la première catastrophe avant de commencer à jouer avec urgence.

Et ça, en séries, ça finit toujours par coûter cher.

Le plus inquiétant, c’est qu’on sent presque une certaine naïveté émotionnelle chez le Canadien.

Comme si le groupe croyait encore pouvoir simplement ouvrir le jeu offensivement pour revenir de n’importe quelle situation sans payer le prix défensivement.

Ça ne fonctionne pas comme ça au mois de mai.

Les bonnes équipes éliminent les erreurs avant de chercher les jeux spectaculaires.

Présentement, Montréal joue encore avec le feu à chaque début de rencontre.

Et rendu au match numéro cinq, ce problème-là commence sérieusement à coller à Martin St-Louis.

Misère…