Le Canadien de Montréal s’apprête à disputer le match le plus important de sa saison jeudi soir à Buffalo. Une victoire placerait le club à une seule conquête de la finale de l’Est. Une défaite replacerait complètement les Sabres dans le siège du conducteur.
Mais avant même la mise au jeu, une autre histoire commence déjà à prendre toute la place autour du Tricolore : le dossier Arber Xhekaj.
Martin St-Louis refuse toujours de dévoiler l’identité de son sixième défenseur. Jeudi matin, aucun entraînement complet n’était prévu, mais plusieurs réservistes ont tout de même sauté sur la glace. Brendan Gallagher, Patrik Laine, Oliver Kapanen, Samuel Montembeault et Jacob Fowler étaient présents.

Ni Xhekaj ni Jayden Struble ne s’y trouvaient.
Résultat? Le mystère demeure entier.
Clairement, Martin St-Louis cherche à brouiller les cartes avant le match numéro cinq. C’est une vieille stratégie des séries éliminatoires. On garde l’adversaire dans le doute jusqu’au dernier moment possible afin de compliquer les ajustements de l’autre côté.
Mais malgré ce jeu de cache-cache, une réalité saute aux yeux depuis plusieurs rencontres : Arber Xhekaj ne semble plus avoir la confiance complète de son entraîneur.
Le dernier match en est la preuve parfaite.
Mardi soir au Centre Bell, dans une défaite de 3-2 du Canadien, Xhekaj n’a joué que… 3 minutes et 46 secondes.
Oui, moins de quatre minutes.
Pour un défenseur supposément inséré dans l’alignement afin d’amener de l’intimidation, de l’énergie et une présence physique, c’est carrément ridicule. À ce stade-ci, on ne parle même plus d’un rôle réduit. On parle d’un joueur qui réchauffe le banc pendant pratiquement toute la soirée.
Le match précédent n’était guère plus encourageant. Lors du troisième affrontement de la série, Xhekaj avait obtenu seulement 7 minutes et 10 secondes de temps de glace.
Le message devient difficile à ignorer.
Martin St-Louis utilise Arber Xhekaj comme un véritable yoyo depuis plusieurs semaines. Un soir, il devient essentiel à l’identité physique du Canadien. Le lendemain, il se retrouve pratiquement effacé du plan de match.
Pour un joueur qui impose pourtant la peur chez les Sabres, la situation commence sérieusement à devenir étrange.
Buffalo déteste affronter Xhekaj.
Sa simple présence change le ton d’un match. Les joueurs adverses réfléchissent davantage avant de foncer vers Jakub Dobeš ou d’aller provoquer après le sifflet. Même lorsqu’il joue peu, son impact psychologique demeure réel.
C’est précisément ce qui rend cette gestion difficile à comprendre.
Pourquoi garder un joueur habillé si c’est pour l’utiliser moins de quatre minutes?
Pourquoi envoyer autant de signaux contradictoires à un défenseur qui apporte une dimension unique à l’alignement?
Pendant ce temps, Jayden Struble attend patiemment sa chance. Plusieurs observateurs croient maintenant qu’il pourrait finalement réintégrer la formation jeudi soir à Buffalo. Patrick Lalime lui-même a soulevé cette possibilité en direct du KeyBank Center après avoir remarqué l’absence simultanée de Struble et Xhekaj chez les réservistes.
Le suspense reste entier.
Mais même si Xhekaj joue finalement ce soir, le malaise demeure présent autour de son utilisation. On sent clairement que Martin St-Louis hésite constamment avec son défenseur.
D’un côté, le Canadien adore ce qu’il apporte physiquement. De l’autre, son entraîneur semble nerveux dès que le rythme du match accélère.
Le plus ironique dans cette histoire, c’est que le Shérif représente exactement le type de joueur construit pour des séries éliminatoires intenses contre une équipe fatigante comme Buffalo.
Les Sabres adorent provoquer.
Zach Benson vit dans la tête du Canadien depuis le début de la série.
Josh Norris joue à la limite.
Beck Malenstyn cherche constamment à déranger devant le filet.
Normalement, ce genre de confrontation devrait avantager un joueur comme Xhekaj.
Au lieu de ça, il se retrouve au centre d’un énorme point d’interrogation.
Et à quelques heures d’un match crucial, Martin St-Louis continue volontairement d’entretenir le doute.
Ouch...
