Le doute s’installe à Montréal : Oliver Kapanen place Kent Hughes dans l’embarras

Le doute s’installe à Montréal : Oliver Kapanen place Kent Hughes dans l’embarras

André Soueidan
Le 2026-07-13

Pendant que Kent Hughes cherche partout dans la LNH une solution à son problème au centre, Oliver Kapanen vient tranquillement de rendre la décision beaucoup plus inconfortable qu’elle ne l’était il y a quelques semaines.

Le jeune Finlandais était déjà au cœur des discussions entourant le marché des transactions.

Pittsburgh apprécie son profil, Kyle Dubas cherche des jeunes capables de traverser la transition qui suivra éventuellement l’ère Sidney Crosby et, selon les informations qui ont circulé, le nom de Kapanen est revenu dans les scénarios impliquant Rickard Rakell ou Bryan Rust.

Kent Hughes, lui, refuse de céder aussi facilement. On comprenait pourquoi. Après la réflexion publiée par Arpon Basu dans The Athletic, on le comprend encore mieux.

Basu a soulevé un chiffre qui mérite qu’on s’y arrête.

Oliver Kapanen a marqué 22 buts à sa saison recrue dans la LNH. Ce même total a été atteint par Mathew Barzal, Connor Bedard, Jamie Benn, Taylor Hall, Gabriel Landeskog, William Nylander et Brady Tkachuk lors de leur première saison dans le circuit.

Personne ne prétend que Kapanen deviendra une superstar simplement parce que son nom se retrouve dans cette compagnie.

Le Finlandais avait aussi 22 ans, donc quelques années de plus que plusieurs joueurs cités.

Reste qu’à Montréal, on parle constamment de lui comme d’un deuxième centre imparfait plutôt que d’un jeune homme qui vient de marquer 22 buts en étant lancé dans une chaise immense dès son arrivée.

C’est précisément ce qui place Kent Hughes dans l’embarras.

Depuis le début de l’été, la direction cherche un véritable centre numéro deux. Robert Thomas, Dylan Larkin, Nico Hischier, Shane Wright et plusieurs autres noms ont alimenté les discussions.

Le Canadien a exploré ses options, évalué les prix et constaté une réalité assez simple : le marché est affreux pour un acheteur.

Les équipes qui possèdent un jeune centre de qualité ne veulent pas le donner. Celles qui acceptent de discuter réclament David Reinbacher, Michael Hage ou un autre actif majeur.

Pendant ce temps, Kapanen est déjà à Montréal.

Basu va même plus loin dans sa réflexion.

Selon lui, la saison recrue du Finlandais passe beaucoup trop sous le radar uniquement parce que Kapanen est perçu comme une solution imparfaite au deuxième trio.

Ses statistiques avancées n’ont pas toujours été flatteuses et son jeu sans la rondelle doit progresser, mais combien de recrues auraient été capables d’occuper ce rôle pendant une saison complète sans complètement couler?

Kapanen a survécu. Mieux encore, il a marqué.

Voilà pourquoi les demandes de Kyle Dubas deviennent soudainement plus faciles à comprendre.

Pittsburgh ne regarderait pas Oliver Kapanen comme une petite pièce ajoutée à une transaction pour équilibrer les salaires.

Les Penguins verraient un centre de 22 ans, responsable, capable de jouer dans les deux sens de la patinoire et déjà auteur d’une saison de 22 buts dans la LNH.

Montréal a déjà vécu une histoire qui devrait servir d’avertissement.

Lorsque Mathieu Darche a discuté avec Kent Hughes dans le dossier Noah Dobson, Emil Heineman occupait une place importante dans les négociations.

Plusieurs partisans montréalais voyaient surtout un ailier énergique intéressant.

Les Islanders, eux, accordaient beaucoup d’importance à son profil.

Cette différence d’évaluation a aidé à construire une transaction qui a permis au Canadien d’obtenir Dobson.

Aujourd’hui, Kapanen risque d’attirer le même genre de regard autour de la LNH, avec une différence majeure : sa valeur est déjà appuyée par une saison de 22 buts.

Kent Hughes doit donc répondre à une question beaucoup plus complexe que celle de savoir si Rickard Rakell ou Bryan Rust améliorerait son attaque.

Bien sûr que Rakell aiderait Ivan Demidov.

Rust apporterait immédiatement son expérience, son intensité et sa production offensive. Le Canadien serait meilleur dès le premier match de la saison.

Mais dans trois ans?

Rakell a 33 ans. Rust en a 34. Kapanen en a 22.

Sacrifier le Finlandais pour l’un de ces vétérans signifierait que le Canadien a déjà déterminé ce qu’Oliver Kapanen deviendra.

Après une seule saison dans la LNH, voilà un pari dangereux à prendre, surtout lorsque le joueur vient d’inscrire autant de buts à sa première année que plusieurs vedettes établies du circuit.

La quête de Kent Hughes commence donc à prendre une tournure ironique.

Depuis des mois, le Canadien cherche un jeune centre capable de grandir avec Ivan Demidov, Juraj Slafkovsky et Lane Hutson.

Chaque appel mène à un prix démesuré. Chaque négociation ramène les mêmes noms parmi les demandes adverses.

Oliver Kapanen est maintenant l’un de ces noms.

Arpon Basu ne dit pas que le Finlandais est le deuxième centre rêvé du Canadien.

Il soulève toutefois une réflexion que Kent Hughes ne peut plus balayer du revers de la main.

Kapanen a occupé ce poste comme recrue, marqué 22 buts et traversé une saison complète malgré les difficultés normales d’un jeune joueur.

Peut-être que le véritable danger n’est plus de rater Rakell, Rust ou le prochain gros nom disponible.

Le danger serait de payer pour trouver une solution… avant de découvrir qu’elle était déjà dans le vestiaire.

C'est un pensez-y-bien…