La bombe de Macklin Celebrini à 18,8 millions de dollars par saison n’a pas seulement bouleversé le marché de la LNH. Elle a provoqué une véritable onde de choc dans les bureaux des agents de joueurs.
Depuis l’annonce de ce contrat historique, plusieurs représentants regardent maintenant certaines ententes signées au cours des derniers mois avec un mélange d’incompréhension… et d’indignation. Et s’il y a un dossier qui revient constamment dans les conversations, c’est celui de Lane Hutson.
Aujourd’hui, il est pratiquement impossible d’ignorer une conclusion : Lane Hutson a laissé une fortune absolument inimaginable sur la table.
Selon le modèle statistique de Dom Luszczyszyn, de The Athletic, le défenseur du Canadien possède non seulement le meilleur contrat de toute la Ligue nationale, mais il aurait abandonné plus de 110 millions de dollars en valeur réelle en acceptant sa prolongation de huit ans à 8,85 millions de dollars par saison.

Dans un sport où chaque million est négocié pendant des semaines, cette estimation donne tout simplement le vertige.
Et l’arrivée du contrat de Celebrini rend la comparaison encore plus difficile à avaler.
Celebrini touchera 18,8 millions par année sur cinq saisons.
Carlsson empoche 18 M$.
Connor Bedard empoche 15 millions par année.
Mais si on regarde les défenseurs, Bowen Byram empoche... 12,5 M$ par année...
Ouch.
Pendant ce temps, Lane Hutson, que plusieurs considèrent déjà comme l’un des meilleurs jeunes défenseurs de la planète, jouera pour moins de neuf millions par saison… pendant huit longues années.
Selon le modèle de The Athletic, si Hutson poursuit sa progression actuelle, il ne devrait même pas être payé 15 ou 18 millions de dollars.
Il devrait valoir… 22,5 millions de dollars par saison. (voir plus loin dans l'article)
C’est une projection qui paraît complètement folle.
Et pourtant, lorsqu’on regarde l’évolution fulgurante des salaires depuis quelques semaines, elle devient soudainement beaucoup moins irréaliste.
Chaque nouvelle signature fait exploser le plafond psychologique du marché.
Dans ce contexte, Hutson apparaît presque comme un joueur d’une autre époque.
Pour plusieurs agents, c’est tout simplement incompréhensible.
Pourquoi avoir signé aussi rapidement?
Pourquoi ne pas avoir attendu?
Pourquoi se presser alors qu’il restait encore énormément de temps avant d’être confronté à une véritable pression contractuelle?
Si Hutson avait été agent libre avec restriction cet été, peu importe la pression de Kent Hughes pour respecter "la structure salariale injuste" du CH, le clan Hutson aurait été obligé de demander au minimum 13 à 14 M$ par année.
Et encore là, cela aurait été une aubaine.
Son agent, Sean Coffey, est la honte de la LNH en ce moment. On se rappellera de lui comme l'agent qui s'est fait manipuler par Kent Hughes.
N'importe quel agent aurait conseillé à son client d'attendre, laisser le plafond salarial grimper et voir les prochains contrats redéfinir complètement le marché.
Aujourd’hui, plusieurs croient qu’il aurait facilement pu viser 16 ou 17 millions de dollars par saison s’il avait simplement attendu un peu plus longtemps.
Certains vont même encore plus loin.
Avec un plafond salarial qui pourrait atteindre 150 millions de dollars au cours des prochaines années, le modèle de Dom Luszczyszyn estime qu’un défenseur générant une valeur comparable à celle projetée pour Hutson pourrait représenter jusqu’à 16 à 18 % du plafond salarial, soit environ 22,5 à 25 millions de dollars par saison.
C’est complètement renversant.
Pauvre Hutson. On parle d'une occasion financière perdue qui ne se représentera jamais.
Évidemment, du côté du Canadien, personne ne va s’en plaindre.
Kent Hughes est en train de bâtir une véritable dynastie salariale.
Selon The Athletic, Montréal possède maintenant la deuxième meilleure structure salariale de toute la LNH, tout juste derrière les Hurricanes de la Caroline. Le modèle attribue au Canadien un surplus de valeur de près de 240 millions de dollars, un chiffre tout simplement ahurissant.

Lane Hutson est le principal responsable de cette situation.
Mais il est loin d’être seul.
Nick Suzuki.
Cole Caufield.
Juraj Slafkovsky.
Ivan Demidov.
Selon le même modèle, tous ces contrats procurent une valeur largement supérieure à leur coût réel. Montréal compte quatre contrats cotés A+, plus que n’importe quelle autre équipe de la Ligue nationale.
Et le dossier Demidov donne aussi mal au coeur aux agent à la lumière des événements des derniers jours.
Avant l’explosion du marché, plusieurs trouvaient déjà insensé de signer un contrat de huit ans à un maigre 9,15 M$ par année.
Aujourd’hui? Il va empocher moins que la moitié de Macklin Celebrini. On a la nausée pour lui.
Au final, cette histoire dépasse largement Lane Hutson.
Elle illustre à quel point la Ligue nationale est en train de changer sous nos yeux.
Mais à Montréal, on est de retour à l'ancien temps... à l'époque où les joueurs se faisaient avoir par les propriétaires... au nom du sacrifice collectif...
