Pendant quelques semaines, Gleb Pugachyov avait tout d’un choix de première ronde pris dans une drôle de tempête.
Le gros attaquant du Canadien venait d’arriver au 26e rang du repêchage avec une tonne d’attentes sur les épaules, puis presque tout ce qui pouvait mal tourner s’était mis à tourner de travers.
Aujourd’hui, pour la première fois depuis son entrée en scène cette saison, le ciel commence enfin à se dégager.
La fameuse tempête, elle ne sortait pas de nulle part.
Pugachyov avait commencé sa saison en Russie avec des questions autour de son rythme, de son implication et de sa condition physique, avant de subir une commotion cérébrale dès son premier match dans la MHL.
Après avoir été frappé par-derrière et projeté tête première dans la bande, le choix de première ronde du Canadien avait été forcé de suivre le protocole des commotions et de rater plusieurs rencontres.
Son retour au jeu vendredi s’était d’ailleurs soldé par une défaite de 2-1 et aucun point.
Bref, le brouillard était épais.
Son été n’avait pas non plus aidé à calmer les discussions.
Pugachyov avait transformé son physique de façon importante, expliquant avoir ajouté énormément de masse en un an, tout en affirmant que cette transformation ne nuisait pas à son jeu.
Son début de saison avait ensuite donné du matériel à ceux qui se demandaient si cette nouvelle version de l’attaquant pouvait conserver la mobilité et l’explosivité qui avaient séduit le Canadien au moment de le sélectionner.
Puis la commotion est arrivée.
Pendant que certains commençaient déjà à se demander si Montréal avait misé sur un projet beaucoup plus compliqué que prévu, Pugachyov devait simplement retourner sur la glace et recommencer à construire.
Pas besoin de sauver la planète.
Juste retrouver ses jambes, reprendre son rythme et montrer pourquoi le Canadien avait décidé de monter au premier tour pour aller le chercher.
C’est précisément ce qu’il vient de commencer à faire.
De retour dans la formation de Chaika, Pugachyov a finalement ouvert son compteur offensif en Russie.
En avantage numérique, le gros ailier a effectué une belle montée avant de mettre la table pour Vladislav Mishin, récoltant ainsi sa première mention d’aide de la saison.
Chaika s’est imposé 5-0, donnant au jeune espoir montréalais exactement le genre de petit moment dont il avait besoin pour remettre sa saison sur les rails.
Une passe, oui.
Rien qui justifie encore de sortir le champagne dans les bureaux de Kent Hughes.
Mais après tout ce qui s’était passé depuis le début de septembre, cette passe représente beaucoup plus qu’un simple chiffre sur une feuille de pointage.
Pugachyov avait besoin de recommencer quelque part.
Le plus intéressant, c’est que son histoire ne s’arrête pas à ce point.
Le Canadien n’a jamais repêché ce joueur pour devenir un simple producteur de points dans la MHL.
Montréal a misé sur un attaquant de 6 pieds 3 pouces, puissant, capable de protéger la rondelle, de gagner des batailles et d’imposer sa présence devant le filet.
À 18 ans, son développement va évidemment prendre du temps, particulièrement avec son parcours entre la MHL et le Torpedo de Nijni Novgorod dans la KHL.
Son objectif demeure justement de retourner dans la KHL et de s’y imposer.
La route sera longue, mais le premier obstacle était beaucoup plus immédiat : revenir en santé, retrouver ses repères et recommencer à produire.
Même Alexander Zharovsky a offert une bonne nouvelle aux partisans du Canadien en Russie au cours de cette journée, lui qui a également obtenu une mention d’aide dans la KHL.
Les deux meilleurs espoirs russes du CH ont donc chacun trouvé le moyen de contribuer offensivement, donnant un petit coup de soleil à une journée qui aurait pu passer complètement sous le radar.
Pour Pugachyov, surtout, cette passe arrive au bon moment.
Après les critiques, les interrogations, la transformation physique, la commotion et les semaines à regarder ses coéquipiers jouer sans pouvoir aider, le voilà enfin de retour dans le brouillard… avec une petite lumière devant lui.
La tempête n’est peut-être pas complètement derrière lui.
Mais pour une fois, Gleb Pugachyov vient de trouver le chemin de la sortie.
Ouf…
