Friction à Montréal : Martin St-Louis et Alex Newhook doivent se parler
Alex Newhook et martin St Louis. Gettyimages

Friction à Montréal : Martin St-Louis et Alex Newhook doivent se parler

André Soueidan
Le 2026-09-26

Une drôle de dynamique commence à s’installer autour d’Alex Newhook à Montréal… et le dernier échange entre le joueur et Martin St-Louis donne suffisamment de matière pour comprendre qu’une discussion devra éventuellement avoir lieu.

Newhook n’est pas en danger de perdre sa place.

Son nouveau contrat de quatre ans vient d’être réglé, il fait partie des éléments importants de l’attaque montréalaise et son rendement en séries l’a placé dans une position intéressante.

Pourtant, à quelques jours du début de la saison, une question demeure entière : où Martin St-Louis veut-il réellement l’utiliser?

Le problème, c’est que Newhook est capable de faire à peu près tout ce qu’on lui demande.

Centre, ailier, jeu de puissance, désavantage numérique… le joueur possède suffisamment de polyvalence pour dépanner partout.

Mais pour un joueur qui arrive à cette étape de sa carrière, la polyvalence peut aussi devenir une drôle de prison lorsqu’aucun rôle précis ne finit par s’imposer.

Newhook l’a reconnu lui-même lorsqu’on lui a parlé de son utilisation durant le camp.

Le joueur n’a pratiquement jamais évolué avec les mêmes compagnons de trio et les entraîneurs ont volontairement brassé les cartes.

« Je n’ai pas joué avec les mêmes joueurs. Vous le voyez. Je pense qu’ils essaient de regrouper les joueurs. Nous avons beaucoup d’options et beaucoup de bons joueurs dans toute la formation, alors nous verrons comment tout cela va se placer. »

Cette réponse est intéressante, surtout lorsqu’on la met en parallèle avec ce qui s’est passé depuis le début du camp.

Newhook a été utilisé au centre, à l’aile, avec différents joueurs et dans différentes situations.

Même lui reconnaît qu’il a eu quelques présences au centre avec Jake Evans et Nick Suzuki, mais il ne sait pas encore exactement quelle place sera la sienne lorsque les vrais matchs commenceront.

« Je me sens à l’aise dans les deux rôles. Je pense que c’est surtout le fait d’avoir plus d’action en match qui me permet de retrouver les situations où je peux jouer à l’une ou l’autre des positions. »

Autrement dit, Newhook est prêt. Il attend simplement de savoir où on veut réellement le placer.

C’est précisément ici que Martin St-Louis entre dans l’histoire.

L’entraîneur-chef n’a rien laissé entendre qui ressemble à une confrontation avec son joueur.

Au contraire, St-Louis a pris soin de dire qu’il n’était pas inquiet concernant Newhook.

Mais sa réponse contient une petite phrase qui ouvre une porte beaucoup plus intéressante.

« Je ne suis pas inquiet pour Newhook. Il est capable de jouer avec tout le monde, dans différents rôles et dans différentes situations. Il s’est bâti un curriculum qui nous apporte beaucoup, et nous sommes encore en train de trouver toutes les réponses. »

Puis St-Louis a ajouté quelque chose qui risque de faire travailler l’imagination des partisans.

« Nous allons être dirigés dans une certaine direction et nous allons arriver quelque part avec ça. Je ne sais simplement pas exactement comment nous allons y arriver. »

Voilà le cœur du problème.

Martin St-Louis sait ce qu’Alex Newhook peut apporter.

Newhook sait lui-même qu’il peut contribuer de plusieurs façons. Mais le chemin pour l’amener à sa meilleure utilisation n’est toujours pas complètement défini.

Et cette situation devient encore plus intrigante avec la quantité d’options qui se trouvent devant l’entraîneur.

Chris Kreider vient d’entrer dans l’équation.

Juraj Slafkovsky demeure une pièce importante.

Ivan Demidov pousse pour obtenir davantage de responsabilités.

Nick Suzuki et Cole Caufield ont leur place bien établie.

Phillip Danault ajoute encore une possibilité au centre.

Newhook se retrouve donc dans cette étrange position où sa polyvalence est à la fois son principal avantage et la raison pour laquelle son rôle demeure difficile à cerner.

Le joueur ne semble pas réclamer une place précise.

St-Louis ne semble pas pressé de lui en donner une.

Pourtant, la saison arrive mardi et les essais du camp vont bientôt laisser place aux vraies conséquences des décisions prises derrière les portes closes.

Newhook vient justement de signer pour quatre saisons. Il sort d’excellentes séries. Il possède la vitesse, peut jouer au centre, peut évoluer à l’aile et accepte les responsabilités défensives.

La question n’est donc plus de savoir s’il mérite de jouer.

La véritable question est beaucoup plus délicate : Martin St-Louis doit maintenant trouver la façon de le faire jouer régulièrement dans un rôle qui lui permet de devenir une pièce importante plutôt qu’un joueur capable de remplir tous les trous de la formation.

Une discussion entre les deux hommes pourrait devenir nécessaire. Pas pour régler une chicane, mais pour mettre les choses au clair avant que la saison ne commence réellement.

Après tout, Newhook peut jouer partout…

Encore faut-il savoir où St-Louis veut vraiment l’emmener.

À suivre…