Les Canadiens de Montréal vivent peut-être son premier vrai moment de turbulence émotionnelle depuis le début de sa reconstruction. P
arce qu’au-delà de la défaite de mardi soir, au-delà de l’erreur de Kirby Dach en prolongation, ce qui commence à inquiéter sérieusement, c’est tout ce qui explose autour.
Les insultes.
Les menaces.
Les attaques sur les réseaux sociaux.
Les comptes Instagram fermés.
Même la conjointe de Dach, Jordan Vanderveen, qui a disparu des réseaux après avoir reçu une vague de commentaires toxiques.
Et là, on voit David Savard monter au front publiquement dans les pages de La Presse pour défendre son ancien coéquipier.
On sent que le Québécois a perdu patience face au traitement de "la victime de Montréal". Il sent que la situation est en train d’exploser complètement autour du pauvre Dach.
Il est tanné du cirque qui entoure le joueur du Canadiens de Montréal.
Ouch. Savard, ce n’est pas un gars qui parle pour rien. Ce n’est pas un gars qui lance des messages dans le vide. C’est un vétéran respecté qui comprend exactement ce qu’est le marché montréalais.
Et quand lui commence à ressentir le besoin de calmer le jeu publiquement, ça en dit long sur la violence de ce que Dach reçoit présentement.
Savard rappelle une réalité extrêmement importante : un match de hockey ne bascule jamais sur une seule séquence.
Oui, Dach a raté la ligne rouge.
Oui, il a provoqué un dégagement refusé.
Oui, il a perdu sa couverture sur le but gagnant de J. J. Moser.
Mais comme Savard le dit clairement, le Canadien avait déjà perdu le contrôle du match bien avant ça. Nikita Kucherov avait créé l’égalité. Le Lightning dominait complètement la prolongation. Montréal ne générait plus rien offensivement. Tampa Bay avait une avance de 9-0 au chapitre des tirs en surtemps.
Et ça, ce n’est pas juste sur Dach.
« On gagne et on perd en équipe », rappelle Savard.
« Je connais bien Dach. C’est un joueur qui a du caractère, qui veut bien jouer et aider son équipe. »
Le problème, c’est que ce discours commence à devenir difficile à entendre pour une partie des partisans qui voient Dach s’enliser depuis des semaines.
Depuis le 1er mars : aucun but, une seule passe, un différentiel de -6.
Et malgré ça, Martin St-Louis continue de lui faire confiance soir après soir.
C’est là où le débat devient explosif à Montréal.
On a l’impression d’entendre constamment le même discours humain, empathique, protecteur… sans jamais entendre le vrai constat hockey.
Oui, David Savard connaît Kirby Dach personnellement. Oui, tout le monde semble l’aimer dans le vestiaire. Mais pendant ce temps-là, les erreurs s’accumulent, la production offensive est presque inexistante et le Canadien vient peut-être d’échapper la série à cause de lui.
Il y a deux conversations complètement différentes présentement.
D’un côté, il y a l’humain.
Et là-dessus, il n’y a aucun débat : les attaques personnelles, les menaces, les insultes envers sa conjointe, les messages de parieurs frustrés qui perdent de l’argent et demandent à des joueurs de “rembourser leurs paris”, ça dépasse complètement les limites.
Mais de l’autre côté, il y a aussi la réalité hockey.
Et plusieurs partisans commencent à avoir l’impression que l’organisation protège tellement Dach publiquement qu’elle refuse presque de reconnaître l’évidence sur la glace.
C’est un peu le même phénomène que plusieurs reprochent depuis des années à certains analystes comme Stéphane Auger avec l’arbitrage : peu importe ce qui arrive, on finit toujours par défendre les arbitres.
Et là, certains voient la même chose autour de Dach.
Savard défend son coéquipier.
Suzuki le défend.
Matheson le défend.
St-Louis le défend.
Humainement, ça se comprend totalement. Un vestiaire uni doit protéger un joueur qui s’écroule publiquement sous la pression.
Mais au niveau, la frustration continue de monter parce qu’une partie des partisans croit que personne à l’intérieur de l’organisation n’ose réellement dire que Dach ne devrait peut-être plus être dans l’alignement présentement.
Surtout avec un Brendan Gallagher qui pousse pour revenir.
Surtout avec un Joe Veleno qui aurait probablement traversé cette fameuse ligne rouge sans hésitation.
Surtout dans une série où chaque détail devient fatal.
Et pendant ce temps-là, Dach, lui, se retrouve au centre d’une tempête devenue beaucoup plus grosse que le hockey.
Qui finit par déconcentrer toute la chambre.
