Michael Hage commence à trouver que son nom circule beaucoup trop souvent dans les bureaux des directeurs généraux de la LNH.
Depuis quelques semaines, le jeune centre du Canadien est au cœur de pratiquement toutes les grosses discussions qui touchent Montréal. Dylan Larkin? Hage. Kirill Marchenko? Hage. Mark Scheifele? Encore Hage.
Et ce qui rend la situation particulièrement étrange, c’est qu’il y a quelques mois, on parlait de Hage comme d’un joueur intouchable dans l’organisation montréalaise. Maintenant, son nom revient constamment comme la pièce qui pourrait débloquer une transaction majeure.
C’est un drôle de moment à vivre pour un jeune joueur qui n’a même pas encore disputé un seul match dans la LNH.
Commençons par Détroit.
Michael Hage joue à l’Université du Michigan, directement dans la cour des Red Wings. Et la connexion avec Detroit est encore plus intéressante qu’on pouvait l’imaginer : Hage partage son quotidien avec Will Horcoff, le fils de Shawn Horcoff, qui vient justement d’être nommé directeur général par intérim des Red Wings.
Detroit connaît très bien Hage et possède un réel intérêt pour lui.
Imaginez la situation.
Hage arrive à l’Université du Michigan pour poursuivre son développement. Son colocataire est le fils du DG des Red Wings. Les deux jouent ensemble. Ils passent leur temps ensemble. Ils voyagent ensemble. Et pendant ce temps, le Canadien et Detroit discutent potentiellement de Dylan Larkin.
C’est presque trop parfait pour être vrai.
Et pour Hage, ça aurait pu être une situation absolument magique.
Il aurait pu être échangé à Detroit, rester au Michigan, rejoindre une organisation qui le connaît déjà très bien et continuer son développement dans un environnement qu’il connaît parfaitement. Surtout que Shawn Horcoff est maintenant celui qui doit gérer les décisions quotidiennes des Red Wings.
Mais voilà le problème : Dylan Larkin n’a toujours pas Montréal sur sa liste de destinations privilégiées.
Montréal ne figurait toujours pas parmi les équipes auxquelles Larkin accepterait d’être échangé même si Kent Hughes et Jeff Gorton ont tout fait pour le convaincre du contraire.
Et depuis, le dossier a été rangé dans le "rayon impossible".
Hage aurait été affecté d'être transigé par le CH, mais son coeur aurait été réchauffé d'aller à Détroit. Après tout, le Michigan est sa deuxième maison.
Mais ce scénario parfait a disparu.
Et maintenant, Winnipeg entre dans le portrait.
Nick Kypreos vient de révéler que le Canadien fait partie des équipes qui se sont renseignées sur Mark Scheifele. Il affirme également que Michael Hage pourrait faire partie des éléments demandés par les Jets, avec Oliver Kapanen, Kirby Dach et Samuel Montembeault.
Là, ça devient beaucoup plus difficile pour Hage.
Tu as un jeune joueur qui était considéré comme une pièce majeure du futur de Montréal et qui voit soudainement son nom apparaître pour un autre joueur de premier plan.
Attention. Le Canadien ne veut pas s’en débarrasser.
C’est justement le contraire.
Hage est probablement l’une des raisons pour lesquelles Montréal hésite autant à bouger. Le Canadien a été très déçu qu'il retourne au Michigan pour une troisième saison universitaire, mais a respecté sa décision.
Son entraîneur Brandon Naurato a expliqué que Hage voulait revenir plus complet, notamment dans son jeu défensif et aux mises au jeu, afin d’arriver à Montréal prêt à avoir un véritable impact.
Certains ont accusé Hage d'avoir privilégié l'argent (il empochera près d'un million de dollars dans la NCAA), d'autres ont clamé qu'il avait peur de la LNH, mais au final, il a pris la meilleure décision pour lui et sa famille.
Le CH avait tellement besoin de lui comme 2e centre.
Voilà pourquoi son nom possède autant de valeur sur le marché.
Le problème, c’est que plus sa valeur augmente, plus les autres équipes veulent l’obtenir.
Et maintenant, Winnipeg peut regarder Kent Hughes et lui dire : « Tu veux Mark Scheifele? D’accord. Donne-nous Michael Hage. »
C’est brutal pour le jeune homme.
Le pauvre n’a rien demandé.
Détroit aurait été génial pour lui. Mais Winnipeg? La pire ville du Canada? Imaginez le sentiment.
Il y a aussi un autre élément qui rend la situation encore plus délicate : son retour à Michigan n’a pas été reçu de façon parfaite à Montréal.
Dans une organisation qui commence à vouloir gagner maintenant, chaque année de développement supplémentaire crée aussi une certaine impatience.
Montréal cherche un deuxième centre maintenant.
Mark Scheifele devient alors le profil parfait.
Le centre des Jets vient de connaître une saison de 103 points, dont 36 buts et 67 passes. Il a encore cinq années à écouler à son contrat de 8,5 M$ par saison. Kypreos rapporte que Montréal le voit comme le complément idéal pour Nick Suzuki.
Alors la question devient très simple.
Est-ce que Michael Hage vaut plus pour le Canadien comme futur centre numéro deux ou comme monnaie d’échange pour aller chercher immédiatement Mark Scheifele?
Voilà le véritable dilemme de Kent Hughes.
Pour Hage, c’est le pire scénario possible. Ce n'est pas pour rien qu'on nous dit qu'il est vraiment tanné des rumeurs de transaction à son sujet.
Tanné ou non, il doit se taire.
C'était à lui de jouer dans la LNH dès cette année s'il voulait sécuriser sa place à Montréal.
En attendant, le Canadien a tellement confiance en Michael Hage qu’il ne veut pas l’échanger.
Mais c’est justement parce que tout le monde sait à quel point Montréal croit en lui que les autres équipes continuent de le demander.
Hage est devenu une sorte de monnaie universelle dans les négociations du Canadien.
Et ça commence à peser lourd pour le jeune homme.
Un jour, son nom était celui du prochain grand centre du Canadien.
Aujourd’hui, il est devenu le nom que tout le monde demande au téléphone.
