Leçon de hockey à Brossard: Arber Xhekaj exposé par un choix de septième ronde
Arber Xhekaj et Luke Mittelstadt. La Presse, Canadiens de Montréal

Leçon de hockey à Brossard: Arber Xhekaj exposé par un choix de septième ronde

David Garel
Le 2026-09-25

Luke Mittelstadt est en train de faire quelque chose que personne n’avait vraiment prévu au début du camp : il est en train de rendre la hiérarchie du Canadien complètement ridicule.

Hier à Brossard, il y avait un contraste assez incroyable sur la glace. D’un côté, des défenseurs qui connaissent déjà le fonctionnement de la LNH, qui ont des contrats, un statut, une place dans l’organisation. De l’autre, un choix de septième ronde qui débarque avec pratiquement aucune pression et qui joue comme s’il appartenait déjà à cette ligue.

Et ce qui est le plus gênant pour certains, c’est que Mittelstadt est simplement meilleur.

Renaud Lavoie vient lui-même de mettre le doigt dessus. Le journaliste de TVA Sports a carrément affirmé que, « talent pour talent », Mittelstadt était en avance sur certains défenseurs réguliers du Canadien. Il prévoit même le voir dans la LNH cette saison.

On parle d’un gars de 5 pi 11 po et 187 lb, choisi au 197e rang en 2023, qui devait normalement être un projet parmi tant d’autres.

Mais regarde-le jouer.

Tu comprends immédiatement pourquoi les gens commencent à capoter.

Mittelstadt ne joue pas comme un gars qui essaie de survivre à un camp de la LNH. Il joue comme un gars qui sait déjà exactement quoi faire avec la rondelle. Il patine, il garde la tête haute, il voit les jeux avant qu’ils se développent et il fait des passes qui font avancer l’équipe.

Il ne cherche pas à impressionner.

Il est simplement efficace.

Et c’est précisément ce qui le rend aussi dangereux lorsqu’on le compare à certains de ses concurrents.

Arber Xhekaj possède évidemment quelque chose que Mittelstadt n’aura jamais : son gabarit, sa force physique et sa capacité à intimider un adversaire.

Mais si tu enlèves le statut, le contrat et le nom sur le chandail et que tu regardes uniquement le talent défensif (et offensif) démontré depuis le début du camp, Mittelstadt est en train de lui passer devant.

Même chose pour Jayden Struble.

Même chose pour Adam Engström.

Et Luke Mittelstadt n’a même pas encore joué un seul match de saison régulière dans la LNH.

C’est ça qui est complètement fou.

Le Canadien possède un joueur qui était pratiquement destiné à Laval et qui commence déjà à donner l’impression qu’il n’appartient pas à la Ligue américaine.

Renaud Lavoie l’a même comparé à Francis Bouillon, soulignant son efficacité, sa capacité à garder la tête haute et ses qualités de passeur. Bouillon lui-même avait déjà expliqué qu’il faisait partie de ses coups de cœur et qu’il était le genre de joueur intelligent qui finit par trouver son chemin vers la LNH.

Mais Renaud confirme une chose: il est de loin plus talentueux offensivement que Bouillon:

« Je l’ai vu faire des passes d’un bout à l’autre de la patinoire directe sur la palette d’un gars qui s’appelle Cole Caufield pour qu’il parte en échappée ou presque. Il garde toujours la tête haute »,

Et là, on revient à Martin St-Louis.

C’est ici que ça devient difficile à avaler.

On aurait pensé qu’un entraîneur avec le parcours de Martin St-Louis serait précisément le gars qui se fout complètement de la hiérarchie.

Lui qui a été ignoré, sous-estimé, rejeté en raison de son gabarit et obligé de se battre pour chaque centimètre de glace, on aurait pensé qu’il serait le premier à regarder Mittelstadt et à dire : « Je me fous de son rang de sélection. S’il est meilleur, il joue. »

Mais pour l’instant, ce n’est pas ce qui se passe.

Mittelstadt devrait commencer la saison à Laval en raison de la congestion à la ligne bleue et de la fameuse hiérarchie. Lavoie l’a dit clairement : son contrat à deux volets et son statut de choix de septième ronde jouent contre lui.

« On connaît tous comment ça fonctionne. Il y a une espèce de hiérarchie. Il a un contrat à deux volets. Ce n’est pas un choix de première ronde »

Ça nous lève le coeur... et ça nous ramène directement à Florian Xhekaj.

C’est exactement le même problème.

On nous parle constamment de méritocratie. On nous dit qu’il faut forcer la main, gagner sa place, faire quelque chose d’impossible à ignorer.

Mais lorsque Mittelstadt est en train de jouer mieux que des défenseurs établis et que Florian Xhekaj a connu un camp où il a frappé, patiné, dérangé et montré qu’il pouvait apporter quelque chose de différent, la question devient inévitable :

À quel moment est-ce que le mérite passe devant la hiérarchie?

Comment Kirby Dach peut-il passer avant Florian Xhekaj?

Comment Arber Xhekaj peut-il passer avant Luke Mittelstadt?

C’est ça qui déçoit.

Mittelstadt ne demande pas qu’on lui donne une place par charité. Il est en train de donner des raisons de la lui donner.

Et s’il doit quand même commencer à Laval, très bien. Il y a une congestion réelle à Montréal. Le Canadien possède beaucoup de défenseurs et la situation n’est pas aussi simple que de dire : « Mittelstadt est bon, donc envoyez quelqu’un dans les estrades. »

Mais ce qui est certain, c’est qu’on ne pourra plus faire semblant.

Le gars est en train de cogner tellement fort à la porte que le Canadien va finir par devoir ouvrir.

Et si Montréal continue de donner priorité à des joueurs qui ont davantage de statut que lui, Mittelstadt pourrait devenir le symbole parfait d’un problème beaucoup plus gros : la différence entre ce que le Canadien dit être la méritocratie et la manière dont la hiérarchie fonctionne réellement.

Le plus fou?

Renaud Lavoie pense déjà qu’on va le voir dans la LNH cette saison.

Moi, ce que je vois surtout, c’est un défenseur qui devrait déjà commencer dans la LNH.

Mais dans le Country Club de Martin St-Louis, Kent Hughes et Jeff Gorton, la méritocratie... est un mensonge...