Commotion à Sherbrooke: la femme et le fils de Martin St-Louis déménagent

Commotion à Sherbrooke: la femme et le fils de Martin St-Louis déménagent

David Garel
Le 2026-08-11

On sent de plus en plus la commotion publique à Sherbrooke.

Il y aura une véritable curiosité autour du camp du Phoenix cette semaine. Tous les jeunes joueurs vont tenter de gagner leur place, mais un nom attirera inévitablement beaucoup plus d’attention que les autres : Mason St-Louis.

Le fils de Martin St-Louis, repêché en septième ronde en 2025, débarque finalement dans la LHJMQ après son passage dans le hockey préparatoire américain, et il n’aura même pas besoin de toucher à la rondelle pour devenir l’un des joueurs les plus observés du camp. (voir la suite de l'article après la photo)

Les amateurs de Sherbrooke vont vouloir voir ce qu’il a dans le ventre, les médias vont surveiller chacun de ses gestes et, évidemment, chaque fois qu’il sera dans les gradins, sur la glace ou sur le banc, quelqu’un va rappeler qu’il est le fils de l’entraîneur-chef du Canadien.

Mason devra vivre avec cette réalité, même s’il préférerait probablement être évalué uniquement sur son propre mérite. Il possède toutefois un avantage immense : son nom de famille lui ouvrira les portes de la visibilité, mais il ne lui donnera aucune garantie sur la glace. Il devra gagner sa place comme tous les autres.

Pour Martin St-Louis, par contre, cette arrivée à Sherbrooke représente quelque chose de beaucoup plus personnel. Pendant des années, sa carrière de hockey l’a obligé à composer avec une réalité familiale particulière.

Montréal, le Connecticut, les déplacements, les saisons de hockey et une famille qui ne pouvait pas toujours être réunie au même endroit : derrière l’image du coach passionné et de l’ancien joueur qui a toujours misé sur le travail, il y avait un homme qui devait aussi accepter de manquer des moments avec les siens.

Heather Caragol a occupé une place centrale dans cette dynamique familiale, et Martin n’a jamais caché l’importance de son soutien. Maintenant, Mason pourrait se retrouver à quelques heures de Montréal plutôt qu’à des centaines de kilomètres, avec une possibilité réelle de voir son père beaucoup plus régulièrement.

Pour un entraîneur qui parle constamment de l’importance de l’équilibre humain, c’est une nouvelle qui devrait être accueillie avec énormément d’enthousiasme.

Mais voilà où la situation devient intéressante pour le Canadien. Si Mason est à Sherbrooke et que la famille St-Louis se rapproche de Montréal, Martin n’aura plus la même réalité personnelle que lors de ses premières années derrière le banc.

Et c’est peut-être une excellente chose pour lui. Le coach a souvent pris des décisions de hockey uniquement parce que sa femme lui manque ou parce qu’il veut être près de ses enfants.

Le meilleur exemple? Le choix de ne pas envoyer ses joueurs à l’hôtel avant les matchs disputés à Montréal pendant les séries.

Le Canadien connaissait pourtant énormément de difficultés au Centre Bell durant son parcours éliminatoire, avec seulement deux victoires en sept rencontres à domicile.

Malgré cette situation, St-Louis a maintenu sa philosophie et a permis aux joueurs de dormir chez eux, auprès de leurs conjointes et de leurs familles, plutôt que de créer une bulle autour de l’équipe.

Il a pris cette décision uniquement parce que sa femme et ses trois fils étaient en ville pour voir les séries et il voulait en profiter le plus possible.

Sur le plan humain, la décision se défend parfaitement, surtout pour un entraîneur qui accorde autant d’importance à la vie personnelle de ses joueurs... et la sienne...

Mais dans le contexte des séries, alors que chaque détail peut faire une différence, plusieurs se sont demandé si le Canadien n’aurait pas dû sacrifier un peu de confort familial pour maximiser sa préparation et sa concentration.

Et cette décision prend une autre dimension lorsqu’on sait que la famille de Martin était justement à Montréal pendant cette période.

St-Louis avait lui-même expliqué :

« Ma femme est venue me voir. Mes trois gars sont venus et vivent enfin la fièvre des séries. On va tenter de trouver des moments pour se voir. »

Cette réalité a dicté ses décisions.

La saison prochaine, la proximité familiale va arrêter d'influencer ses décisions. Martin pourrait donc entrer dans une nouvelle phase de sa vie personnelle au moment précis où sa carrière d’entraîneur entre, elle aussi, dans une période beaucoup plus exigeante alors que le CH est maintenant prétendant à la Coupe Stanley.

Le Phoenix ne représente pas seulement la prochaine étape du développement de son fils; il pourrait indirectement contribuer à changer complètement la routine de son père.

Mason pourrait même disputer deux saisons à Sherbrooke avant de prendre la direction de Dartmouth, puisqu’il est déjà engagé avec l’université.

Cela donne potentiellement à Martin St-Louis deux années durant lesquelles son fils évoluera relativement près de lui.

Martin St-Louis n’est plus dans la période où tout pouvait être expliqué par la reconstruction. L’équipe vient de connaître son premier véritable parcours significatif en séries, les attentes sont désormais beaucoup plus élevées et Derek Lalonde vient d’arriver derrière le banc avec une expérience que St-Louis n’avait pas lorsqu’il a obtenu son poste.

Le Canadien veut progresser, devenir plus difficile à affronter et corriger ses lacunes défensives. Martin devra donc être entièrement concentré sur son équipe. S’il peut en même temps avoir sa famille plus près de lui, c’est probablement le meilleur scénario possible.

Il faut aussi avoir une pensée pour Mason. Le jeune homme risque de découvrir très rapidement ce que signifie porter un nom célèbre dans le hockey québécois.

Il ne pourra pas simplement connaître une mauvaise soirée sans que quelqu’un se demande immédiatement si le fils de Martin St-Louis mérite vraiment sa place.

Il sera comparé à son père, même si cette comparaison n’a aucun sens sur le plan sportif. Martin St-Louis a remporté trois Lady Byng, deux trophées Art Ross, un Hart et une Coupe Stanley. Mason n’a évidemment rien à prouver en fonction du CV de son père. Son objectif est beaucoup plus simple : devenir son propre joueur. Le Phoenix lui offre justement cette possibilité.

Et son père, enfin, pourra prendre des décisions pour le CH et non pour sa famille.

Le temps des distractions est terminé. Le temps des résultats commence.