C’est terminé pour Brendan Gallagher : ses nouvelles confidences font mal

C’est terminé pour Brendan Gallagher : ses nouvelles confidences font mal

André Soueidan
Le 2026-09-05

Brendan Gallagher n’est plus un joueur du Canadien de Montréal, mais une partie de lui est encore coincée dans les dernières semaines de son passage à Montréal.

Quelques mois après son départ, le vétéran vient de mettre des mots sur une période qui lui a fait particulièrement mal… et ses confidences donnent une tout autre dimension à cette séparation.

À l’approche de son premier camp d’entraînement avec les Canucks de Vancouver, Gallagher s’est assis avec John Shannon dans le balado 100 % Canucks pour parler de ce nouveau chapitre, de son retour dans sa ville natale et, surtout, de ce qu’il a vécu avant de quitter Montréal après 14 saisons avec le Canadien.

Le moment le plus difficile demeure sans aucun doute les séries éliminatoires de 2026.

Gallagher avait été présent pour les trois derniers matchs de la série initiale contre le Lightning de Tampa Bay.

Il avait accompli son travail et estime avoir bien joué, mais une fois la série terminée, il a dû regarder ses anciens coéquipiers poursuivre leur route sans lui.

La question de John Shannon était directe : est-ce que le parcours du Canadien en séries avait été exaltant ou difficile à regarder?

La réponse de Gallagher ne laisse pratiquement aucune place à l’interprétation.

« C’était très dur. Vous gérez vos émotions. J’étais présent contre Tampa Bay lors des trois derniers matchs. J’ai accompli mon travail et j’ai bien performé. Puis, comme je l’ai déjà dit, c’est compliqué de faire changer d’idée les gens quand leur idée est faite. »

Cette dernière phrase n’arrive pas de nulle part.

Gallagher avait déjà expliqué à la fin du mois de juin qu’il avait compris, pendant la saison régulière, que le Canadien envisageait de le laisser partir.

Autrement dit, son départ n’est pas arrivé comme un coup de tonnerre.

La véritable difficulté semble plutôt avoir été de savoir que son histoire avec Montréal touchait à sa fin tout en continuant de côtoyer quotidiennement les joueurs avec lesquels il avait passé une grande partie de sa vie.

Puis les séries sont arrivées… et le Canadien s’est mis à gagner.

Gallagher, lui, regardait.

« Vous êtes assis et vous voyez à l’œuvre des coéquipiers avec qui vous avez joué durant des années. Vous leur souhaitez seulement le meilleur, mais c’est frustrant de regarder à distance, puisque vous pouvez aider et contribuer, et vous n’obtenez pas l’opportunité de le faire. »

Cette déclaration est probablement celle qui permet le mieux de comprendre ce qu’il avait réellement dans la tête.

Après avoir passé sa carrière à se jeter devant les filets, à accepter les coups et à jouer avec une intensité qui a marqué toute une génération du Canadien, Gallagher se retrouvait soudainement à l’extérieur du groupe lorsque les matchs devenaient les plus importants.

Le vétéran affirme toutefois avoir compris qu’il ne pouvait pas laisser cette frustration contaminer le vestiaire.

« Vous ne voulez pas constituer une distraction et ce fut un défi mental pour moi. Cependant, une fois que c’est fini, vous l’acceptez et vous avancez. »

Voilà maintenant ce qu’il tente de faire à Vancouver.

Gallagher arrive avec l’intention d’aider les jeunes joueurs, de transmettre ce qu’il a appris au fil de ses années dans la LNH et de participer à la construction d’une culture au sein des Canucks.

Il croit que les moments difficiles vécus à Montréal peuvent justement lui permettre d’aider ses nouveaux coéquipiers.

« J’espère qu’il y a de jeunes joueurs que je peux aider, que je peux aider à accélérer leur développement dans certains aspects de ce que signifie être un professionnel. »

Le discours est bien différent de celui qu’on entendait autour de Gallagher il y a quelques années.

À Montréal, plusieurs avaient fini par conclure que son corps ne suivait plus, que son style de jeu l’avait rattrapé et que son meilleur hockey appartenait au passé.

Gallagher, lui, refuse toujours de se définir par cette conclusion.

Son histoire avec le Canadien, par contre, est bel et bien terminée.

Après 14 saisons, des milliers de batailles et des années à porter le chandail bleu-blanc-rouge, le numéro 11 va maintenant revenir au Centre Bell dans l’uniforme de Vancouver le 6 mars prochain.

Cette fois, il ne sera pas dans le vestiaire du Canadien.

Il sera de l’autre côté.

Et peut-être que c’est ça qui fait le plus mal dans toute cette histoire : Gallagher n’a pas simplement quitté Montréal… il a dû regarder son ancienne équipe connaître son plus beau parcours au moment précis où elle avait décidé de continuer sans lui.

La page est tournée.

Mais elle n’est visiblement pas encore complètement sèche.

Misère…