Alexander Zharovsky avait besoin d’un départ convaincant pour faire oublier les doutes qui se sont accumulés autour de son développement.
À la place, son premier match de la saison en KHL vient ajouter une nouvelle couche d’inquiétude au dossier… et le Canadien commence l’année avec exactement le genre de scénario qu’il aurait voulu éviter.
Le Salavat Yulaev a tout de même remporté son premier match de la campagne par la marque de 3-2 contre Severstal, mais Zharovsky n’a rien produit offensivement.
Aucun point, aucun tir au but, et une présence plutôt discrète sur le troisième trio.

Pour un joueur qui doit justement profiter de cette dernière saison en Russie afin de démontrer qu’il est prêt pour la prochaine étape, ce n’est certainement pas le départ rêvé.
Il faut toutefois regarder au-delà de la feuille de pointage avant de sonner l’alarme générale dans les bureaux de Kent Hughes.
Zharovsky a obtenu 13 minutes et 57 secondes de temps de glace, ce qui lui a permis de terminer au septième rang chez les attaquants de son équipe.
Surtout, il a obtenu des présences sur la deuxième vague de l’avantage numérique.
Son entraîneur lui accorde donc encore une certaine confiance, même si son rôle paraît moins important que celui qu’il occupait l’an dernier.
Cette nuance est importante, mais elle ne fait pas disparaître le problème qui suit Zharovsky depuis plusieurs mois.
Le Russe avait connu une excellente saison 2025-26, récoltant 42 points en 59 matchs avec Oufa et remportant le titre de recrue de l’année dans la KHL.
Puis, tranquillement, quelque chose s’est cassé.
Sa production a chuté au fil de la saison et son rendement a commencé à inquiéter davantage.
L’ancien recruteur Grant McCagg avait lui-même soulevé la possibilité qu’un passage dans la VHL puisse être bénéfique pour Zharovsky, question de lui permettre de retrouver de la confiance et de reprendre le contrôle de son jeu.
Une idée qui aurait été difficile à imaginer quelques mois plus tôt pour un joueur qui venait de connaître une campagne aussi productive.
Le problème devient encore plus délicat lorsque les rumeurs de transactions sont ajoutées à l’équation.
Zharovsky n’est plus simplement un espoir du Canadien qui doit poursuivre son développement. Son nom a circulé dans des scénarios impliquant Matthew Knies à Toronto et Kirill Marchenko à Columbus.
Des discussions où Montréal aurait été prêt à placer Zharovsky au centre d’un imposant ensemble d’actifs afin d’obtenir un joueur établi dans la LNH.
Son nom a également été évoqué dans le dossier Dylan Larkin à Detroit, alors que Montréal chercherait une façon de conserver Michael Hage tout en utilisant d’autres jeunes joueurs et des choix de première ronde pour réaliser une transaction majeure.
C’est précisément ce qui rend son début de saison aussi important.
La valeur d’un espoir n’est jamais figée. Lorsqu’un joueur de 19 ans sort d’une saison de 42 points dans la KHL, son potentiel devient une monnaie extrêmement intéressante pour un directeur général qui veut frapper un grand coup.
Si le même joueur connaît ensuite une longue période de stagnation, les autres équipes commencent forcément à calculer le risque différemment.
Kent Hughes pourrait encore considérer Zharovsky comme une pièce majeure de son coffre-fort. Mais chaque mois de production décevante complique un peu cette position.
Le premier match de cette saison ne suffit évidemment pas pour condamner Zharovsky.
Une rencontre sans point au mois de septembre ne transforme pas soudainement un espoir de qualité en joueur perdu. Son temps de glace et son utilisation en avantage numérique montrent d’ailleurs que son équipe continue de lui donner des occasions.
Seulement, après tout ce qui s’est passé depuis la fin de sa saison exceptionnelle, le Canadien avait besoin de voir autre chose.
Zharovsky doit recommencer à produire. Il doit reprendre une place plus importante dans la hiérarchie de son équipe.
Il doit surtout rappeler pourquoi Montréal l’avait considéré comme une aussi grosse prise au 34e rang.
Pour l’instant, le premier signal de la saison n’est pas celui que Kent Hughes espérait recevoir.
Et pendant que les rumeurs de transactions continuent de circuler autour du Canadien, la valeur de cette fameuse pièce de poker doit maintenant être protégée.
La saison vient à peine de commencer… mais Zharovsky n’a déjà plus droit à beaucoup de faux départs.
Misère…
