Bourde monumentale à Vancouver: erreur sur Brendan Gallagher

Bourde monumentale à Vancouver: erreur sur Brendan Gallagher

David Garel
Le 2026-08-27

Brendan Gallagher est traité comme un héros à Vancouver.

Quelle bourde monumentale.

Il y a quelque chose de presque surréaliste dans la façon dont l'ex-CH est accueilli à Vancouver.

On parle de lui comme s’il arrivait en Colombie-Britannique après avoir quitté Montréal au sommet de sa carrière. Comme s’il était encore ce petit attaquant infatigable qui fonçait dans les zones sales, avalait les minutes, dérangeait les défenseurs et trouvait constamment une façon de faire mal à l’adversaire.

Sauf que ceux qui ont regardé le Canadien la saison dernière savent exactement ce qui s’est passé.

Gallagher a commencé à manquer d’essence.

Et pas un peu.

À plusieurs reprises, il était complètement à bout de souffle. Il terminait certaines présences plié en deux sur le banc. Son corps ne suivait plus toujours l’intensité qu’il voulait imposer. À 34 ans, après une carrière extrêmement physique et des années à encaisser les coups, le déclin était devenu impossible à ignorer.

Mais à Vancouver, on semble découvrir un autre Brendan Gallagher.

Thomas Drance, journaliste de The Athletic qui couvre les Canucks, vient justement de consacrer une analyse au vétéran et son optimisme est pour le moins étonnant.

Selon lui, il faut carrément éviter de rayer Gallagher de la carte.

« Je mettrais fortement en garde contre le fait de considérer Gallagher comme un joueur efficace du quotidien qui est déjà fini. »

Hum.

On aimerait presque savoir quels matchs du Canadien il a regardés.

Parce que Drance va encore plus loin.

Il affirme que les données sous-jacentes démontrent que Gallagher pourrait encore aider une équipe à contrôler le jeu et à générer des occasions dans un rôle de deuxième ou troisième trio.

« Les données sous-jacentes suggèrent que Gallagher est un joueur qui peut encore aider une équipe à contrôler le jeu et à générer des occasions dans un rôle de milieu d’alignement. »

Et voilà le problème.

Les statistiques peuvent raconter une histoire.

Les yeux racontent parfois une autre histoire.

Drance reconnaît tout de même que Gallagher a perdu sa place dans la formation du Canadien vers la fin de la dernière saison. À 34 ans, il admet qu’il est facile de conclure que le père Temps a finalement rattrapé l’ancien choix de cinquième ronde.

Mais selon lui, les données ne justifient pas encore cette conclusion.

« Dans mon expérience, lorsqu’on analyse des joueurs vieillissants à partir des données sous-jacentes, la première chose que je recherche est une diminution de leur efficacité défensive. »

Son analyse devient ridiculement favorable à Gallagher. C'en est presque malaisant.

Drance estime que l’impact défensif de Gallagher à cinq contre cinq était légèrement négatif la saison dernière, mais qu’il demeure relativement conforme aux normes de sa carrière.

Il rappelle également que Gallagher a toujours été un joueur extrêmement intelligent.

« La réputation de Gallagher en tant que joueur a longtemps été celle d’un joueur avec un très haut niveau d’intelligence qui prend toujours la bonne décision. »

Même ses limites physiques, selon lui, ne sont pas nécessairement nouvelles.

« Certaines limites défensives font partie du profil d’un attaquant de première ligne de la LNH de 5 pieds 9 pouces et 180 livres. »

Le journaliste affirme que même durant ses meilleures années, l’impact de Gallagher reposait davantage sur sa capacité à aider son équipe à contrôler la possession et à générer des tirs à un rythme très élevé que sur sa capacité à empêcher l’adversaire de générer des occasions.

La saison dernière, selon lui, Gallagher continuait donc à contribuer offensivement.

« Gallagher continuait de générer de l’attaque, et son jeu défensif se situait dans la norme de sa carrière. »

Et il ajoute quelque chose qui risque de faire grincer des dents à Montréal :

« Il continuait d’aller au filet plus fort que n’importe qui. »

Selon Drance, le Canadien générait encore davantage de tirs, de tentatives de tirs, d’occasions de but attendues et de buts réels lorsque Gallagher était sur la glace à cinq contre cinq.

Voilà pourquoi le journaliste de Vancouver croit que Gallagher peut encore jouer régulièrement dans la LNH.

Mais il reconnaît quand même que le déclin peut être extrêmement rapide chez les joueurs de cet âge.

« Évidemment, chez les joueurs de haut niveau de l’âge de Gallagher, le temps peut soudainement faire disparaître une partie importante de leur jeu. »

Et il soulève une autre possibilité.

« Ils peuvent atteindre un niveau où ils sont encore efficaces certains soirs, mais ne représentent plus une différence constante comme ils pouvaient l’être auparavant. »

Drance admet même que cette réalité pourrait déjà s’appliquer à Gallagher.

Mais son verdict demeure clair.

Gallagher peut encore aider.

À Vancouver, on voit donc le vétéran comme une option crédible pour le milieu de l’alignement.

À Montréal, on l’a vu perdre progressivement de l’essence au point de devenir nuisible.

Gallagher avait refusé une possibilité de rejoindre Utah dans une transaction avant de finalement joindre Vancouver.

Il voulait arriver dans une organisation où on lui réserve une place dans le groupe des six attaquants du bas de l’alignement.

Les Canucks vont recevoir un rappel brutal de la réalité.

Gallagher est fini... à la corde...