Tout au long de l’été, le scénario était pourtant assez simple : le Canadien allait trouver une équipe intéressée à Samuel Montembeault et régler son problème devant le filet avant le début de la saison.
Sauf qu’à quelques jours du camp, Monty est toujours à Montréal, Jacob Fowler pousse derrière lui et Kent Hughes vient de rendre une chose très claire au tournoi de golf du CH : il ne veut pas recommencer avec trois gardiens.
Le directeur général ne l’a pas caché lors du tournoi de golf. Le Canadien va commencer le camp avec trois gardiens parce que la situation doit être évaluée, mais Hughes ne veut pas que cette formule survive jusqu’au début de la saison.
Il faudra trancher. Jakub Dobeš est assuré d’avoir sa place. Jacob Fowler est exempté du ballottage et peut donc être envoyé à Laval sans risque.
Samuel Montembeault, lui, n’a pas ce "luxe empoisonné".
Le problème pour Montembeault, c’est que le marché des transactions ne lui a absolument rien donné cet été. Plusieurs équipes ont eu besoin d’un gardien, plusieurs situations ont été analysées, mais les occasions de bouger ne se sont jamais matérialisées pour la simple et bonne raison que Montembeault est devenu l'indésirable numéro un dans la LNH.
Kent Hughes n’a même pas pu donner Montembeault à rabais simplement pour faire de la place à Fowler. Aucun DG ne le voulait même pour des peanuts.
Il a attendu. Il a patienté. Il a espéré qu’une équipe se retrouve soudainement dans le trouble devant le filet, qu’un gardien se blesse ou qu’un besoin urgent apparaisse quelque part dans la Ligue nationale.
C’est une stratégie qui peut fonctionner. Mais elle comporte maintenant un risque majeur pour Montembeault : plus le temps passe, plus le Canadien se rapproche dangereusement du seul mécanisme qui pourrait permettre de régler le dossier sans transaction.
Le ballottage.
Et là, ça devient très sérieux pour le Québécois. Si Kent Hughes n’arrive pas à échanger Montembeault et refuse catégoriquement de commencer la saison avec trois gardiens, il faudra déterminer lequel des deux gardiens, entre Montembeault et Fowler, mérite réellement le poste de numéro deux derrière Dobeš.
Fowler ne veut rien savoir d'aller à Laval. Il possède l’avantage du statut de prodige et du fait qu'il est 1000 fois plus talentueux que Montembeault.
Mais la flexibilité administrative est son pire ennemi : le Canadien peut l’envoyer à Laval sans le perdre.
Montembeault, lui, devrait passer par le ballottage pour être rétrogradé.
Une équipe pourrait alors le réclamer et Montréal perdrait son gardien sans obtenir en retour l’actif qu’il espérait obtenir dans une transaction, même s'il s'agissait d'un choix tardif au repêchage.
C’est exactement pour cette raison que Montembeault doit arriver au camp avec une seule idée en tête : ne laisser absolument aucun doute sur le fait qu’il mérite de rester dans la LNH afin de se faire échanger et ne pas vivre l'humiliation du ballottage.
Fowler n’a pas l’intention de lui faire de cadeau. Le jeune gardien a terminé la dernière saison avec le Canadien et a même occupé le rôle d’auxiliaire pendant les séries. Son entourage est convaincu qu’il est prêt pour la Ligue nationale et il ne faut pas s’attendre à ce que cette conviction disparaisse simplement parce que le Canadien possède encore Montembeault. Fowler veut jouer. Il veut poursuivre son développement au plus haut niveau.
Et surtout, il sait très bien que le Canadien a maintenant une décision importante à prendre avec lui. S’il arrive au camp et qu’il est clairement supérieur à Montembeault, Kent Hughes aura énormément de difficulté à justifier son renvoi à Laval uniquement parce que Montembeault n’a pas été échangé.
C’est donc Montembeault qui doit jouer avec le couteau sous la gorge pour une transaction et un nouveau départ. Car les propos de Hughes ne font aucun doute: le ballottage attend le Québécois.
