Bain de sang à Winnipeg: les frères Xhekaj en furie
Tyler Bauer et Mark Kastelic. Captures d'écran-youtube

Bain de sang à Winnipeg: les frères Xhekaj en furie

David Garel
Le 2026-10-02

Voilà exactement le genre de séquence qui remet le dossier Arber Xhekaj sur la table. Tyrel Bauer disputait son tout premier match dans la LNH avec Winnipeg et, dès cette première rencontre, le défenseur des Jets a jeté les gants contre Mark Kastelic de Boston.

Une vraie bataille de poids lourds, avec deux joueurs qui n’ont absolument pas reculé. Bauer a accepté le défi immédiatement et la scène était d’une intensité folle.

Le kid a défiguré le vétéran qui saignait comme jamais. Un véritable bain de sang:

Et pendant qu’on regarde ça, il faut revenir à Montréal et à la façon dont Martin St-Louis gère Arber Xhekaj et son frère Florian.

Arber dans la niche... Florian dans les gradins...

Le Canadien possède un défenseur de 6 pi 4 po qui peut changer l’atmosphère d’un match en quelques secondes. (Arber)

Pourtant, son utilisation et les attentes de son entraîneur ont souvent ramené la discussion vers ce qu’il doit éviter : les pénalités, les erreurs défensives, les débordements physiques, les combats gratuits et inutiles.

St-Louis a brisé l'identité du shérif.

Mais regarde ce qui vient de se passer à Winnipeg. Bauer arrive dans la LNH, personne ne lui demande de devenir un joueur parfait avant d’avoir le droit de jouer son identité physique.

Il débarque et il accepte immédiatement une bataille contre un gars reconnu pour ses poings. C’est exactement le genre de message qu’un jeune joueur passe à toute la LNH: « J'ai ma place ici. »

Et c’est là que le cas Xhekaj devient frustrant. Arber a terminé la saison dernière avec 148 mises en échec et 116 minutes de pénalité, selon les chiffres rapportés autour de son nouveau contrat.

Sa valeur repose largement sur cette dimension physique. Si Montréal veut qu’il devienne soudainement un défenseur complètement différent, qu’on le dise clairement.

Mais si le Canadien garde Xhekaj parce qu’il croit encore à son utilité, il faut aussi accepter qu’il apporte une dimension que peu de défenseurs de l’organisation possèdent: des combats de boxe.

Florian Xhekaj est l’autre morceau de cette histoire qui devient difficile à ignorer. Le Canadien l’a gardé avec le grand club après son excellent camp, il l’a amené avec l’équipe à Pittsburgh, mais il ne joue toujours pas.

Déjà dans le haut des gradins et dans une situation extrêmement fragile avec Martin St-Louis.

Les deux frères sont donc réunis autour du Canadien, mais aucun ne profite réellement de cette présence : Florian attend son tour en sachant que le retour d’Oliver Kapanen risque de le pousser directement vers Laval, tandis qu’Arber doit se battre pour conserver sa place avant même le retour de Kaiden Guhle, alors que son coach le méprise.

Deux Xhekaj dans l’entourage, deux joueurs physiques, deux gars capables d’amener une dimension que peu de joueurs du Canadien possèdent… et pourtant, Martin St-Louis semble constamment chercher comment les rabaisser.

Dans la famille Xhekaj, clairement, on est en furie contre le coach. Le père Xhekaj ne serait pas capable de sentir Martin St-Louis. Sa mère, moins explosvie, serait aussi vraiment tannée du traitement réservé à ses fils.

Et maintenant, imagine le scénario : Florian Xhekaj est envoyé à l’avant, tandis que son grand frère continue de se battre pour une place à la défense. Florian a déjà démontré qu’il pouvait jouer avec intensité et accepter le jeu physique. Si Martin St-Louis lui dit :

« Arrête de te battre, prends moins de pénalités, joue plus petit », alors que le hockey moderne continue de nous montrer des jeunes qui gagnent leur place en assumant leur identité physique, le message devient difficile à comprendre.

Il finira par les sortir de Montréal.

Pendant que Winnipeg et Boston jouent comme des hommes.

À Montréal, on continue de se demander si Arber Xhekaj a encore le droit d’être Arber Xhekaj.

Et si Florian a le droit d'être un goon de luxe.

Bang. Bang. Bang.

Le message de Winnipeg... dans les dents de Martin St-Louis...