Aucune pitié pour Martin St-Louis: Dany Dubé perd patience

Aucune pitié pour Martin St-Louis: Dany Dubé perd patience

David Garel
Le 2026-05-29

La pression n’a jamais été aussi forte sur les épaules de Martin St-Louis. Et maintenant, même Dany Dubé commence à perdre patience.

Pourtant, on parle d'un analyste reconnu pour sa mesure, sa nuance et sa capacité à rester calme même dans les tempêtes.

Quand un gars comme lui commence à hausser le ton, ce n’est jamais banal. Et cette fois, le message envoyé à Martin St-Louis est sans pitié.

Depuis le début de cette série contre les Hurricanes de la Caroline, Dubé martèle essentiellement la même idée : le Canadien de Montréal ne peut plus continuer avec les mêmes recettes. Il faut des ajustements. Il faut arrêter de penser que le simple effort va finir par régler un problème qui saute aux yeux de tout le monde.

Après l’humiliation du quatrième match, sa patience a atteint sa limite.

À ses yeux, le plus gros problème n’est même plus seulement une question de talent ou de fatigue. C’est l’entêtement.

« Si le Canadien veut se donner une chance de revenir dans cette série, il doit redessiner ses quatre trios », a-t-il lancé.

Et Dubé ne parle pas de modifier un ailier sur un trio ou de bouger un gars pour quelques présences.

Il veut redessiner les quatre unités au complet. Quand un analyste aussi respecté arrive à cette conclusion, ça veut dire qu’il considère que le plan actuel ne tient plus.

Difficile de lui donner tort.

Mercredi soir, le quatrième trio des Canadiens de Montréal a pratiquement disparu de la carte. Des joueurs utilisés entre six et neuf minutes dans un match de finale d’association. Les autres unités se retrouvent inévitablement brûlées contre une machine aussi exigeante physiquement que les Hurricanes.

Et c’est là que Dany Dubé devient le plus cinglant envers Martin St-Louis : dans sa gestion même du banc. Parce que selon lui, le Canadien de Montréal est en train de s’épuiser tout seul.

Tu n’es plus en train de coacher quatre lignes, tu es simplement en train de survivre avec tes meilleurs joueurs. Nick Suzuki, Cole Caufield, Juraj Slafkovsky, Ivan Demidov et les autres gros morceaux finissent par jouer trop longtemps, trop souvent, contre une équipe qui te force déjà à défendre pendant des séquences interminables.

Dany Dubé l’explique clairement : les Hurricanes de la Caroline sont capables de maintenir cette pression infernale pendant 60 minutes parce qu’eux roulent quatre trios sans arrêt. Même leurs joueurs de soutien dépassent les vingt présences par match.

Les changements sont courts, les jambes restent fraîches, le tempo ne baisse jamais. Pendant ce temps, du côté des Canadiens de Montréal, on a l’impression de voir un coach les mains dans les poches, qui ne fait que détruire ses meilleurs joueurs en les exténuant.

Tu finis inévitablement par brûler ton noyau. Ce n’est pas une fatigue de matchs numéros 7, l'exuse de perdants qu'on utilise pour expliquer l'humiliation de mercredi soir dernier. C’est une fatigue créée par tes propres décisions.

Ce n’est pas seulement une question d’exécution comme le répète St-Louis pour se cacher des vrais problèmes. Ce n’est pas seulement un problème de confiance. Le Canadien semble toujours une fraction de seconde en retard. Une rondelle échappé. Une lecture tardive. Un bâton adverse qui arrive toujours avant. Une décision qui prend une demi-seconde de trop. Et à ce niveau, une demi-seconde devient un gouffre.

Dany Dubé le voit. Tout le monde commence à le voir.

Surtout, Dubé n'est plus capable de sentir Martin St-Louis et son langage corporel de perdant.

On a l’impression qu’il s’accroche encore au même plan malgré les signes évidents que ça ne fonctionne plus. Comme si le coach refusait d’abandonner une idée qui lui échappe tranquillement entre les doigts.

Dubé est évidemment evenu sur le dossier Arber Xhekaj. Là aussi, le message lancé au coach ne pouvait pas être plus clair.

« Je pense qu’il est temps de réinsérer Arber Xhekaj dans la formation. »

Ce n’est pas juste une suggestion lancée en l’air. C’est un reproche envers Martin St-Louis.

En ce moment, Josh Anderson semble être le seul joueur du Canadien capable d’amener une présence physique constante. Le seul qui dérange vraiment. Le seul qui force l’adversaire à regarder derrière son épaule. Pendant ce temps, les Hurricanes jouent avec énormément de liberté sur la glace.

Dubé le dit à sa façon : ça devient trop lourd à porter pour un seul joueur.

Le Canadien est devenu trop confortable à affronter. Trop facile à jouer contre. Trop soft. Trop poli dans une série qui exige exactement le contraire.

Et pendant ce temps, notre shérif regarde les matchs dans les estrades.

Martin St-Louis doit arrêter de s’entêter et stopper son mépris envers Xhekaj.

Ce qui inquiète le plus actuellement, ce n’est même plus seulement le score de 3-1 dans la série. C’est l’impression d’un entraîneur qui tarde à réagir. D’un coach qui voit les mêmes problèmes revenir soir après soir, mais qui refuse encore de bouleverser suffisamment sa formation pour envoyer un électrochoc.

Ce n’est pas la première fois que Dany Dubé critique Martin St-Louis depuis le début des séries. Il revient constamment sur les mêmes enjeux : les débuts de match difficiles, les trios figés, la répartition des minutes, le manque d’ajustements et cette impression persistante d’une équipe qui arrive toujours une seconde trop tard sur chaque bataille importante.

Mais cette fois, le ton paraît différent.

Plus impatient.

Plus sévère.

Comme si lui aussi commençait à se demander pourquoi Martin St-Louis reste aussi fidèle à une formule qui n’apporte plus de résultats.

Tu n’as plus le luxe d’attendre.

Tu n’as plus le luxe d’espérer que ça finisse par débloquer tout seul.

Tu dois agir.

Tu dois secouer quelque chose.

Et vite.

Sinon, cette série pourrait se terminer avec une question qui va suivre Martin St-Louis pendant tout l’été : pourquoi avoir attendu aussi longtemps avant de changer ce qui ne fonctionnait déjà plus?

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