Aide médicale à mourir: envoyons de l'amour à Maxim Lapierre

Aide médicale à mourir: envoyons de l'amour à Maxim Lapierre

Par David Garel le 2026-05-04

Nous devons envoyer une énorme dose d'amour à Maxim Lapierre aujourd'hui.

Car il a un coeur... gros comme la terre...

Il y a des moments où le hockey devient secondaire.

Des moments où tout ce qui entoure le sport prend une dimension beaucoup plus grande. Et l’histoire racontée par le journaliste Maxime Truman en fait partie.

Vendredi, pendant que tout le Québec avait les yeux rivés sur un match numéro 7, un partisan des Canadiens de Montréal vivait ses dernières heures, atteint de la SLA. Le personnel médical avait une seule demande : trouver quelqu’un, n’importe qui lié au Canadien, pour lui envoyer un dernier message.

Impossible d’aller chercher un joueur actif dans un contexte de match aussi crucial.

Alors Truman a tenté autre chose.

Il a contacté Maxim Lapierre.

La réponse a été immédiate.

Pas d’hésitation. Pas de conditions. Pas de mise en scène. Lapierre a enregistré une vidéo, simplement, humainement. Le message a été diffusé dans la chambre, moins d’une heure avant le décès.

Et selon Truman, tout le monde a pleuré.

Ce geste n’a pas été publié pour générer des clics. Il n’a pas été fait pour bâtir une image. Il a été fait dans l’ombre, pour les bonnes raisons. Et comme il l’a écrit lui-même :

« Ce n’est pas tout le monde qui aurait accepté une telle demande. Croyez-moi. »

C’est là que le hockey prend tout son sens.

Pas dans les buts.

Pas dans les statistiques.

Dans l’impact réel sur les gens.

Le même soir où Maxim Lapierre a été au cœur d’une tempête médiatique pour ses propos très durs envers Cole Caufield, certains internautes parlant d’un manque d’empathie, d’un ton trop brutal, d’une sortie « trop loin », ce même Lapierre posait un geste qui remet tout en perspective.

Oui, il a « pété une coche » en ondes, oui il a brassé Caufield en tant qu'ancien guerrier qui refuse le manque d’engagement, mais derrière ça, il y a un gars qui comprend profondément ce que représente le hockey… et surtout, ce que représente la vie.

Quelques heures plus tard, en privé, sans caméra, sans chercher l’attention, il accepte d’envoyer un message à un partisan en fin de vie.

Il y a une différence entre exiger sur la glace et donner comme humain. Lapierre a toujours été un joueur courageux, intense, incapable de tricher dans l’effort, et ce mélange-là, la dureté publique quand il traite Caufield de lâche et la générosité silencieuse, explique exactement pourquoi son geste a autant touché.

Le même gars qui secoue un buteur multimillionnaire à la télé a aussi été capable d’offrir, peut-être, les derniers mots de réconfort qu’un homme a entendus. Ça, c’est beaucoup plus fort que n’importe quelle controverse.

Et cette histoire fait écho à un autre moment marquant, vécu récemment avec Samuel Montembeault.

Même s’il ne joue pas en ce moment, le gardien québécois a pris le temps de rencontrer un jeune partisan de neuf ans atteint d’un cancer, Brayden Bédard, venu au Centre Bell vivre ce qui allait devenir « le plus beau jour de sa vie ».

Montembeault l’a accueilli, lui a fait visiter les installations, lui a offert du temps, de l’attention, un moment de normalité dans une réalité extrêmement lourde.

Autour de lui, d’autres joueurs ont embarqué. Du matériel autographié de Phil Danault, une rondelle signée par Cole Caufield, des gestes simples… mais qui restent gravés.

Et le jeune l’a dit lui-même :

« Quand ça n’ira pas bien, je vais repenser à cette soirée. »

C’est ça, la portée du hockey.

Des instants qui dépassent la glace.

Des gestes qui marquent une vie entière.

On parle souvent des rivalités, des controverses, des coups salauds, des déclarations qui font jaser.

Mais parfois, il faut s’arrêter.

Regarder ces moments-là.

Parce que ce sont eux, au fond, qui rappellent pourquoi ce sport est aussi profondément ancré ici.