Acquisition d'un centre gaucher: Montréal et Columbus négocient

Acquisition d'un centre gaucher: Montréal et Columbus négocient

David Garel
Le 2026-06-24

S’il y a un dossier que Kent Hughes ne peut pas se permettre d’ignorer cet été, c’est bien celui de Kent Johnson.

Depuis des mois, le Canadien cherche désespérément un deuxième centre gaucher (ou un ailier gaucher) capable de grandir avec Nick Suzuki, Cole Caufield, Juraj Slafkovsky et Ivan Demidov.

Les noms se succèdent. Mason McTavish. Dylan Larkin. Jason Robertson. Alexis Lafrenière. Mais voilà qu’une autre occasion pourrait se présenter, et cette fois, le prix risque d’être beaucoup plus abordable.

À Columbus, Kent Johnson sera transigé. Et Montréal négocie avec Columbus au moment où l'on se parle.

C’est un changement de cap majeur.

On parle tout de même d’un cinquième choix au total, d’un joueur qui a déjà démontré qu’il pouvait produire à un rythme de près d’un point par match avec une saison de 24 buts et 57 points en seulement 68 rencontres. Oui, sa dernière campagne a été décevante. 7 buts, 22 points en 76 matchs, ce n’est pas ce qu’on attend d’un joueur de son talent. Mais c’est précisément ce qui rend son dossier aussi intéressant.

Sa valeur n’a jamais été aussi basse.

Et c’est exactement le genre de situation que Kent Hughes adore exploiter.

Depuis son arrivée à Montréal, le directeur général a bâti sa réputation en misant sur des joueurs dont la valeur avait chuté. Il préfère acheter lorsque le marché doute plutôt que lorsque tout le monde se les arrache.

Cela a choké avec Kirby Dach. Cela a fonctionné en séries pour Alex Newhook.

Kent Johnson correspond parfaitement à cette philosophie, surtout qu'il est plus talentueux que Dach et Newhook mis ensemble.

À Columbus, on lui a souvent demandé de jouer à l’aile. Pourtant, plusieurs recruteurs continuent de croire que sa véritable position demeure le centre.

Son intelligence, sa créativité et sa vision du jeu ont toujours été ses plus grandes qualités. Le problème, c’est que les Blue Jackets n’ont jamais vraiment réussi à lui offrir la stabilité nécessaire pour s’imposer au milieu de la glace.

À Montréal, le contexte serait complètement différent.

Martin St-Louis pourrait enfin lui donner la chance de jouer à sa position naturelle, entouré de joueurs capables de profiter de son talent de fabricant de jeu. Imaginez un instant Kent Johnson distribuant la rondelle à Ivan Demidov. On comprend rapidement pourquoi son nom devrait intéresser le Canadien.

La vraie question devient alors celle du prix.

Contrairement à Mason McTavish ou à Dylan Larkin, Columbus ne possède plus nécessairement toute la force de négociation. Lorsqu’une organisation commence à douter d’un jeune joueur ou qu’elle estime qu’un changement d’air pourrait être bénéfique, le prix demandé diminue inévitablement.

Kent Hughes n’aurait pas à sacrifier Michael Hage ou Kaiden Guhle ou Alexander Zharovsky.

Il pourrait plutôt bâtir une offre autour d’un jeune joueur déjà établi ayant aussi des difficultés, d’un espoir de deuxième niveau et d’un choix au repêchage qui n'est pas un choix de 1re ronde.

Est-ce que Kirby Dach pourrait prendre le chemin de Columbus? Ancien 3e choix au total pour un ancien 5e choix au total?

Le Canadien ne veut pas envoyer Oliver Kapanen à Columbus. Kent Hughes tenterait de construire une transaction autour de Dach. Owen Beck serait aussi disponible comme espoir secondaire.

Pour une fois, le Canadien pourrait acquérir un talent offensif de premier plan sans hypothéquer son avenir.

Évidemment, il existe des risques.

Johnson devra démontrer qu’il peut retrouver la constance qui lui a permis de connaître une saison de 57 points. Il devra gagner en maturité et devenir plus impliqué sans la rondelle. Mais ces défauts sont précisément la raison pour laquelle il pourrait être disponible aujourd’hui.

Les joueurs de son talent qui n’ont aucun point d’interrogation ne sont jamais échangés.

Et si Kent Hughes est convaincu que le problème est davantage le contexte de Columbus que le joueur lui-même, il pourrait tenir entre les mains une occasion exceptionnelle.

Au final, le Canadien ne cherche pas seulement un deuxième centre.

Il cherche un joueur capable de transformer son attaque pendant les dix prochaines années.

Des occasions comme celle-ci ne se présentent pas souvent.

Lorsque la valeur d’un ancien cinquième choix au total chute soudainement, les meilleurs directeurs généraux n’attendent pas que le reste de la ligue se réveille.

Ils passent à l’action.

Et si Kent Hughes croit encore au potentiel de Kent Johnson comme centre naturel, cet été pourrait représenter la meilleure fenêtre qu’il aura jamais pour l’amener à Montréal.

Même s'il finit par jouer à l'aile, son talent va ressortir avec un coach offensif comme Martin St-Louis.