Le pire scénario possible est peut-être en train de prendre forme pour le Canadien de Montréal dans le dossier Matthew Knies.
Depuis des mois, Kent Hughes garde un œil attentif sur le puissant ailier des Maple Leafs. Son profil correspond parfaitement à ce que le Canadien recherche : un gros attaquant capable de marquer, de jouer avec intensité, de gagner ses batailles le long des rampes et de compléter un trio avec Ivan Demidov.
Ils sont passé à deux doigts de l'obtenir pour Alexander Zharovsky, Bryce Pickford et deux choix de 1re ronde.
Le problème, c’est que Montréal n’est plus seul.
Et la compétition risque de devenir beaucoup plus difficile.
Les Sharks de San Jose sont maintenant au cœur des discussions. Ce n’est pas seulement parce qu’ils possèdent une banque d’espoirs exceptionnelle. C’est surtout parce qu’ils contrôlent un actif que très peu d’équipes peuvent déposer sur la table : le neuvième choix au total du prochain repêchage.
Or, le DG des Leafs, John Chayka, continue de le répéter. Si Toronto envisage réellement de se départir de Matthew Knies, la priorité serait d’obtenir un choix top 10 afin de continuer à rajeunir son organisation, eux qui sont assurés de sélectionner Gavin McKenna au premier rang total.
Et c’est précisément ce que San Jose peut offrir avec le 9e choix au total obtenu des Sénateurs dans la transaction de William Eklund.
Ils disposent d’un bassin de jeunes joueurs parmi les plus riches de la LNH avec le futur meilleur joueur de la planète, Macklin Celebrini, Will Smith et Michael Misa.
Avec des noms comme le défenseur Sam Dickinson, le gardien Joshua Ravensbergen et l'ailier gauche Quentin Musty chez leurs espoirs, cette profondeur leur donne une flexibilité que très peu d’équipes possèdent.
San Jose a décidé que Matthew Knies est le complément idéal à son jeune noyau. Mike Grier a des arguments que Kent Hughes ne pourra peut-être tout simplement pas égaler.
Le neuvième choix au total pourrait devenir la pierre angulaire d’une offre. Autour de ce choix, les Sharks ont encore plusieurs jeunes actifs capables de séduire Toronto sans toucher à Michael Misa, considéré comme l’avenir de la concession.
Et c’est là que le Canadien commence à se retrouver en difficulté.
Montréal possède deux choix de première ronde, mais aucun n’est dans le top 10. Le 28e choix 2026 est pratiquement un choix de 2e ronde.
Même en ajoutant un espoir de premier plan comme Alexander Zharovsky et Pickford, l’offre ne présenterait pas la même valeur aux yeux des Maple Leafs si leur priorité demeure d’obtenir un choix parmi les dix premiers.
C’est toute la différence.
Dans la LNH, un choix top 10 est souvent perçu comme un actif de catégorie à part. Il permet d’obtenir un joueur que plusieurs organisations considèrent comme un futur pilier, un luxe que Montréal ne peut pas offrir cette année.
Kent Hughes pourrait évidemment tenter de compenser en augmentant la qualité de son offre.
Mais jusqu’où peut-il aller?
Sacrifier Michael Hage?
Toucher à Kaiden Guhle?
À un certain moment, le prix devient tellement élevé que la transaction perd son sens.
Voilà pourquoi l’intérêt de San Jose représente probablement la pire nouvelle possible pour le Canadien.
Lorsque deux équipes convoitent le même joueur, ce n’est pas toujours celle qui possède les meilleurs espoirs qui l’emporte.
C’est souvent celle qui détient l’actif précis que le vendeur recherche.
Et aujourd’hui, cet actif pourrait bien être un choix dans le top 10.
Surtout que Quentin Mutsy, un ailier gauche de 6 pieds 2 et 205 livres qui a obtenu 46 points en 61 matchs dans la AHL, pourrait être le futur remplaçant de Knies.

Mutsy a énormément de talent. Avec un 9e choix au total, on commence à avoir la base d'une négociation de feu. Surtout si on ajoute le gardien Joshua Ravensbergen, qui est devenu inutile à San Jose avec Yaroslav Askarov qui est le futur de l'organisation à cette position.

Kent Hughes devra soit trouver une façon créative de rivaliser… soit accepter que Matthew Knies lui échappe malgré tout l’intérêt démontré envers lui.
Parfois, ce n’est pas une question de volonté.
C’est simplement une question de monnaie d’échange.
Ouch.
