Alexis Sánchez est à Montréal. Et cette fois, le rêve des partisans du CF Montréal ne relève plus simplement d’un teaser mystérieux ou d’une spéculation sur les réseaux sociaux.
L’attaquant chilien a accepté une entente de deux ans avec le CF Montréal.
À 37 ans, El Niño Maravilla revient donc en Amérique du Nord pour ce qui va être le dernier grand chapitre de sa carrière.
Et quel nom.
Barcelone. Arsenal. Manchester United. Inter Milan. Olympique de Marseille. Une carrière internationale immense avec le Chili.
Sánchez n’est évidemment plus le joueur qui terrorisait les défenses de Premier League il y a dix ans. Sa dernière saison à Séville s’est terminée avec quatre buts et deux passes décisives en 30 apparitions. Ses statistiques des dernières années montrent clairement qu’il arrive à Montréal au crépuscule de sa carrière. avec 8 maigres buts à ses trois dernières années entre Milan (Inter), Udinese et Séville.
Mais son nom demeure gigantesque.
Et Montréal avait besoin d’un coup comme celui-là.
Selon les informations rapportées par Tom Bogert, de The Athletic, Sánchez va avoir le statut de joueur désigné.
Luca Saputo parle déjà d’un « très grand nom », tandis que Simone Saputo va encore plus loin en affirmant qu’il pourrait être « l’un des plus grands joueurs à jouer ici ».
Et il y a une raison pour laquelle cette arrivée fait autant parler.
Sánchez n’est pas simplement un ancien joueur européen.
C’est une légende du football chilien.
Il est le meilleur buteur de l’histoire de la sélection chilienne et son joueur le plus capé. Il a remporté deux Copa América consécutives avec le Chili, en 2015 et 2016. En 2015, c’est lui qui avait marqué le tir décisif lors de la séance de tirs au but contre l’Argentine.
À Arsenal, il avait inscrit 80 buts et ajouté 44 passes décisives en 166 matchs.
À Marseille, en 2022-2023, il avait encore produit 18 buts en 44 rencontres.
Le joueur qui arrive à Montréal n’est donc peut-être plus celui d’Arsenal.
Mais le CV, lui, est absolument phénoménal.
Mais une autre histoire refait surface depuis l’annonce.
En 2017 et 2018, Alexis Sánchez avait été poursuivi en Espagne pour une affaire de fraude fiscale liée à ses revenus provenant de ses droits à l’image lorsqu’il évoluait au FC Barcelone.
Les faits remontaient à 2012 et 2013.
Sánchez avait reconnu avoir dissimulé des revenus liés à ses droits à l’image. Le montant concerné était d’environ 983 000 euros. Il avait conclu une entente avec les autorités espagnoles, remboursé les sommes dues avec les intérêts et accepté une peine de 16 mois de prison avec sursis, ainsi qu’une amende.
Il n’avait toutefois pas passé de temps derrière les barreaux : la peine était suspendue et, en Espagne, une première condamnation de moins de deux ans pour ce type d’infraction ne menait normalement pas à l’incarcération.
Revenu Québec va-t-il s’en mêler?
C’est évidemment la question qui commence à circuler.
L’arrivée de Sánchez à Montréal ne signifie pas automatiquement que Revenu Québec va ouvrir un dossier contre lui.
L’autorité fiscale québécoise détermine notamment les obligations fiscales selon le statut de résidence et les revenus gagnés au Québec. Un non-résident peut néanmoins être imposable au Québec sur les revenus gagnés dans la province.
Son passé refait surface au moment où il signe l’un des contrats les plus médiatisés de l’histoire récente du CF Montréal.
Et le Stade olympique dans tout ça?
Le timing est absolument spectaculaire.
Alors que le CF Montréal vient de traverser une période catastrophique, que les rumeurs de déménagement ont circulé et que le club vient de recevoir le feu vert pour la modernisation du Stade olympique, voilà que l’organisation frappe avec un joueur de réputation mondiale.
Pendant des mois, on parlait du CF Montréal comme d’une organisation menacée.
Maintenant, on parle d’Alexis Sánchez.
Et ça change tout sur le plan médiatique.
Le Chilien connaît d’ailleurs déjà Montréal. En 2007, alors qu’il représentait le Chili à la Coupe du monde des moins de 20 ans, il avait joué au Stade olympique contre le Nigeria en quarts de finale. Le Chili avait remporté cette rencontre 4-0.
Près de vingt ans plus tard, il pourrait revenir dans cette même enceinte avec le CF Montréal.
Mais il faudra être réaliste
Il ne faut surtout pas vendre Sánchez comme le joueur de 2015.
À 37 ans, son rôle devra être soigneusement géré.
Son expérience peut être immense. Sa technique aussi. Son intelligence de jeu demeure précieuse.
Mais Montréal aura besoin de beaucoup plus que son nom.
L’équipe a connu d’énormes problèmes offensifs cette saison. Elle devra mettre Sánchez dans les meilleures conditions possibles pour qu’il puisse créer, distribuer et terminer les actions.
Il pourrait évoluer derrière un attaquant comme Prince Owusu, ou être utilisé dans certaines positions plus excentrées, sur les ailes.
Mais les problèmes structurels de l’équipe ne disparaîtront pas simplement parce qu’un joueur célèbre arrive.
Le CF Montréal avait besoin d’une étincelle.
Il vient peut-être de l’obtenir.
Après les défaites humiliantes, les changements d’entraîneur, les discussions sur le Stade olympique et les rumeurs de déménagement, l’organisation vient de faire quelque chose que personne ne semblait attendre : elle a attiré à Montréal une véritable vedette internationale.
Accusé et puni pour avoir volé le gouvernement espagnol.
Mais aujourd’hui, une nouvelle page commence.
Et si Alexis Sánchez réussit à retrouver ne serait-ce qu’une partie de la magie qui a fait de lui une vedette mondiale, le CF Montréal pourrait enfin offrir à ses partisans quelque chose qu’ils n’ont plus connu depuis longtemps :
Une raison de croire.
