Elias Pettersson à Montréal?
Il y a quelques mois à peine, cette idée aurait probablement fait éclater de rire une bonne partie des partisans du Canadien.
Aujourd’hui, elle fait sérieusement réfléchir.
Le Canadien est désespérément à la recherche d’un deuxième centre.
Et plus les semaines avancent, plus cette réalité saute aux yeux.
Darren Dreger l’a confirmé.
Montréal fait partie des équipes qui se sont informées auprès des Canucks.
Toronto, Philadelphie, Los Angeles et Déetroit ont aussi appelé après que le dossier Dylan Larkin ne vienne bouleverser les plans des Red Wings.
Quand autant d’équipes prennent le téléphone pour s’informer sur un joueur, ce n’est pas une question de curiosité. C’est une question d’opportunité.
Et Vancouver vient justement d’en créer une.
Selon Dreger, les Canucks seraient maintenant prêts à retenir entre deux et trois millions de dollars annuellement sur le contrat de Pettersson.
Voilà l’élément qui change tout.
À 11,6 millions de dollars par saison, le dossier était pratiquement impossible.
À 8,6 ou 9 millions?
La discussion devient complètement différente.
Soudainement, Pettersson n’est plus payé comme une supervedette, mais bien un très bon centre de premier ou de deuxième trio.
Surtout, il est tout simplement à donner à Vancouver, alors que les Canucks sont même prêt à accepter un contrat indésirable en retour.
Le problème, c’est que même à 8,6 millions de dollars, les drapeaux rouges continuent de s’accumuler.
Depuis la signature de son contrat de 92,8 millions de dollars (11,6 M$ par année jusqu'en 2032), Pettersson n’est plus le même joueur.
Les chiffres sont inquiétants.
15 buts, 51 points en 74 matchs.
Une production de 0,68 point par rencontre.
La pire saison de sa carrière.
Une autre campagne décevante avait déjà précédé celle-là. (45 points en 64 matchs)
Deux années de suite où le joueur ressemble davantage à un centre ayant des problèmes de santé mental qu’à un joueur qui encaisse un salaire de franchise.
C’est ce qui fait peur.
On ne parle pas d’une mauvaise saison isolée.
On parle d’une tendance.
Et les directeurs généraux détestent les tendances lorsqu’elles coûtent 11,6 millions de dollars par année.
La question devient alors très simple.
Pourquoi Kent Hughes continue-t-il de s’informer?
La réponse est probablement beaucoup moins compliquée que certains le croient.
Le marché des centres est presque vide.
Robert Thomas a été retiré du marché, Nico Hischier va prolonger au New Jersey, Mason McTavish a plein de drapeaux rouges autour de lui (surtout sa vitesse qui fait peur), Dylan Larkin ne veut rien savoir de jouer à Montréal, Ryan O’Reilly approche de la fin de sa carrière et ne veut pas aller à Montréal non plus.
Shane Wright demeure un projet louche, et rien ne dit qu'il est meilleur qu'Oliver Kapanen.
Les options diminuent de semaine en semaine, la division Atlantique s'améliore de jour en jour et Kent Hughes est dans l'eau chaude.
À un certain moment, un directeur général doit analyser tous les scénarios possibles surtout s'il est en panique.
Le simple fait que Montréal ait appelé les Canucks démontre surtout une chose.
Le Canadien est désespéré pour un centre top-6.
Une autre réalité rend Pettersson intriguant pour Montréal.
À Vancouver, il devait être le visage de l’organisation.
Il devait remplacer Quinn Hughes dans le rôle de leader après le départ du capitaine.
Il devait porter l’équipe sur ses épaules.
Il a échoué.
Les Canucks ont découvert que Pettersson n’est peut-être pas construit pour être le joueur qui porte une franchise entière.
À Montréal, ce poids n’existerait pas.
Nick Suzuki est le capitaine.
Ivan Demidov est la future attraction offensive.
Lane Hutson est déjà devenu une vedette.
Pettersson arriverait dans une situation beaucoup plus confortable et un vestiaire accueillant.
Personne ne lui demanderait d’être le sauveur ou de porter seul une organisation historique.
On lui demanderait simplement de jouer au hockey.
C’est l’argument le plus favorable à son endroit.
Malheureusement, plusieurs éléments continuent de faire hésiter.
Son gabarit intrigue depuis des années.
Il mesure six pieds deux pouces.
Pourtant, il joue comme un joueur beaucoup plus petit.
Dans les séries éliminatoires, ce détail devient important.
La Caroline vient de gagner la Coupe Stanley.
La Floride vient d’ajouter Brady Tkachuk à une formation déjà terrifiante.
Le Lightning demeure bâti pour les longues batailles de séries.
Le Canadien a lui-même découvert ce printemps qu’il lui manque encore du poids et de la robustesse à plusieurs endroits.
Pettersson apporte du talent.
Personne ne remet cela en question.
Apporte-t-il ce qui manque au Canadien pour survivre dans l’Atlantique?
Voilà une question beaucoup plus difficile.
Plusieurs partisans regardent son nom et voient encore le joueur qui flirtait avec les 100 points.
Kent Hughes doit regarder le joueur qui a produit 51 points.
La différence est énorme.
C’est pourquoi ce dossier divise autant.
Le talent est toujours présent.
Le risque aussi.
Lorsque Darren Dreger affirme que Montréal s’est informé sérieusement, le message est clair.
Le Canadien continue de chercher activement un centre.
Et si Kent Hughes est rendu à étudier la possibilité d’absorber six autres années du contrat d’Elias Pettersson, même avec retenue salariale, c’est peut-être le plus grand indice que le problème du deuxième centre est devenu une véritable obsession à l’intérieur de l’organisation.
La question n’est plus de savoir si Montréal cherche.
La question est de savoir jusqu’où Kent Hughes est prêt à aller pour enfin régler ce dossier.
Est-il prêt à obtenir gratuitement et à rabais le joueur de centre le plus fragile mentalement de toute la LNH, mais l'un des plus talentueux?
La saga est à suivre.
