Le rêve n’aura même pas duré 24 heures...
À peine les Sénateurs avaient-ils récupéré trois choix de première ronde et un choix de deuxième ronde dans la transaction de Brady Tkachuk que plusieurs partisans se mettaient déjà à imaginer le prochain grand coup de Steve Staios.
Le nom de Jason Robertson est rapidement apparu.
Un marqueur élite.
Un Américain.
Un joueur de 45 buts et 96 points.
Exactement le genre d’attaquant capable de faire oublier une partie de la perte de Brady Tkachuk.
Les Sénateurs étaient prêts à lui accorder 14 M$ par année.
Le problème, c’est que Jason Robertson ne veut rien savoir de la capitale canadienne.
Selon Bruce Garrioch (Ottawa Sun) et Chris Johnston (TSN), il ne faut pas s’attendre à voir Robertson accepter une offre hostile des Sénateurs ni même pousser pour une transaction vers Ottawa.
Le rêve est mort avant même d’avoir commencé.
Plusieurs se demandent pourquoi Ottawa n'ont pas pu le convaincre, même avec 14 M$ par année.
Après tout, les Sénateurs possèdent maintenant énormément d’espace sous le plafond salarial.
Mais l’argent n’est plus toujours l’argument décisif dans la LNH moderne.
Les joueurs vedettes choisissent de plus en plus leur environnement.
Ils choisissent leur marché.
Ils choisissent leur qualité de vie.
Ils choisissent leurs chances de gagner.
Et lorsqu’on regarde la situation de Robertson, la logique saute aux yeux.
Pourquoi quitter Dallas?
Pourquoi quitter le Texas?
Pourquoi quitter une organisation qui gagne année après année?
Pourquoi quitter un marché américain où la pression médiatique demeure raisonnable?
Pourquoi quitter un État où le régime fiscal est parmi les plus avantageux du sport professionnel?
La comparaison devient cruelle pour Ottawa.
Les Sénateurs ont un noyau intéressant. Tim Stützle est une vedette. Jake Sanderson est un défenseur de premier ordre. Linus Ullmark demeure un gardien capable de voler des matchs.
Mais Ottawa n’est pas Dallas.
Surtout, la capitale de notre pays a la réputation d'être un village plate, avec un amphithéatre à l'autre out du monde, bref aucunement une destination naturelle pour les joueurs américains vedettes,
Le départ de Brady Tkachuk vient rappeler une réalité que plusieurs équipes canadiennes tentent encore d’ignorer.
De plus en plus de joueurs américains veulent contrôler leur avenir et privilégient certains marchés.
La Floride, le Texas, le Nevada ou la Californie lorsqu’arrive le moment de prendre une décision importante.
L’histoire de Brady Tkachuk vient de l’illustrer parfaitement.
Jason Robertson semble envoyer exactement le même message.
On parle souvent du plafond salarial comme si toutes les équipes étaient égales.
Sur papier, oui.
Dans la réalité, certaines organisations possèdent des avantages impossibles à reproduire.
Le climat.
Les impôts.
La pression médiatique.
La proximité de la famille.
La qualité de vie.
Tous ces éléments comptent énormément lorsqu’un joueur de 26 ans s’apprête à signer le plus important contrat de sa carrière.
Voilà pourquoi plusieurs personnes autour de la ligue continuent de croire qu’une prolongation de contrat avec les Stars demeure le scénario le plus probable.
Même si cela implique un certain compromis financier.
Le plus inquiétant pour les Sénateurs n’est peut-être même pas le dossier Robertson lui-même.
C’est ce qu’il représente.
Quelques jours après avoir perdu Brady Tkachuk, voilà maintenant qu’un autre joueur américain de premier plan ne semble montrer aucun intérêt envers Ottawa.
Le message commence à devenir difficile à ignorer.
Le DG Steve Staios possède maintenant des choix de repêchage.
Il possède des actifs.
Il possède des munitions pour bouger.
Ce qu’il ne possède pas nécessairement, c’est le pouvoir de convaincre les joueurs vedettes américains que la capitale canadienne est devenue une destination incontournable.
Et tant que cette réalité existera, plusieurs transactions qui paraissent parfaites sur papier risquent de mourir avant même d’arriver à la table de négociation.
