Une simple transaction de droits entre les Ducks d’Anaheim et les Panthers de la Floride a des conséquences beaucoup plus importantes qu’il n’y paraît pour le Canadien de Montréal.
Anaheim a mis la main sur les droits d’A.J. Greer, tandis que la Floride a récupéré ceux de Radko Gudas. À première vue, rien de spectaculaire.

Une transaction de goon deluxe (Greer) vs goon fini (Gudas).
Quelques minutes plus tard, Elliotte Friedman a ajouté un détail qui change complètement la lecture du dossier : selon lui, les chances sont très bonnes que les deux joueurs s’entendent rapidement avec leur nouvelle équipe avant même l’ouverture officielle du marché des joueurs autonomes.
Anaheim et leur jeune équipe talentueuse est un rêve pour Greer qui va avoir le mandat de protéger les jeunes prodiges et qui aura toutes les chances de gagner la Coupe Stanley dans les prochaines années.
Radko Gudas, lui, retrouve son ancienne équipe qu'il a quittée juste avant que les Panthers gagnent deux Coupes Stanley de suite. Il va re-signer avec plaisir, lui qui n'a jamais voulu partir et qui doit avoir une crotte sur le coeur de ne pas avoir de bague de la Coupe Stanley.
Ouch. Deux des cibles les plus logiques pour combler les besoins du Canadien pourraient disparaître en une seule transaction.
Cette transaction risque de faire extrêmement mal à Kent Hughes…
Depuis des mois, le directeur général répète la même chose. Le CH doit devenir plus gros. Plus robuste. Plus difficile à affronter. Les séries (surtout la finale de conférence contre la Caroline) ont démontré que le talent ne suffit plus. Il faut aussi du poids, du caractère et des joueurs capables de faire mal à l’adversaire.
Kent Hughes se défend aujourd'hui en affirmant qu'obtenir les droits d'A.J. Greer était trop coûteux.
Selon ce qui circule dans le milieu, les Panthers auraient notamment voulu obtenir Arber Xhekaj afin de céder les droits de négociation d’A.J. Greer à Montréal avant le 1er juillet.
Il devient beaucoup plus facile de comprendre pourquoi Kent Hughes a fermé la porte.
Non seulement le directeur général aurait dû sacrifier un défenseur de 25 ans qui est seulement agent libre avec restriction et qui est tellement populaire au Québec (même s'il n'est pas aimé par Martin St-Louis_, mais il aurait ensuite fallu offrir à Greer le contrat qu’il recherchait, soit environ 4 millions de dollars par saison sur plusieurs années.
C’est beaucoup d’argent pour un joueur de soutien, aussi utile et robuste soit-il.
Greer vient de connaître la meilleure saison de sa carrière et son style de jeu correspond parfaitement à ce que recherche le Canadien. (17 buts, 13 passes pour 32 points en 78 matchs). Et il est un fier Québécois de Joliette.
Mais de là à échanger Arber Xhekaj (avec qui il est en négociation pour un nouveau contrat), puis à consentir un contrat de cette ampleur au goon deluxse Greer, Kent Hughes a visiblement jugé que le prix à payer était devenu beaucoup trop élevé.
Il ne faut pas oublier que Greer a connu une très bonne saison parce que les Panthers avaient trop de blessés. Il aurait pu choker sa vie à Montréal.
La décision de Hughes est tellement compréhensible sur le plan de la gestion des actifs.
Greer est un excellent joueur de soutien. Un ailier robuste de 6 pieds 3 pouces et plus de 220 livres qui frappe, dérange, protège ses coéquipiers et apporte de l’énergie tous les soirs.
Mais il demeure, au bout du compte, un joueur de profondeur.
Lui accorder près de 4 millions de dollars par année aurait représenté un pari énorme pour un joueur qui vient seulement de connaître une véritable saison d’éclosion offensive.
Kent Hughes a donc préféré ne pas payer ce prix.
Résultat?
Les Ducks ont acquis ses droits et espèrent maintenant le signer avant même qu’il atteigne le marché des joueurs autonomes.
Même scénario pour Radko Gudas.
Son nom circulait aussi du côté de Montréal depuis plusieurs semaines. Plusieurs voyaient en lui le vétéran parfait pour stabiliser le côté droit de la défensive.
Là aussi, cette porte semble se refermer.
Pendant ce temps, Kent Hughes continue d’explorer d’autres avenues.
Les discussions avec les Flyers de Philadelphie entourant Rasmus Ristolainen demeurent surveillées à Montréal.
Rappelons que lors de la dernière date limite des transactions, les Flyers demandaient Arber Xhekaj et un choix de 1re ronde.
Le CH avait refusé. Le prix aurait légèrement baissé au moment où l'on se parle.
Kent Hughes a refusé d'envoyer Xhekaj en Floride pour les droits de Greer. Serait-il prêt à envoyer le shérif à Philadelphie pour Ristolainen?
Reste que le Canadien devra payer beaucoup plus cher par transaction pour obtenir le type de robustesse qu’il aurait pu aller chercher gratuitement sur le marché des joueurs autonomes.
Voilà pourquoi cette journée risque de laisser un goût amer.
À vouloir être discipliné avec le dossier Greer, Kent Hughes a peut-être pris la bonne décision financière.
Mais il vient aussi de voir deux cibles parfaitement adaptées aux besoins du Canadien s’éloigner en l’espace de quelques heures.
Et lorsque les solutions disparaissent une à une, les options deviennent de plus en plus coûteuses.
Ça commence à sentir le brûlé pour le DG du CH.
