Sortie publique de Carey Price: il attaque Mark Carney

Sortie publique de Carey Price: il attaque Mark Carney

Par David Garel le 2026-05-07

Carey Price n’a jamais été un politicien. Il n’a jamais essayé de jouer un rôle. Et c’est justement pour ça que chacune de ses interventions sur le dossier des armes à feu provoque une onde de choc au Canada.

Depuis des années, l’ancien gardien des Canadiens de Montréal refuse de se taire devant ce qu’il considère comme une attaque directe contre les chasseurs, les propriétaires d’armes légaux et les communautés rurales.

Avec Mark Carney qui promet maintenant de relancer “rapidement” le programme de rachat obligatoire des armes dites de type assaut, Price revient au coeur du débat. Et cette fois, il ne ménage personne.

Une sortie publique... cinglante...

Carey Price n’a pas seulement critiqué le programme de confiscation des armes à feu de Mark Carney. Il l’a attaqué de front en le ramenant à quelque chose de profondément personnel : sa famille, ses traditions et le droit de protéger les siens.

“Absolument. C’est une énorme partie de ma vie”, a lancé l’ancien gardien des Canadiens de Montréal lorsqu’on lui a demandé s’il chassait encore aujourd’hui.

Price a expliqué que la chasse est “une activité générationnelle”, rappelant que son grand-père était guide et que “la chasse de subsistance fait partie de notre communauté depuis des générations”.

Il affirme vouloir transmettre cet héritage à ses enfants, parlant “de la connexion avec la nature et le plein air” qu’il aime profondément.

Puis Carey Price est devenu beaucoup plus direct en visant le programme de Mark Carney.

“Je ne pense pas que ce soit juste pour beaucoup de gens”, affirme-t-il, avant de rappeler qu’il est “un citoyen respectueux des lois” qui se soucie “de son pays” et “de ses voisins”.

La phrase la plus forte arrive ensuite : “Je pense que nous devrions tous avoir la capacité et le droit de protéger nos familles, nos maisons et les gens qu’on aime. Et qu’on ne devrait pas nous enlever ça.”

Pour comprendre pourquoi le nom de Carey Price revient avec autant de force dans ce mouvement anti-Carney, il faut revenir à la fameuse publication Instagram qui avait secoué le pays.

Après l’annonce du gel national des armes de poing par Justin Trudeau, Price avait publié une photo de lui en tenue de chasse avec un message explosif en soutien au mouvement “Canada’s National Firearms Association”.

“Je soutiens les propriétaires d’armes responsables. Je soutiens les chasseurs. Je soutiens les athlètes de tir.”

Il avait ensuite ajouté une phrase qui avait déclenché une tempête politique :

“Je n’appuie pas cette décision. Je crois que les armes à feu utilisées légalement ne sont pas le problème.”

En privé comme en public, Price a toujours répété la même idée : les gouvernements fédéraux ciblent les mauvaises personnes. Selon lui, Ottawa mène une guerre symbolique contre les chasseurs pendant que les criminels utilisent des armes illégales qui traversent la frontière américaine.

Et voilà pourquoi les propos récents de Mark Carney ont ravivé toute cette controverse.

Quand Carney promet de “resserrer le contrôle des armes” et de relancer rapidement le programme de confiscation, Price voit exactement le même scénario que sous Trudeau : des milliards dépensés pour saisir des armes détenues légalement pendant que la criminalité armée continue d’exploser dans les grandes villes.

Le plus frappant, c’est que même des policiers commencent maintenant à dire publiquement la même chose que Carey Price.

La Toronto Police Association a carrément qualifié le programme fédéral de confiscation d’armes “d’inefficace”. Son président, Clayton Campbell, a lancé une déclaration qui fait énormément réagir partout au pays :

“Je ne me rappelle pas d’une seule fois où une arme détenue légalement a été utilisée dans un crime dans cette ville. Pas une seule.”

Cette phrase résume exactement le coeur du discours de Carey Price depuis le début.

Le gouvernement Carney affirme vouloir lutter contre la violence armée. Price répond que les chasseurs et les tireurs sportifs ne sont pas des criminels.

Carney promet de relancer le rachat des armes “rapidement”. Price considère que ce programme vise des citoyens qui respectent déjà toutes les règles.

Et l’appui de la police de Toronto à cette résistance contre Ottawa donne soudainement énormément de crédibilité à ceux qui dénoncent cette politique depuis des années.

Le directeur ontarien de la Canadian Taxpayers Federation, Noah Jarvis, a lui aussi frappé fort :

“Les policiers de Toronto ont raison de rejeter la confiscation coûteuse et inutile des armes à feu de Mark Carney.”

“Les contribuables savent que le gouvernement devrait cibler les criminels utilisant des armes obtenues illégalement, pas les chasseurs et tireurs sportifs ordinaires.”

C’est exactement le vocabulaire utilisé depuis longtemps par Carey Price.

Et ce qui rend le dossier encore plus explosif politiquement, c’est l’image même de Price au Canada. On ne parle pas d’un polémiste professionnel. On parle d’un homme profondément attaché à la chasse, aux traditions autochtones et au mode de vie rural de l’Ouest canadien.

Price a grandi dans un environnement où les armes à feu sont associées à la chasse, à la nourriture, au territoire et à la famille. Pour lui, Ottawa ne comprend tout simplement pas cette réalité.

À chaque fois que Price intervient, les réactions deviennent viscérales. D’un côté, plusieurs survivants de violences armées et militants pour un contrôle accru des armes considèrent ses propos irresponsables. De l’autre, des milliers de Canadiens voient enfin une personnalité majeure refuser de répéter automatiquement la ligne politique d’Ottawa.

Et maintenant, Mark Carney hérite directement de cette fracture.

Carney tente de se présenter comme le candidat de l’ordre et de la sécurité publique. Il accuse même Pierre Poilievre de vouloir importer des politiques américaines sur les armes à feu. Il affirme qu’on ne peut pas être “ferme contre le crime sans être ferme contre les armes à feu”.

Mais le problème pour Carney, c’est que plusieurs policiers, plusieurs provinces et plusieurs propriétaires d’armes répondent désormais exactement comme Carey Price : ce programme ne vise pas les criminels.

Et quand Price parle, le message frappe fort au Québec comme dans l’Ouest.

Parce qu’il ne parle pas comme un politicien. Il parle comme quelqu’un qui croit sincèrement qu’Ottawa criminalise une culture qu’il connaît depuis l’enfance.

Voilà pourquoi cette controverse refuse de mourir.

Et voilà pourquoi Carey Price continue de hanter le débat politique canadien chaque fois qu’un chef libéral promet de “resserrer” les lois sur les armes à feu.