Le silence autour de Zachary Bolduc commence sérieusement à faire jaser.
Pas uniquement chez les partisans ou sur les réseaux sociaux. Dans l’entourage du Canadien de Montréal aussi, plusieurs personnes surveillent le dossier avec attention.
Habituellement, lorsqu’une saison se termine, les joueurs défilent devant les médias. Ils expliquent leur année. Ils parlent de leurs blessures. Ils discutent de leurs objectifs pour l’été. Ils répondent aux questions sur leur avenir.
Bolduc n’a rien fait de tout ça.
Il ne s’est pas présenté au bilan de fin de saison.
Aucune entrevue.
Aucune explication.
Aucune prise de parole.
Depuis l’élimination du Canadien, le jeune attaquant est pratiquement disparu du radar médiatique.
Plus les jours passent, plus cette absence devient difficile à ignorer.
D’autant plus que son dossier contractuel est loin d’être réglé.
D'ici le 29 juin à 17 h, le Canadien devra lui soumettre une offre qualificative afin de conserver ses droits. Sur papier, personne ne croit que Kent Hughes va laisser partir Bolduc gratuitement.
La véritable question concerne plutôt la suite.
Quelle est réellement sa valeur aux yeux de l’organisation?
Voilà où le dossier devient intéressant.
Il n’y a pas si longtemps, certaines projections financières voyaient Bolduc signer un contrat de sept ans évalué à plus de 42 millions de dollars.
On parlait d’un ailier capable de devenir un marqueur de premier plan.
On parlait d’un joueur qui pouvait éventuellement s’installer dans le noyau offensif du Canadien.
Puis la réalité a frappé.
Douze buts.
Trente points.
Un rôle qui a fluctué toute l’année.
Des matchs où son temps de glace descendait dangereusement.
Une utilisation offensive beaucoup plus limitée que plusieurs anticipaient.
Même en séries éliminatoires, malgré quelques séquences intéressantes, il n’a jamais réussi à changer la perception générale de son année.
Le résultat est simple.
Le pouvoir de négociation a complètement changé de camp.
Il y a douze mois, plusieurs parlaient d’une prolongation majeure.
Aujourd’hui, un contrat pont apparaît beaucoup plus réaliste.
Deux ans.
Trois ans au maximum... pour des peanuts...(entre 3 et 4 M$ par année)
Une entente qui permettrait au Canadien d’attendre avant de s’engager à long terme.
Voilà exactement ce qui nourrit les spéculations.
Car si l’organisation n’est pas convaincue de lui offrir un gros contrat aujourd’hui, est-elle convaincue de le garder à tout prix?
La question mérite d’être posée.
Le Canadien cherche activement un deuxième centre.
Le Canadien discute avec plusieurs équipes.
Les noms de Dylan Larkin, Nico Hischier, Vincent Trocheck, Mason McTavish et d’autres continuent de circuler.
Pour obtenir ce genre de joueur, les choix au repêchage ne suffisent pas toujours.
Les directeurs généraux demandent souvent de jeunes joueurs déjà capables d’évoluer dans la LNH.
Bolduc correspond exactement à cette définition.
Il est jeune.
Il possède encore un potentiel offensif reconnu partout dans la ligue.
Son statit de joueur autonome avec compensation demeure contrôlable.
Et plusieurs organisations croient probablement encore qu’il possède davantage d’attaque que ce qu’il a montré cette saison à Montréal.
C’est ce qui explique pourquoi son nom revient régulièrement dans certaines conversations.
Le plus étrange demeure toutefois son silence.
Pendant que d’autres joueurs répondent aux questions, rencontrent les médias ou discutent ouvertement de leur avenir, Bolduc refuse toute exposition publique.
Surtout qu'on ne le voit aucunement dans les sorties estivales d'équipe, que ce soit dans les 5 à 7 ou les différents spectacle de musique.
Il est parti à Trois-Rivières et ne veut rien savoir d'être vu à Montréal.
Même son message publié après la saison a été analysé sous tous les angles, comme si c'était un message d'au revoir venant d'un gars qui a des doutes sur son avenir à Montréal.
Dans un autre marché, personne n’aurait probablement réagi.
À Montréal, chaque détail devient une histoire.
Chaque absence devient une question.
Chaque silence devient une rumeur.
Peut-être qu’il n’y a absolument rien derrière tout ça.
Peut-être qu’il est simplement retourné à Trois-Rivières pour décrocher après une saison éprouvante.
Mais tant qu’aucune entente ne sera annoncée, tant qu’il continuera d’éviter les micros, les interrogations vont demeurer.
Et plus le Canadien avancera dans ses recherches pour trouver un deuxième centre, plus le nom de Zachary Bolduc risque de revenir dans les discussions.
Il y a un an, on parlait d’un futur contrat de 42 millions de dollars.
Aujourd’hui, on parle surtout d’incertitude... d'un contrat pour des peanuts... ou même d'une transaction.
Dans la LNH, les choses changent vite.
Surtout quand tu chokes un saison comme l'a fait Bolduc à sa première année à Montréal.
Imaginez si Logan Mailloux explose la saison prochaine. Ouch.
