Un silence finit toujours par parler.
Plus les jours passent, plus le dossier d’Arber Xhekaj soulève une question qui dépasse maintenant la simple négociation de contrat.
Pourquoi le Canadien laisse-t-il traîner une signature qui, à première vue, aurait dû être réglée depuis longtemps?
Au début du mois d’août, le Shérif demeure joueur autonome avec compensation, le camp d’entraînement approche tranquillement et, malgré les déclarations rassurantes de son agent, rien ne bouge.

Kent Hughes a pourtant posé le geste attendu en déposant une offre qualificative. Les droits du défenseur demeurent entre les mains du Canadien.
Personne ne remet cette réalité en question.
Ce qui intrigue davantage, c’est l’absence totale de progression publique dans un dossier qui touche l’un des joueurs les plus populaires de l’organisation.
Brian Bartlett, son agent, a tenté de calmer les inquiétudes en répétant que son client adore Montréal, adore les partisans et souhaite poursuivre sa carrière avec le Canadien.
Il a aussi rappelé qu’il reste du temps avant le camp et qu’il n’y a aucune raison de paniquer. Le message est clair. Le clan Xhekaj ne cherche pas la confrontation.
Cette patience force toutefois une autre réflexion.
Combien de temps un joueur peut-il attendre avant de réaliser que le véritable obstacle n’est peut-être pas le contrat… mais la place qu’on lui réserve dans l’organisation?
Depuis deux saisons, une impression persiste autour d’Arber Xhekaj.
Dès que Martin St-Louis compose son alignement dans les matchs importants, le numéro 72 ne reçoit jamais le traitement réservé à un défenseur considéré comme indispensable.
Son temps de glace fluctue constamment. Les passages dans les gradins se sont multipliés. Même lorsque la robustesse devenait une nécessité, le Shérif retrouvait rapidement un rôle secondaire.
Cette dynamique n’a jamais cessé d’alimenter les discussions.
Le moment où Martin St-Louis avait tenu à prendre ses distances avec le surnom « le Shérif » revient constamment dans les conversations.
Alors que les partisans avaient adopté ce surnom depuis longtemps, l’entraîneur avait répondu que personne, à l’intérieur du vestiaire, ne l’appelait ainsi et que cette image provenait surtout des médias et des amateurs.
Certains y ont vu une simple précision. D’autres y ont perçu une volonté de ne jamais alimenter le phénomène Xhekaj.
Depuis, les gestes ont souvent été interprétés à travers cette même lentille.
Pendant ce temps, Kent Hughes agit comme si Arber Xhekaj représentait un actif précieux.
Chaque fois que des rumeurs de transaction surgissent, le directeur général refuse de liquider son défenseur physique.
Plusieurs formations de la LNH recherchent pourtant exactement ce type de joueur.
Un arrière de six pieds quatre pouces, près de 240 livres, capable de défendre ses coéquipiers et de changer l’énergie d’une rencontre en une seule présence demeure une denrée rare dans le hockey d’aujourd’hui.
Voilà où la contradiction devient difficile à ignorer.
Si Kent Hughes protège autant son défenseur, pourquoi Martin St-Louis ne lui accorde-t-il jamais un rôle qui reflète cette valeur?
À l’inverse, si l’entraîneur ne voit pas Xhekaj comme un morceau important de son casse-tête, pourquoi le directeur général continue-t-il de repousser une transaction qui pourrait rapporter un actif intéressant?
Plusieurs équipes auraient probablement accueilli Arber Xhekaj à bras ouverts.
Philadelphie revient constamment dans les discussions lorsque son nom circule.
Calgary, Seattle, Pittsburgh, Chicago et d’autres formations ont aussi été associées au robuste défenseur à différents moments de l’été.
Rien n’indique qu’une offre majeure soit actuellement sur la table. Une chose demeure certaine… le marché pour ce type de joueur existe.
Voilà pourquoi cette négociation ne ressemble plus seulement à une question d’argent.
Le véritable enjeu touche l’avenir d’un joueur qui dit vouloir rester à Montréal alors que tout indique qu’il devra encore convaincre son entraîneur, soir après soir, qu’il mérite davantage qu’un rôle limité.
À force d’attendre, le Canadien risque de prolonger une situation qui nourrit les spéculations bien plus que les réponses.
Arber Xhekaj continue d’afficher sa loyauté envers l’organisation.
Kent Hughes conserve ses droits. Martin St-Louis, lui, demeure au centre de toutes les interprétations.
Tant que le numéro 72 n’aura pas signé son prochain contrat… ou changé d’adresse… cette histoire continuera de revenir frapper à la porte du Centre Bell.
À suivre…
