Dans le milieu du hockey, les agents et les DG utilisent constamment les médias pour envoyer des messages. Si l’information est sortie que Montréal aurait offert 2 ans, environ 10 M$ à Anthony Mantha, ce n’est probablement pas un hasard.
Clairement, c'est le Canadien de Montréal qui a laissé couler l'information.
Anthony Mantha se retrouve maintenant sous les projecteurs.
Depuis hier, l’existence d’une offre de deux ans du Canadien circule un peu partout. Dans la LNH, ce genre d’information ne sort pratiquement jamais par accident.
Les négociations demeurent normalement confidentielles. Lorsqu’un détail aussi précis se retrouve dans la sphère publique, plusieurs se demandent toujours à qui profite cette fuite.
Si cette information provient du Canadien, le message est extrêmement habile. Kent Hughes place maintenant toute la pression sur Anthony Mantha.
Le directeur général peut dire aux partisans :
« Nous avons fait notre travail. Nous avons présenté une offre sérieuse. » À partir de maintenant, c’est le joueur qui doit décider.
Et cette décision devient beaucoup plus délicate qu’une simple question d’argent. Mantha a déjà encaissé près de 38 millions de dollars américains au cours de sa carrière.
Personne ne remet en question son droit de vouloir maximiser son prochain contrat. Mais le contexte change complètement lorsqu’une offre du Canadien devient publique.
Il ne s’agit plus seulement de quatre ans contre deux ans. Il s’agit aussi de savoir si un joueur québécois est prêt à tourner le dos à l’occasion de porter le chandail du Canadien pour quelques saisons supplémentaires garanties ailleurs.
Montréal peut lui offrir bien plus qu’un salaire. Le Canadien peut lui offrir une place dans un véritable top-6, possiblement aux côtés d’Ivan Demidov et Alex Newhook au centre.
On parle d’un rôle offensif, de temps sur la 2e unité d'avantage numérique et d’une équipe qui est en pleine ascension. Pour un ailier qui cherche à relancer sa carrière sur une scène aussi prestigieuse que Montréal, la vitrine est exceptionnelle.
C’est précisément ce qui augmente la pression. Si Anthony Mantha refuse cette offre et qu’aucun contrat de quatre ans ne se matérialise ailleurs, la question reviendra inévitablement : a-t-il laissé passer l’occasion de sa carrière de jouer pour le Canadien de Montréal?
Parce qu’au-delà des millions de dollars, il y a des occasions qui ne reviennent qu’une seule fois. Et celle-ci... est la chance d'une vie pour un petit Québécois de Longueuil.
Mais attention.
Il y a aussi une dimension beaucoup plus personnelle dans ce dossier. Anthony Mantha n’est plus le jeune joueur célibataire qui quittait Longueuil pour réaliser son rêve de la LNH.
Aujourd’hui, il est marié à une Américaine, qu’il a rencontrée durant son passage avec les Red Wings de Detroit, et le couple élève trois jeunes enfants.
Toute leur vie familiale s’est construite aux États-Unis. Est-ce que cette réalité pèse dans la balance au moment de choisir sa prochaine destination? Impossible de l’affirmer. Mais c’est certainement un facteur que plusieurs joueurs prennent en considération lorsqu’arrive le moment de choisir entre un retour au Québec et la stabilité que leur offre leur environnement actuel.
C’est aussi ce qui rend la décision d’Anthony Mantha aussi controversée. D’un côté, il poursuit toujours son objectif d’obtenir un contrat de quatre ans à un salaire de 5 à 6 millions de dollars par saison. De l’autre, il y a le Canadien de Montréal, qui lui offrirait l’occasion de revenir jouer devant les siens, dans un rôle offensif important, au sein de l'équipe de son enfance.
Depuis que cette information circule, le contexte a complètement changé pour Anthony Mantha. Ce qui devait demeurer une négociation privée est devenu un débat public.
Et c’est là que la pression commence réellement. Parce qu’à partir du moment où cette offre devient connue, ce ne sont plus seulement les dirigeants de la LNH qui observent le dossier.
Ce sont aussi les partisans québécois. Sur les réseaux sociaux, plusieurs se demandent pourquoi un joueur originaire de Longueuil est en train de privilégier le "cash" à la chance de jouer près de chez lui dans l'équipe de l'heure dans la LNH.
Une telle occasion n’est pas offerte à tous les joueurs, encore moins à un Québécois qui aurait la possibilité de porter le chandail du Canadien au moment où l’équipe semble enfin prête à franchir une nouvelle étape.
Kent Hughes, lui, n’a aucune raison de modifier son approche. Son offre aurait été déposée. Elle est maintenant connue de tout le monde.
À Mantha de revenir à la maison...
