Retraite forcée: RDS montre la porte de sortie à Gaston Therrien

Retraite forcée: RDS montre la porte de sortie à Gaston Therrien

Par David Garel le 2026-04-23

On nous prend vraiment pour des imbéciles. À un moment donné, il faut arrêter de jouer à ce jeu-là.

Tout le monde voit ce qui se passe à RDS. Tout le monde le sent. Et surtout, tout le monde savait déjà depuis des mois que Gaston Therrien vivait sa dernière saison au Réseau des sports.

Dans le milieu, ça circulait depuis longtemps. On le voyait de moins en moins. Son temps d’antenne diminuait. Ses apparitions devenaient plus espacées.

Son rôle semblait tranquillement réduit. Et là, soudainement, on nous annonce une “retraite” soigneusement emballée dans un carton de mensonges, comme si personne n’était capable de lire entre les lignes. Voyons donc.

Le malaise devient impossible à ignorer. Il est clair que c'est un renvoi camouflé et non une véritable retraite planifiée et célébrée.

Normalement, quand une personnalité aussi présente pendant 26 ans quitte un réseau, on prépare quelque chose de grand. On étire les hommages. On lui donne quelques semaines pour saluer le public. (ou une année comme Michel Bergeron à TVA Sports). On construit une transition.

Mais là? Bang. Un communiqué froid. Une annonce soudaine. Et surtout cette phrase extrêmement révélatrice : « Gaston participera une dernière fois au 5 à 7 et à L’Antichambre le jeudi 23 avril. »

Donc on annonce sa retraite… et la journée même, c’est déjà terminé? Rideau. Merci, bonsoir. RDS voulait surtout tourner la page le plus rapidement possible. Comme si la décision était déjà prise depuis longtemps en coulisses et qu’il fallait maintenant officialiser ça proprement, sans utiliser le mot “congédiement”.

On protège l’image du réseau. On protège la dignité de l’employé. On évite le scandale public.

Ouch. Ce n’est pas juste l’histoire d’un analyste qui décide qu’après 26 ans, “c’est le temps”.

C’est l’histoire d’un réseau en crise financière profonde, qui coupe partout où il peut couper, qui perd des abonnés, qui perd de l’argent, qui panique face à l’avenir, et qui tente de moderniser son image en silence.

RDS a perdu plus de 20 millions de dollars avant impôts en 2024. Avec RDS Info, on parle d’une perte combinée de près de 28 millions.

Les revenus ont encore plus chuté en 2025. Le nombre d’abonnés est en chute libre.

Pendant ce temps, les coûts des droits sportifs explosent. Les fameux matchs du Canadien, qui représentaient autrefois la machine à imprimer de l’argent de RDS, sont devenus un fardeau colossal.

On parle d’un modèle où chaque match régional du CH coûte environ 500 000 dollars de plus qu’il ne rapporte. Et malgré ça, ils continuent, parce qu’ils savent qu’abandonner le Canadien, ce serait pratiquement abandonner leur identité.

Mais dans un contexte pareil, les salaires des grosses personnalités deviennent des cibles naturelles. Et c’est là que plusieurs comprennent ce qui arrive réellement.

Les départs d’Alain Crête, de Michel Y. Lacroix, et maintenant celui de Gaston Therrien, ce n’est pas juste une coïncidence générationnelle.

Ce sont des congédiements déguisés. Une façon polie de faire de la place, de réduire les coûts, et de transformer l’image de la station sans provoquer un scandale public.

Parce qu’on sait très bien comment ça fonctionne dans les médias : on ne “congédie” pas les figures historiques. On leur offre une sortie élégante. Un hommage. Un communiqué rempli d’éloges. Une dernière émission émotive. Puis on tourne la page discrètement.

Et dans le cas de Gaston Therrien, le contexte était devenu explosif. Le public était épuisé. Ses interventions à L’Antichambre suscitaient des réactions extrêmement négatives presque chaque semaine.

Les jeunes partisans ne se reconnaissaient plus dans son discours. Ses critiques répétitives contre Ivan Demidov, Lane Hutson et Arber Xheka étaient devenues une caricature du hockey d’une autre époque. Toujours les mêmes reproches.

Toujours la même approche old school. Toujours cette impression qu’il regardait le hockey moderne avec mépris. Et les réseaux sociaux se déchaînaient constamment contre lui. Ce n’étaient plus quelques commentaires isolés. C’était devenu un bruit de fond permanent autour de RDS.

Le problème pour RDS, c’est que la station tente désespérément de retenir un public plus jeune alors que toute son image repose encore sur des figures associées à une autre génération.

Les jeunes désertent le câble. Les plateformes numériques gagnent du terrain. Amazon, Apple et les géants du streaming sont en train de transformer complètement la consommation sportive.

Même la LNH pousse de plus en plus vers le numérique. Et pendant ce temps, RDS essaie encore de survivre avec une formule qui date d’une autre époque. Alors oui, à un moment donné, des changements deviennent inévitables.

Ce qui rend toute cette situation encore plus lourde, c’est que personne ne croit vraiment au récit officiel. Quand une personnalité disparaît graduellement des ondes, quand son temps d’antenne diminue pendant des mois, quand les rumeurs circulent partout dans le milieu, quand les finances du réseau sont catastrophiques, puis qu’on annonce soudainement une retraite “volontaire”, les gens ne sont pas naïfs.

Surtout dans le contexte actuel où Bell semble tranquillement se désengager du sport. Les rumeurs de vente de RDS reviennent constamment. Les droits régionaux du Canadien diminuent déjà, passant de 60 matchs à 45 dans la prochaine entente.

Et à l’intérieur même de Bell, plusieurs voient maintenant les chaînes sportives comme des actifs problématiques plutôt que des joyaux.

Le plus ironique dans tout ça, c’est que Gaston Therrien devient presque le symbole de la crise actuelle de RDS.

Un homme associé pendant plus de deux décennies à la station, devenu malgré lui le visage d’un modèle qui s’essouffle.

Une télévision sportive traditionnelle qui vieillit, qui perd ses abonnés, qui peine à connecter avec la nouvelle génération, et qui doit maintenant faire des choix brutaux pour survivre.

Alors oui, officiellement, Gaston Therrien “prend sa retraite”. Mais sérieusement… qui croit encore que c’est sa décision?

Un congédiement déguisé et non assumé... ça pue au nez...