Réputation entachée: l'agent d'Alexandre Texier interpelle son ancien coach

Réputation entachée: l'agent d'Alexandre Texier interpelle son ancien coach

Par David Garel le 2026-04-30

Pendant une bonne partie de la saison, Alexandre Texier traînait encore cette réputation toxique construite à St-Louis.

Une réputation de joueur trop soft, trop effacé, pas assez prêt à « payer le prix ». Son ancien coach Jim Montgomery a tout fait pour salir sa réputation.

Il le nommeait directement après chaque match.

Il parlait d'un joueur qui « reste en périphérie », qui « ne vont pas dans les coins », qui « refusent le contact », qui « doivent comprendre ce qu’il faut pour gagner dans la LNH ».

À Saint-Louis, plusieurs avaient compris très vite que le Français était devenu l’exemple parfait du joueur qui frustrait son entraîneur.

Et honnêtement, ça dépassait parfois le simple hockey.

Parce qu’à force de répéter publiquement qu’un joueur n’était pas assez engagé, pas assez dur, pas assez impliqué physiquement, tu finis par lui coller une étiquette presque impossible à enlever.

Texier n’était plus seulement évalué sur ses matchs. Il était devenu “le joueur de parc”. Le gars spectaculaire à l’entraînement. Le gars des belles mains en fusillade. Le gars capable de faire lever le monde dans une pratique ouverte… mais qu’on accusait de disparaître quand la game devenait sale et intense.

C’est exactement cette réputation que Montgomery a laissée derrière lui.

Et aujourd’hui, la revanche est brutale.

Parce que pendant que Montgomery essayait presque de convaincre tout le monde que Texier ne pouvait pas aider un vrai club aspirant aux grands honneurs, voilà qu’il devient l’un des héros inattendus des Canadiens de Montréal en séries éliminatoires.

Hier encore, avec Kirby Dach et Zachary Bolduc, il a été au cœur d’une victoire énorme contre le Lightning.

Ce trio joue actuellement avec une énergie et une efficacité que personne n’avait vues venir. Dach protège la rondelle, Bolduc amène l’intensité et Texier, lui, trouve les espaces, exécute les jeux et produit dans les moments importants.

Et son agent, Dan Milstein, n’a clairement pas oublié tout ce qui s’est dit sur son client.

Son message sur X ressemblait pratiquement à une vengeance publique envers toute la ligue, mais surtout envers ceux qui avaient détruit la réputation du Français :

« Tous les dirigeantsde la LNH l’ont ignoré deux fois au ballottage. Maintenant, ils le regardent marquer en séries. Les séances vidéo seront difficiles demain. »

Le message était violent.

Parce que Milstein ne parlait pas seulement des DG. Il parlait aussi de tous ceux qui avaient réduit Texier à une caricature de joueur mou incapable de survivre au hockey de printemps. Clairement, il s'adressait directement à Montgomert.

Il parlait d’un joueur qu’on avait pratiquement jeté aux poubelles à Saint-Louis. D’un gars dont la confiance avait été détruite publiquement. D’un joueur qui semblait condamné à devenir un éternel talent incomplet.

Et pourtant, le voilà aujourd’hui sous les projecteurs du Centre Bell.

Toutes les critiques de Montgomery étaient fausses. Il a voulu détruire la carrière de son joueur au lieu de l'aider.

Texier restera probablement toujours un joueur qui doit être poussé, encadré et protégé mentalement. Il ne deviendra jamais un bulldozer comme Tom Wilson. Ce n’est pas son identité.

Mais le hockey vient aussi de rappeler quelque chose d’important : parfois, un entraîneur peut tellement vouloir changer un joueur qu’il finit par le casser au lieu de le comprendre.

Et en ce moment, chaque présence d’Alexandre Texier en séries ressemble un peu à une revanche tardive envoyée directement dans les dents de Jim Montgomery.

Cette histoire nous donne froid dans le dos au final.

Jim Montgomery devrait avoir honte humainement. Parce qu’on parle d’un entraîneur qui connaît lui-même les combats personnels, la pression psychologique et les moments où une personne a besoin d’aide, de compréhension et d’un nouveau départ.

Montgomery a déjà quitté la LNH dans des circonstances extrêmement difficiles (quand il était coach des Stars de Dallas) pour aller régler ses problèmes de boisson avant de rebâtir sa carrière.

C’est pour ça que plusieurs ont trouvé sa gestion d’Alexandre Texier particulièrement inacceptable à Saint-Louis. On avait parfois l’impression qu’au lieu d’essayer de reconstruire la confiance d’un joueur reconnu pour être plus introverti et sensible, on cherchait constamment à le durcir publiquement.

À force de répéter qu’il devait « payer le prix », Texier est devenu l’étiquette parfaite du joueur lâche dans l’esprit des partisans.

Tout le monde réclame une deuxième chance… jusqu’au moment où c’est un joueur plus fragile, plus sensible ou moins conventionnel qui en a besoin.

Jim Montgomery connaît pourtant mieux que presque n’importe qui la valeur d’un nouveau départ. Il sait ce que ça veut dire tomber, être jugé, devoir se reconstruire publiquement et retrouver sa place dans la LNH.

Au lieu de le sauver, il a voulu le casser pour le transformer en quelqu’un qu’il ne sera jamais.

Une deuxième chance n’a de valeur que si on accepte que les humains ne se reconstruisent pas tous de la même façon.

Amen.