Le ton de Jon Cooper a complètement changé.
Depuis le début de cette série entre le Lightning de Tampa Bay et les Canadiens de Montréal, on voyait un entraîneur arrogant, confiant, presque moqueur par moments.
Les petits sourires. Les commentaires calculés. Les plaintes constantes aux arbitres. L’attitude d’un gars convaincu que son équipe finirait par écraser un jeune groupe montréalais tôt ou tard.
Mais tout ça semble avoir disparu d’un seul coup.
Après la défaite dans le cinquième match, Cooper avait l’air d’un homme vidé. Plus de sourire en coin. Plus de confiance débordante. Plus de ton supérieur.
On sent maintenant un entraîneur qui comprend très bien qu’une autre élimination au premier tour pourrait tout faire exploser à Tampa Bay.
Ses réponses commencent à ressembler à celles d’un homme qui sent le sol bouger sous ses pieds.
“On n’est pas dans une situation idéale, mais on n’est pas encore éliminés.” a-t-il affirmé avant de prendre l'avion pour Montréal.
Ça ne sonnait pas comme un cri de guerre. Ça sonnait comme un gars qui essaie surtout de se convaincre lui-même.
Puis quand on lui a demandé s’il pensait déjà aux conséquences d’une élimination, Cooper n’a même pas tenté de projeter de la confiance :
“On répondra à cette question si on se fait éliminer. Mais ce n’est pas encore le cas.”
Encore une fois, aucune arrogance. Aucun défi lancé au Canadien. Aucun “on va revenir plus forts”. Rien.
Même les journalistes présents l’ont senti immédiatement : Cooper était beaucoup moins jovial qu’à son habitude.
Et comment ne pas comprendre pourquoi?
Quatre éliminations consécutives en première ronde avec ce noyau-là seraient une catastrophe monumentale pour l’organisation.
On parle d’une équipe qui a participé à trois finales de suite entre 2020 et 2022, avec deux conquêtes de la Coupe Stanley, Nikita Kucherov, Brayden Point et Andrei Vasilevskiy en pleine fenêtre de domination.
Aujourd’hui, cette même équipe est au bord du gouffre contre une formation montréalaise supposément trop jeune, trop inexpérimentée et pas encore prête.
Le pire pour Cooper, à part de se faire outcoacher par Martin St-Louis, c’est probablement que même son vestiaire commence à envoyer des signaux étranges.
Quand Brandon Hagel déclare :
“Lorsque le sixième match sera terminé, on en apprendra beaucoup sur chacun de nous.”
Ça ne ressemble pas à un groupe serein. Ça ressemble à une équipe qui doute d’elle-même.
Même Hagel a pratiquement admis que l’effort du Lightning dans le match numéro cinq était inacceptable :
“On n’a pas exécuté notre plan de match.”
“C’était l’occasion de prendre les devants dans la série et on n’a pas fourni un effort de 60 minutes.”
Et pendant ce temps, Kucherov passe ses matchs à chialer après les arbitres, lancer des regards noirs à ses coéquipiers et traîner les patins avec un langage corporel catastrophique.
Le karma frappe fort présentement à Tampa Bay.
Depuis deux semaines, Cooper agissait comme s’il contrôlait toute la série. Il travaillait les arbitres. Il criait après les officiels. Il jouait au psychologue avec les médias. Il avait l’air d’un homme totalement en contrôle.
Aujourd’hui?
On voit un entraîneur nerveux. Crispé. Presque résigné par moments.
Comme s'il savait qu'il allait être congédié.
Et honnêtement, s’il se fait éliminer vendredi au Centre Bell, avec une quatrième sortie consécutive dès le premier tour, il devient impossible d’écarter complètement l’idée qu'il prenne la porte de sortie.
Même lui commence à avoir l’air d’un gars qui le sait.
D'un petit baveux à un gars déprimé qui va perdre sa job.
Karma is a b....
