William Carrier a le droit de jouer robuste, de frapper et d’essayer d’épuiser Lane Hutson. C’est les séries éliminatoires. Personne ne va lui reprocher d’être physique.
Mais il y a une différence entre jouer dur et avoir l’air étrangement fier de frapper un jeune défenseur de 21 ans à répétition, surtout quand tu commences à rire en parlant de coups portés à la tête.
Comme on dit en bon québécois... ark...
Lorsque Carrier lance, sourire en coin, pratiquement en train de rire, que “ça fait plus mal quand tu les donnes que quand tu les reçois”, en parlant de son coup de coude à la tête Lane Hutson, il y a quelque chose qui sonne terriblement malaisant.
@habsolument.fan William Carrier n’a pas été puni pour ce coup de coude dans la tête de Lane Hutson… 😬
♬ son original - HABSolument Fan
Peut-être que c’était une blague. Peut-être qu’il essayait juste d’être drôle devant les médias. Mais dans le contexte actuel, après des contacts discutables, après un coup qui a fait énormément réagir, ça manque sérieusement de classe.
Depuis le début de cette finale de l’Est, Carrier semble avoir une mission personnelle : transformer chaque présence contre Hutson en test physique.
En seulement 14 minutes de jeu face au jeune défenseur des Canadiens de Montréal, il l’a frappé cinq fois. Le tiers de toutes ses mises en échec dans la série ont été réservées au même joueur.
Personne n’est naïf. Oui, c’est une stratégie.
Lane Hutson joue énormément. Il transporte la rondelle. Il dicte le tempo. Quand un joueur comme lui passe parfois près de 30 minutes sur la glace, évidemment que l’adversaire veut lui faire payer chaque présence.
Carrier l’a lui-même admis sans détour : ralentir les meilleurs joueurs, leur enlever du temps et du jus, c’est le plan.
Sur papier, ça se défend.
Mais dans la manière de le raconter, dans la façon de presque célébrer ça devant les caméras, il y a quelque chose de profondément étrange.
À quel moment un vétéran de 31 ans trouve ça drôle de pratiquement se vanter de frapper à la tête un jeune joueur qui essaie simplement de survivre à sa première grosse aventure printanière?
À quel moment ça devient un moment de comédie?
Imaginez une seconde si les rôles étaient inversés. Imaginez un joueur des Canadiens de Montréal qui rigole publiquement après avoir multiplié les contacts lourds à la tête de Sebastian Aho ou Seth Jarvis, avec un petit commentaire du genre :
“C’est mieux d’en donner que d’en recevoir.” On entendrait immédiatement parler d’arrogance, de manque de respect, de tentative d’intimidation déplacée.
Mais ici, on dirait qu’on devrait trouver ça drôle.
Non, une coup à la tête, ce n'est pas drôle.
C’est surtout inacceptable d'en rire.
Au fond, qu’est-ce que Carrier essaie exactement de projeter? Qu’il est fier de frapper à la tête?
Fier d’avoir ciblé Hutson en "jumpant les patins en l'air"?
Fier de voir un plus petit joueur encaisser des coups salauds, des genou à genou, des coups de coude en plein visage?
Ça devient une drôle d’image à envoyer, surtout dans une ligue où on essaie constamment de protéger davantage les joueurs vulnérables.
Encore une fois, qu’il joue robuste, parfait. C’est son identité. Personne ne lui demande de devenir un joueur finesse du jour au lendemain. Avec ses dizaines de mises en échec en séries, il fait ce qu’il est payé pour faire.
Mais rire comme si c’était presque amusant de commotionner une vedette de la LNH? Là, on tombe vraiment dans une scène qui lève le coeur.
La série n’est pas terminée.
Lane Hutson est encore debout.
Les Canadiens de Montréal sont encore là.
Et parfois, dans le hockey, les commentaires qui vieillissent le plus mal sont justement ceux prononcés avec un petit sourire méprisanr avant qu’une série tourne complètement.
Au bout du compte, personne ne remet en question l’échec-avant agressif de la Caroline. Leur quatrième trio fait mal, marque des buts et impose son rythme. Là-dessus, crédit où crédit est dû.
Mais il existe une ligne mince entre la robustesse assumée et le manque de classe.
William Carrier devra aller prendre des cours de savoir-vivre... et de dignité...
