Plan B de Kent Hughes: Boone Jenner la solution d’urgence à Montréal

Plan B de Kent Hughes: Boone Jenner la solution d’urgence à Montréal

André Soueidan
Le 2026-06-30

Quelque chose nous dit que Kent Hughes espère fortement ne jamais avoir à composer ce numéro.

À quelques heures de l’ouverture du marché des joueurs autonomes, le directeur général du Canadien a déjà envoyé un message majeur à toute la Ligue nationale en se départissant de Brendan Gallagher et en libérant un espace salarial considérable.

Ce n’était pas une décision prise pour le plaisir de faire de la comptabilité… Montréal prépare une attaque. Le problème, c’est qu’en cette période de l’année, les plans tombent vite à l’eau.

Et quand les grosses cibles disparaissent une à une, il faut parfois se rabattre sur une solution qu’on n’avait pas envie de considérer au départ.

Boone Jenner représente exactement ce scénario.

Soyons francs… après le parcours surprise du Canadien en séries éliminatoires, après avoir vu cette jeune équipe tenir tête à des formations beaucoup plus expérimentées, après une saison où Nick Suzuki a définitivement imposé son leadership et où Lane Hutson a prouvé qu’il pouvait déjà changer l’identité d’une brigade défensive à lui seul, personne à Montréal n’a envie de voir Kent Hughes conclure l’été avec Boone Jenner comme acquisition principale.

Ce serait un plan B.

Peut-être même un plan C.

Depuis des mois, le Canadien cherche exactement la même chose.

Un deuxième centre capable de venir soutenir Suzuki, capable de jouer immédiatement dans le top-6, capable surtout d’acheter du temps à l’organisation pendant que Michael Hage poursuit tranquillement son développement universitaire au Michigan.

Personne chez le Canadien ne veut brûler les étapes avec l’un des meilleurs espoirs de l’organisation.

Sauf que si Hage retourne une autre saison dans la NCAA, Montréal aura besoin d’aide tout de suite.

C’est ici que Boone Jenner devient une option.

Le vétéran de 33 ans n’a jamais été une superstar.

On ne parle pas d’un joueur capable de te produire 80 points ou de changer le visage offensif d’un premier trio.

Pourtant, depuis son arrivée dans la Ligue nationale, Jenner a toujours été ce type de joueur que les entraîneurs adorent avoir dans leur alignement.

Robuste.

Responsable.

Fiable défensivement.

Capable de jouer dans toutes les situations.

Puis surtout… capable d’accepter un rôle difficile sans faire de bruit.

Ses statistiques racontent quand même une carrière plus solide que plusieurs peuvent l’imaginer.

En 808 matchs dans la LNH, Jenner a inscrit 212 buts et récolté 421 points en portant pendant plus d’une décennie l’organisation dysfonctionnelle des Blue Jackets de Columbus sur ses épaules.

Même cette saison, malgré plusieurs blessures qui commencent à laisser des traces, il a tout de même produit 38 points en 67 rencontres.

Le parallèle avec Sean Monahan vient naturellement.

Quand Kent Hughes avait amené Monahan à Montréal, plusieurs voyaient un joueur usé physiquement, un pari à court terme, un vétéran en quête d’un dernier souffle.

Finalement, l’expérience avait fonctionné bien au-delà des attentes.

La différence, cette fois, saute immédiatement aux yeux.

Sean Monahan arrivait dans un Canadien qui reconstruisait.

Aujourd’hui, Montréal veut gagner.

Le Canadien n’est plus cette équipe sympathique qui collectionne les choix au repêchage.

Cette reconstruction a pratiquement atteint sa destination.

Le vestiaire commence tranquillement à croire qu’il peut aspirer à beaucoup plus qu’une simple participation aux séries.

Signer Boone Jenner maintenant donnerait donc une impression assez étrange.

Comme si le grand plan de Kent Hughes n’avait pas fonctionné.

Comme si certaines cibles prioritaires avaient refusé Montréal.

Comme si le directeur général devait improviser en urgence.

On comprend facilement pourquoi des noms plus ambitieux circulent partout depuis quelques jours.

Un défenseur droitier établi. Un deuxième centre plus dynamique. Un joueur capable d’accélérer immédiatement la progression du groupe.

Mais si le marché devient trop cher… si les téléphones arrêtent de répondre… si les options disparaissent…

Boone Jenner deviendra soudainement beaucoup plus réaliste.

Et honnêtement…

Si Montréal en arrive à cette solution, ça voudra surtout dire que Kent Hughes n’aura pas obtenu ce qu’il voulait vraiment.

Ouch…