Depuis le début des séries, les Canadiens de Montréal vivent avec la même étiquette collée dans le front. Les négligés. Les outsiders. Le petit club trop jeune qui va finir par frapper un mur.
Les Hurricanes de la Caroline étaient supposés être ce mur.
Premiers dans l’Est. Reposés depuis 11 jours. Une équipe décrite partout comme un modèle de structure, d’intensité et d’exécution. De La Presse à ESPN, presque tout le monde voyait les Hurricanes passer sans trop de difficulté.
Et pourtant.
Les Canadiens de Montréal sont débarqués à Raleigh et ont complètement renversé le scénario avec une victoire de 6-2 qui ressemblait davantage à une déclaration qu’à un simple gain sur la route.
Après deux séries où ils ont dû constamment prouver qu’ils méritaient d’être là, on commence à sentir quelque chose changer dans le discours du vestiaire : ce groupe est tanné qu’on continue de le regarder de haut.
Kent Hughes l’avait pratiquement laissé entendre avant même le début de la série.
“Avant la série contre Tampa, un gars de statistiques nous avait donné 21 % de chances de gagner, et Tampa avait 19 % de chances de gagner en quatre. Ça fait deux séries qu’on est les négligés.”
Le vestiaire est tanné.
Ils voient les prédictions.
Ils voient les experts les enterrer.
Et surtout, ils commencent sérieusement à en avoir assez.
Nick Suzuki n’a même plus essayé de jouer au faux modeste après le match.
“On sent qu’on est une des meilleures équipes de la ligue et on l’a montré. On a battu de bonnes équipes.”
Pendant des années, les Canadiens de Montréal parlaient de reconstruction, de progression, de patience. Aujourd’hui, le capitaine parle comme une équipe qui se voit réellement parmi l’élite.
Et Suzuki a complètement rejeté le statut de négligés. Il l’a presque tourné en défi.
“On a été l’équipe la moins bien classée dans chaque série. On a fini dans le top 8 de la ligue et on a affronté trois des cinq meilleures équipes jusqu’ici. J’imagine que ça fait de nous les négligés.”
“On ne porte pas vraiment attention à ce statut, mais si des gens veulent douter de nous, libre à eux.”
Le capitaine ne niaise pas.
Continuez à douter.
Continuez à nous enterrer.
Mais ne faites plus semblant d’être surpris quand on gagne.
Ce groupe- commence à développer quelque chose de très dangereux. La mentalité de nous contre le monde entier.
Et Phillip Danault a probablement livré la phrase la plus cinglante de toutes.
“Nous, on ne se sent pas comme les négligés. On sait qu'on est jeunes, mais on ne joue pas comme des jeunes”
Boom.
Les Canadiens de Montréal n’acceptent plus cette étiquette.
Et Danault est allé encore plus loin.
“On sait qu’on est jeunes, mais on ne joue pas comme des jeunes.”
Oui, le noyau est jeune.
Mais ce club ne joue pas comme un groupe émerveillé d’être encore en vie au troisième tour.
Il joue avec confiance... même avec arrogance...
Après seulement 33 secondes, les Hurricanes frappaient déjà et prenaient les devants. Dans un amphithéâtre complètement survolté, plusieurs voyaient déjà la Caroline imposer sa domination.
Puis le Canadien a répondu avec une violence sportive presque choquante.
