Parfois dans la vie, il faut des idées complètement folles, celles qui semblent impossibles au départ… jusqu’à ce qu’un passionné décide qu’il va les faire pareil.
Een ce moment, au Québec, il y a un homme qui est en train de tenter exactement ça.
Son nom : Dany Gagnon.
Le patron de Chrono Aviation lance ce qui pourrait devenir l’un des plus grands mouvements spontanés de partisans des Canadiens de Montréal des dernières années : un Boeing 737 rempli de fans du CH pour aller envahir Raleigh, en pleine finale de l’Association de l’Est.
Cent quatre-vingt-neuf sièges.
Un aller-retour express vers la Caroline du Nord pour le match numéro deux contre les Hurricanes.
Et le plus fou dans toute cette histoire?
Ça a commencé presque comme une blague.
“Tout le monde m’a dit que j’étais fou”, raconte Dany Gagnon.
L’idée est née sur un coin de table. Depuis plusieurs jours, Chrono Aviation recevait des demandes de partisans qui rêvaient de suivre les Canadiens de Montréal sur la route, surtout après l’engouement complètement explosif de la série contre les Sabres de Buffalo.
Mais plus un avion est petit, plus le prix grimpe rapidement.
Alors Gagnon a vu plus grand.
“Sur un coin de table, j’ai dit : “Bien, on a un Boeing 737. Pourquoi ne pas essayer de remplir 189 sièges?””
Au début, ça ressemblait à un pari complètement déraisonnable.
Puis tout s’est mis à accélérer.
Une fois les billets obtenus, il n’y avait plus de retour en arrière.
“Ben là, on a un avion, on a les billets, on le fait.”
Et voilà qu’aujourd’hui, le projet vient de prendre une ampleur encore plus grande.
La grosse nouvelle du jour, celle qui change complètement la donne, c’est que le voyage ne partira plus seulement de Québec.
Montréal embarque officiellement dans l’aventure.
À la dernière minute, Chrono Aviation a ajouté un départ directement de l’aéroport de Saint-Hubert, une décision prise parce que l’engouement montréalais était trop fort pour être ignoré.
“C’est tout à fait logique et je suis sûr qu’il y a des gens de Montréal qui peuvent être intéressés par ce projet”, explique Gagnon.
Le plan est presque irréel quand on y pense.
Départ de Saint-Hubert vers midi.
Stationnement facile à 12 $.
Une courte escale à Québec pour récupérer les autres partisans.
Puis direction Raleigh.
“Genre 13 h 30, on est partis.”
Après le match?
Aucun hôtel. Aucun détour. Aucun long séjour.
On repart directement après la rencontre.
Décollage vers minuit environ, selon la fin du match.
Passage aux douanes à Québec.
Les passagers québécois débarquent.
Puis redécollage immédiat vers Montréal.
“Le vol entre Québec et Montréal est environ 22 minutes”, précise Gagnon.
Autrement dit : tu peux assister à un match de finale d’association du Canadien… et être de retour à Montréal vers 3 h du matin.
C’est complètement fou.
Et en même temps, complètement génial.
Le forfait est offert à 1949 $ taxes incluses, avec le billet d’avion aller-retour, le billet pour le match numéro deux et même l’autobus entre l’aéroport de Raleigh et l’aréna des Hurricanes.
Mais au-delà du prix ou de la logistique, ce qui frappe dans ce projet, c’est surtout le symbole.
Parce que Dany Gagnon ne parle plus seulement d’un voyage.
Il parle pratiquement d’un mouvement.
“Ce n’est plus juste un trip, c’est un appel à la nation et à notre fierté d’aller afficher nos couleurs à Raleigh.”
Comme une mission de transformer Raleigh en mini Centre Bell.
De montrer aux Hurricanes que les partisans des Canadiens de Montréal ne voyagent pas seulement bien…
Ils envahissent.
Reste maintenant une énorme question.
Parce qu’à midi aujourd’hui, Dany Gagnon devra prendre sa décision finale.
Pour que l’aventure ait lieu, il lui faut au moins 170 passagers confirmés sur les 189 sièges disponibles.
“Je dois avoir au moins 170 passagers confirmés pour me permettre d’aller de l’avant, bien que je perdrais quelques milliers de dollars.”
Même avec un avion rempli, il risque d’y perdre de l’argent.
Pourquoi le faire alors?
Parce qu’il croit à cette équipe.
“Ce serait dommage parce que nous avons tellement une belle équipe. Une des meilleures qu’on a vues depuis plusieurs années.”
Ça résume probablement tout.
À quelque part entre la passion, la folie et la fierté québécoise, Dany Gagnon tente quelque chose d’unique.
Et si ça fonctionne?
Raleigh risque d’avoir une très mauvaise surprise samedi soir.
