Zachary Bolduc et Pat Brisson se sont fait avoir : un journaliste dévoile les coulisses des négociations avec Kent Hughes et le dossier est inacceptable pour l’agent.
Le Canadien de Montréal vient de démontrer une fois de plus qu’il ne négocie pas comme les autres équipes et surtout, qu’il est prêt à laisser un joueur se placer lui-même dans une situation horriblement inconfortable avant de bouger.
Pendant des semaines, Bolduc et son agent Pat Brisson ont tenté de faire monter les enchères. Le joueur voulait obtenir un contrat beaucoup plus important, avec une durée et un salaire qui auraient confirmé que le Canadien le considérait déjà comme une pièce majeure de son attaque.
Finalement? Quatre ans à 4,2 millions de dollars. Et selon l’analyse de Marco D’Amico, journaliste pour RG Média, la signature de Chris Kreider aurait joué un rôle déterminant dans la conclusion rapide du dossier.
D’Amico l’explique très clairement : imaginez manquer le bateau pendant que Chris Kreider vient tout juste d’être signé et que, soudainement, vous vous retrouvez à commencer la saison comme 13e attaquant, sans possibilité de se faire justice au camp d’entraînement.
Cette situation a forcément poussé les discussions vers une conclusion, puisque Bolduc voulait pouvoir arriver au camp, se battre pour sa place dans la hiérarchie et éviter de se perdre dans le mélange en faisant la grève. (voir la réaction de Pat Brisson après la déclaration du journaliste)

Le contrat non signé pouvait directement commencer à nuire à sa carrière.
Voilà le coup de génie de Kent Hughes… ou plutôt le coup “chien”.
Le Canadien compte maintenant 13 attaquants établis dans la LNH. Bolduc vient donc de signer son contrat au moment où la concurrence est devenue beaucoup plus féroce. Il n’est plus question de simplement négocier son salaire dans le vide. Il faut maintenant regarder l’alignement et se demander où il va jouer.
La saison dernière, Bolduc a récolté 30 points en 78 matchs, avec 12 buts et 18 passes, avant d’ajouter sept points en 19 rencontres en séries.
Il a même connu de bons moments en séries, alors que son intensité et son jeu physique ressortaient davantage. Mais son rôle a énormément fluctué pendant la saison. Il a obtenu une audition sur le premier trio et sur la première vague de l’avantage numérique avant de redescendre dans la formation.
Il a même été laissé de côté à quatre reprises. Son temps de glace moyen de 13 minutes et 38 secondes figurait parmi les plus faibles chez les attaquants réguliers du Canadien, après Joe Veleno et Brendan Gallagher, qui ont débarrassé le plancher.
Jeff Gorton lui aurait même dit en pleine négociation : « Pour l’instant, tu es notre 13e attaquant. »
Ouch.
Pat Brisson s’est fait enfermer dans un piège… comme un junior…
Et le plus drôle, c’est que Kent Hughes et Jeff Gorton pourraient maintenant utiliser exactement la même recette avec Arber Xhekaj.
Le Canadien sait quelque chose de très important : l’organisation n’a pas besoin de lui pour commencer à préparer sa saison.
C’est froid.
C’est calculé.
C’est la technique du requin.
Et si Xhekaj décide de pousser trop loin, Hughes peut simplement continuer à avancer. Il peut préparer son groupe. Il peut regarder Jayden Struble. Il peut regarder David Reinbacher. Il peut regarder les autres défenseurs disponibles. Et pendant que Xhekaj attend, la compétition pour les postes se poursuit sans lui.
C’est exactement ce qui vient d’arriver à Bolduc.
Le Québécois voulait se battre pour son poste dans la hiérarchie. Très bien. Mais pour se battre, il devait d’abord être là.
Et pour être là, il devait signer.
Voilà le piège.
Pat Brisson pouvait refuser l’offre.
Il pouvait continuer de demander davantage.
Il pouvait maintenir la pression.
Mais chaque journée qui passait donnait au Canadien une occasion supplémentaire de modifier son alignement.
Puis Kreider est arrivé.
Et là, bang.
Bolduc est devenu le 13e attaquant.
Soudainement, son objectif n’était plus seulement d’obtenir le meilleur contrat possible. Son objectif était de s’assurer qu’il ne perdrait pas sa place avant même d’avoir commencé le combat.
D’Amico a donc parfaitement résumé la situation : manquer un battement avec Kreider qui vient d’être signé et se retrouver relégué au statut de 13e attaquant change complètement la conversation. Bolduc devait pouvoir arriver au camp et se battre pour son rang dans la hiérarchie, sans risquer de disparaître dans le mélange et de nuire à sa propre carrière.
C’est exactement ce que le Canadien voulait.
Et maintenant, Xhekaj est assis dans la même chaise.
Avec 13 attaquants et trois gardiens dans la formation, Montréal ne peut conserver que sept défenseurs si l’organisation veut respecter la limite de 23 joueurs en santé.
Ça veut dire qu’il y a actuellement une chaise de trop dans le groupe défensif. Arber Xhekaj, Jayden Struble et David Reinbacher se retrouvent directement dans cette bataille, et il faudra décider lequel sera rejeté, soit via transaction (Xhekaj ou Struble), soit à Laval (Reinbacher).
Pendant que Bolduc vient finalement de signer pour éviter de perdre sa place dans la hiérarchie offensive, Xhekaj se retrouve lui aussi dans une situation où le Canadien peut lui faire comprendre que le temps va briser sa carrière.
Le message de Hughes et Gorton est assez simple : tu veux faire partie de notre groupe? Signe. Tu veux négocier pendant des semaines? On va te mettre la plus grande pression psychologique en te faisant comprendre que nous n’avons pas besoin de toi.
Des requins.
Bolduc vient de l’apprendre à la dure.
Et Brisson vient de se faire humilier… devant tout le marché…
