Martin St-Louis ne cache plus rien : ses propos sur un congédiement surprennent le Québec

Martin St-Louis ne cache plus rien : ses propos sur un congédiement surprennent le Québec

Par William Petit Lemay le 2026-05-14

Martin St-Louis n’a jamais été le genre d’entraîneur à jouer un personnage devant les médias. Depuis son arrivée derrière le banc du Canadien de Montréal, il parle avec honnêteté, émotion et simplicité. Encore jeudi, il a offert une réponse qui a surpris énormément de gens au Québec lorsqu’il a abordé ouvertement la possibilité d’un congédiement.

Dans un monde aussi impitoyable que la LNH, entendre un entraîneur parler avec autant de calme d’un sujet aussi sensible, ça attire immédiatement l’attention.

Cette après midi, un journaliste lui a d’ailleurs posé une question qui en disait long sur la réalité complètement folle du métier d’entraîneur dans la LNH, rappelant que deux entraîneurs récemment congédiés venaient tout juste de participer aux dernières finales de la Coupe Stanley.

Martin St-Louis a répondu avec un calme presque désarmant, ouvrant honnêtement la porte au fait qu’un jour, si le Canadien décidait de passer à autre chose, il accepterait simplement la réalité du métier.

« J’adore ce que je fais et je vais le faire jusqu’à ce que quelqu’un me dise que je ne peux plus le faire et c’est correct. J’adore le hockey, mais j’ai une vie en dehors du hockey. Je vais aller voir mes enfants jouer. »

Cette phrase-là en dit long sur Martin St-Louis.

On parle d’un homme passionné, compétitif et complètement investi dans son équipe. Mais on parle aussi d’un entraîneur qui comprend que la vie ne s’arrête pas à une job dans la LNH. Cette authenticité fait justement partie des raisons qui expliquent pourquoi les joueurs adorent jouer pour lui.

À Montréal, plusieurs entraîneurs ont tenté de contrôler chaque détail, chaque émotion et chaque message public. St-Louis fonctionne différemment. Il connecte humainement avec ses joueurs. Il agit comme un ancien joueur capable de comprendre la pression, les émotions et les difficultés du quotidien.

Ce n’est pas un hasard si autant de jeunes ont progressé sous sa gouverne.

Nick Suzuki est devenu un vrai capitaine.

Cole Caufield a retrouvé sa confiance.

Juraj Slafkovsky joue maintenant avec assurance.

Même Ivan Demidov semble déjà attiré par cette culture positive.

Martin St-Louis a changé l’énergie autour du Canadien.

Voilà pourquoi ses propos font autant réagir.

Personne ne veut imaginer un départ de Martin St-Louis actuellement. Le Canadien est en pleine progression, l’équipe vient de connaître une saison de plus de 100 points et le groupe semble uni derrière son entraîneur.

Mais St-Louis connaît aussi la réalité de la LNH.

Il suffit de regarder ce qui vient de se produire ailleurs dans la ligue.

À Edmonton, Kris Knoblauch vient d’être congédié malgré deux présences consécutives en finale de la Coupe Stanley. Une décision qui a choqué plusieurs observateurs à travers le hockey.

Les Oilers semblaient pratiquement avoir déjà choisi son remplaçant avant même de le remercier officiellement. L’organisation a publiquement demandé la permission aux Golden Knights de parler à Bruce Cassidy alors que Knoblauch était encore en poste.

Imaginez recevoir un message pareil comme entraîneur.

Le pire dans cette histoire, c’est que Knoblauch avait justement été engagé pour créer une connexion forte avec Connor McDavid. Finalement, il devient aujourd’hui le sacrifice parfait pour calmer la pression autour du capitaine des Oilers.

À Toronto, le scénario n’a pas été beaucoup plus élégant.

Craig Berube aurait rencontré le nouveau directeur général John Chayka pendant près de deux heures afin de discuter de l’avenir du club. Quelques jours plus tard, malgré plusieurs compliments publics, il était congédié lui aussi.

Ces deux situations rappellent à quel point le métier d’entraîneur dans la LNH reste cruel.

Tu peux gagner.

Tu peux développer des joueurs.

Tu peux atteindre les finales.

Malgré tout, tu peux perdre ton emploi du jour au lendemain.

Martin St-Louis le sait parfaitement.

Voilà pourquoi sa réponse semblait aussi calme et assumée. Il comprend que ce métier vient avec une date d’expiration potentielle. Contrairement à plusieurs entraîneurs qui vivent constamment avec la peur de perdre leur poste, St-Louis semble vouloir profiter pleinement du moment présent sans devenir prisonnier de cette anxiété.

Cette attitude explique aussi pourquoi il reste autant aimé dans le vestiaire.

Les joueurs sentent qu’il est vrai.

Ils sentent qu’il aime sincèrement ce qu’il fait.

Quand St-Louis parle des séries comme d’un « champ de bataille » et compare chaque match à un combat de boxe, on voit encore le compétiteur en lui. Ses yeux brillent lorsqu’il parle hockey. Son énergie demeure contagieuse.

Mais derrière cette passion, il y a aussi un homme capable de garder les deux pieds sur terre.

Et honnêtement, dans une ligue où plusieurs entraîneurs vivent constamment sur le bord du précipice, cette humilité-là mérite probablement encore plus de respect.