Martin St-Louis était triste devant les journalistes: sa famille avant tout

Martin St-Louis était triste devant les journalistes: sa famille avant tout

David Garel
Le 2026-05-21

Ce qui a frappé plusieurs journalistes à Raleigh jeudi, ce n’est pas seulement le retour de Martin St-Louis devant les médias. C’est son visage. Son énergie. Son ton. Quelque chose semblait différent.

Plus calme. Plus lourd. Plus triste.

Même lorsqu’il parlait hockey, même lorsqu’il décortiquait le style agressif des Hurricanes de la Caroline, on sentait un Martin St-Louis moins électrique qu’à l’habitude. Pas absent. Pas complètement éteint. Mais visiblement fatigué. Émotif, même. Comme si quelque chose pesait sur ses épaules.

Forcément, les questions commencent à surgir.

Martin St-Louis n’aurait jamais manqué un entraînement en pleine finale d’association uniquement pour une graduation. Jamais.

Oui, il est bel et bien allé près de New York pour la graduation de son fils Mason St-Louis au Brunswick School. Oui, c’est vrai. Oui, son plus jeune fils vient de compléter son parcours scolaire avant de s’engager avec Dartmouth dans la NCAA. Tout cela est exact.

Mais croire qu’un entraîneur-chef en pleine course vers la Coupe Stanley quitte son équipe, manque une pratique de séries éliminatoires et traverse la frontière seulement pour une cérémonie de remise de diplôme? Ceux qui connaissent Martin St-Louis savent très bien que ça ne colle pas avec le personnage.

Pas lui.

Pas dans un contexte comme celui-là.

Martin St-Louis est un obsédé du détail. Un entraîneur qui vit chaque présence, chaque entraînement, chaque réunion vidéo comme si sa vie en dépendait. On parle du même homme qui, il y a deux ans, avait quitté l’équipe dans des circonstances infiniment plus graves après la commotion cérébrale de son fils.

Alors quand Kent Hughes a pris le temps de rassurer les médias en disant que “ce n’était pas aussi sérieux que la dernière fois”, ça voulait aussi dire une chose : il y avait autre chose.C’est ici qu’il faut mettre un peu d’humanité dans le débat.

On voit déjà des gens sur les réseaux sociaux s’emporter, attaquer Martin St-Louis, dire que c’est “inacceptable” d’avoir raté une pratique en pleine finale de l’Est “juste pour une graduation”.

Sauf qu’on peut vous assurer d’une chose : ce n’était pas juste ça.

Par respect pour sa vie privée, par souci de confidentialité, on ne nommera pas la personne concernée ni la situation exacte. M

ais disons simplement qu’il y a aussi un enjeu familial du côté de sa belle-famille qui mérite énormément de délicatesse. Et dans un moment comme celui-là, Martin St-Louis a fait ce qu’il fait toujours : il a choisi sa famille.

Parce qu’au final, derrière l’entraîneur du hockey, derrière le gars qui répond aux médias et prépare un duel contre Rod Brind’Amour, il y a aussi un père. Un mari. Un homme.

Quand on le regardait jeudi à Raleigh, quand on voyait son regard un peu plus vide, ses réponses plus courtes, son énergie légèrement en dessous de sa normale, il était difficile de ne pas sentir qu’il vivait quelque chose intérieurement.

Même ses propos sur les Hurricanes semblaient livrés avec moins de feu qu’à l’habitude.

“Tu dois être organisé. Tu ne peux pas juste travailler fort. Il faut comprendre ce qui s’en vient”, disait-il calmement.

Le message était là. L’entraîneur aussi. Mais l’émotion, elle, semblait ailleurs par moments.

Et pourtant, il s’est présenté.

Il est revenu.

Il a rejoint son équipe à temps pour le match le plus important de la saison. Parce que c’est ça aussi, Martin St-Louis. Un homme de famille, mais un compétiteur incapable d’abandonner son groupe.

Kent Hughes l’avait promis : il serait là.

Et il l’était.

Mais ceux qui pensent que cette histoire se résume à “Martin est allé voir la graduation de son fils” passent clairement à côté du portrait complet.

La graduation de Mason faisait partie de l’histoire.

Ce n’était pas toute l’histoire.

Et avant de juger un homme qu’on a vu visiblement plus fatigué, plus émotif et plus discret que d’habitude à Raleigh, peut-être qu’il faut simplement se rappeler qu’il existe des choses plus importantes qu’un entraînement de hockey.

Même en finale d’association.