Juraj Slafkovsky pensait peut-être avoir déjà répondu à beaucoup de questions sur son identité comme joueur. Martin St-Louis vient pourtant de rappeler que, dans sa tête, le dossier est loin d’être fermé… et cette déclaration risque de faire réfléchir le jeune attaquant.
Pendant sa conférence de presse, St-Louis a été questionné sur l’évolution de Slafkovsky et sur ce qu’il pouvait encore devenir après plusieurs saisons dans la LNH.
La réponse du coach n’avait rien d’une critique directe, mais elle contenait un message particulièrement clair : Slafkovsky n’a pas encore terminé de se définir comme joueur.
« Je ne pense pas qu’il est là encore. Il y a encore des choses que Slaf veut nous montrer. On ne sait pas exactement c’est quoi, puis c’est correct. C’est le fun d’être curieux, puis de voir ce jeune-là continuer à pousser puis vraiment se définir comme joueur. »
Difficile de demander une réponse plus claire de la part d’un entraîneur qui connaît son joueur depuis maintenant plusieurs années.
St-Louis ne dit pas que Slafkovsky déçoit.
Il ne dit pas non plus qu’il doit complètement changer son style.
Au contraire, il parle d’un jeune joueur qui possède encore plusieurs facettes à démontrer et dont le développement demeure en pleine évolution.
Le passage sur son utilisation avec Ivan Demidov et Kapanen devient justement très intéressant.
St-Louis explique que Slafkovsky est capable d’être une présence importante devant le filet, mais qu’il possède aussi une excellente capacité à conserver la rondelle et à jouer à l’extérieur.
Avec Kapanen, qui aime naturellement se retrouver autour du filet, Slafkovsky peut avoir davantage de liberté pour exploiter cette autre dimension.
« Je pense que ça a donné un peu plus de balance à Slaf, à ce qu’il aime faire, à ce qu’il est bon. »
C’est probablement là que se trouve le véritable défi de Slafkovsky cette saison.
Après avoir été utilisé de plusieurs façons depuis son arrivée à Montréal, il doit maintenant montrer qu’il peut devenir beaucoup plus qu’un gros ailier qu’on envoie simplement devant le filet.
Son gabarit est évident, son tir est intéressant et son jeu physique peut faire une différence, mais son développement passe aussi par sa capacité à lire le jeu, protéger la rondelle et imposer son rythme.
Les dernières séries éliminatoires ont d’ailleurs laissé un goût particulier.
Slafkovsky avait commencé la série contre le Lightning de Tampa Bay comme une tonne de briques, avec un tour du chapeau qui avait immédiatement placé les projecteurs sur lui.
Le jeune attaquant semblait prêt à prendre le contrôle de la série.
Puis le scénario s’est inversé.
Son influence offensive a diminué et il s’est retrouvé davantage happé dans la bataille émotionnelle de la série.
Brandon Hagel n’a certainement pas rendu les choses plus faciles, en cherchant constamment à le provoquer et à l’amener dans un territoire où le hockey devenait secondaire.
Pour un jeune joueur encore en apprentissage, ce genre de piège peut coûter cher.
Slafkovsky devra apprendre de cette expérience.
Dans une LNH où les vétérans savent exactement comment appuyer sur les bons boutons, répondre à chaque provocation peut rapidement devenir une distraction.
Le talent ne suffit pas toujours. Il faut aussi savoir choisir ses batailles, comprendre le moment du match et rester concentré sur ce que l’équipe attend de soi.
Les Jeux olympiques pourraient offrir un contraste intéressant.
Avec la Slovaquie, Slafkovsky évolue dans un environnement où les attentes et la pression ne sont pas les mêmes que celles qu’il porte à Montréal.
Son pays ne fait pas partie des grandes puissances qui arrivent avec l’obligation presque automatique de remporter l’or.
Le jeune peut donc jouer avec davantage de liberté et laisser parler son talent.
À Montréal, l’équation est complètement différente.
Chaque présence est analysée, chaque erreur devient une discussion et chaque période difficile ramène les interrogations sur son potentiel.
C’est précisément pour cette raison que les propos de St-Louis sont importants.
Le coach ne veut pas enfermer Slafkovsky dans une définition précise. Il veut voir jusqu’où son joueur peut aller.
Le prochain chapitre appartient donc à Slafkovsky.
Après les hauts, les bas, les provocations et les soirées où tout semblait lui appartenir, il devra maintenant montrer qu’il a compris ce que la LNH exige réellement de lui.
St-Louis vient de lui rappeler une chose essentielle : son identité n’est pas encore complètement écrite.
Et maintenant, c’est à Slafkovsky de décider de la suite.
À suivre…
