Que se passe-t-il à Brossard?
C’est la question qu’il faut poser ce matin.
Hier, Martin St-Louis nous expliquait qu’un excellent camp n’était pas suffisant pour faire le Canadien. Florian Xhekaj venait pourtant de passer la majeure partie du camp à attirer l’attention, à jouer avec intensité, à frapper, à déranger l’adversaire et à montrer qu’il était capable de tenir son bout à un rythme de la LNH. St-Louis avait alors livré son fameux message :
« Avoir un bon camp, c’est génial, mais ça ne veut pas dire que tu vas faire l’équipe. »
Le manque de classe du coach avait déjà commencé.
Et ce matin, bang.
Florian Xhekaj se retrouve avec le groupe de la Ligue américaine. (lire la suite de l'article après la photo)

Le Canadien n’a pas annoncé une coupure officielle, et il faut évidemment tenir compte du fait que les groupes sont manipulés avant le match intra-équipe.
Mais le timing est cinglant : alors que David Reinbacher et Adam Engström sont encore avec le groupe principal, Florian Xhekaj et Owen Beck ont été déplacés de l’autre côté. Le club avait justement regroupé les jeunes qui étaient encore dans la course avec les réguliers mercredi.
Et là, on voudrait nous faire croire que ça ne veut rien dire?
Voyons donc.
Surtout dans le cas de Florian.
Le gars vient de connaître un excellent camp. Josh Anderson a vanté son travail. Florian lui-même a clairement expliqué qu’il voulait forcer la main du Canadien. Il a dit qu’il lui restait des choses à prouver et qu’il était prêt à tout faire pour gagner sa place. Le Canadien a même publié mercredi qu’il avait attiré l’attention de l’organisation et qu’il était bel et bien dans la course.
Et maintenant, moins de 24 heures plus tard, on le remet avec les joueurs qui se dirigent vers Laval.
C’est exactement ce que Martin St-Louis préparait hier. Quel manque de respect.
Son discours n’était pas simplement une petite philosophie générale sur le développement des jeunes. Il disait essentiellement à Florian : ton camp est bon, mais ça ne suffit pas.
Il veut casser le jeune ou quoi? Il déteste tellement le grand frère Arber qu'il méprise aussi le petit shérif?
Le Canadien parle de méritocratie depuis le début du camp. St-Louis parle constamment de compétition, de travail, de processus et de joueurs qui doivent forcer la porte. Et Florian a fait exactement ce qu’on lui demandait de faire.
Il a forcé la porte.
Mais lorsqu’il arrive devant cette porte, on lui explique qu’elle est déjà occupée par quelqu’un d’autre de lâche et de nonchalant (Kirby Dach).
Le discours devient difficile à avaler. Pire encore, on a mal au coeur.
Et je vais être très clair : ce n’est pas le fait que Florian puisse commencer à Laval qui me dérange.
Un jeune peut parfaitement commencer dans la Ligue américaine. Il peut avoir besoin de jouer 15-20 minutes par soir, de toucher à toutes les situations, de continuer son développement et d’être rappelé lorsque le besoin se présente.
Ce qui dérange, c’est l'attitude de Martin St-Louis.
Tu ne peux pas nous parler de méritocratie pendant deux semaines, nous dire que les jeunes doivent mériter leur place, nous montrer que Florian est capable de jouer à ce niveau, puis nous expliquer immédiatement après qu’un excellent camp n’est pas suffisant.
À un moment donné, il faut avoir le courage de suivre son propre discours.
Martin St-Louis me déçoit tellement.
Lui, plus que n’importe qui, devrait comprendre ce que Florian vit.
Lui-même a été rejeté, a dû attendre, a dû convaincre des dirigeants qu’il était meilleur que ce qu’ils pensaient, a dû se battre contre des préjugés sur son âge, son gabarit, son parcours et son potentiel.
Et aujourd’hui, lorsqu’un jeune de 22 ans arrive devant lui et lui dit : « Je veux faire l’équipe et je vais vous forcer la main », la réponse devrait être : « Parfait. Montre-moi que tu es meilleur. »
Pas : « Même si tu connais un excellent camp, ce ne sera peut-être pas assez. »
Le plus honteux, c’est que St-Louis a justement conseillé mercredi aux jeunes de continuer à travailler chaque jour, peu importe leur groupe, parce que chaque journée représente une occasion.
Alors Florian prend-il vraiment le message au sérieux?
Ce matin, son groupe lui donne une réponse horrible: Laval t'attend.
Clairement, Martin St-Louis n'a pas apprécié se faire viser par le jeune qui a répondu du tac au tac au coach hier.
« Je sais qu’il y a beaucoup de joueurs, mais je m’en fous un peu d’une certaine façon parce que je veux faire l’équipe, tout le monde veut faire l’équipe, et je veux leur forcer la main. »
Voilà le courage.
Voilà les guts.
Florian ne demande pas une faveur.
Il demande une chance.
Et il vient de recevoir le genre une claque au visage qui devrait justement lui donner encore plus envie de défoncer la porte.
Martin St-Louis vient de démontrer exactement ce que plusieurs partisans craignaient : il ets devenu le coach d'un Country Cub.
Ce matin, non seulement son manque de classe est gratuit. Mais son manque de courage coûte cher.
