Les partisans grondent : Kent Hughes lance un message qui dérange Montréal

Les partisans grondent : Kent Hughes lance un message qui dérange Montréal

William Petit Lemay
Le 2026-07-01

Le 1er juillet est souvent synonyme de folie dans la LNH. Les signatures s’enchaînent, les contrats explosent et plusieurs directeurs généraux sentent la pression de frapper un grand coup pour satisfaire leur marché.

À Montréal, le scénario a été complètement différent.

À l’exception de la prolongation de contrat d’Ivan Demidov, Kent Hughes est demeuré étonnamment calme. Quelques signatures de profondeur sont venues compléter la journée, mais rien qui transforme immédiatement le visage du Canadien.

Évidemment, plusieurs partisans espéraient davantage.

Après une présence en finale de l’Association de l’Est, nombreux étaient ceux qui s’attendaient à voir le Canadien profiter de son élan pour ajouter un joueur vedette au marché des joueurs autonomes.

Kent Hughes a rapidement refroidi ces attentes.

Son message était clair, assumé et sans détour.

« Nous ne prendrons pas des décisions stupides qui pourraient apaiser la passion de nos partisans à court terme pour qu’ils nous demandent, un an plus tard, dans quoi on les a embarqués. »

Cette phrase résume parfaitement sa philosophie.

Le directeur général refuse de sacrifier son plan simplement pour offrir un moment d’excitation le 1er juillet. Il préfère encaisser les critiques aujourd’hui plutôt que de regretter une mauvaise décision dans quelques saisons.

Cette façon de penser explique aussi pourquoi le Canadien n’a jamais participé à la pluie de contrats gigantesques distribués partout dans la Ligue nationale.

Plusieurs formations ont ouvert leur portefeuille sans hésitation.

Montréal, lui, est resté fidèle à sa ligne de conduite.

Hughes a également tenu à rassurer les partisans qui craignent que l’organisation manque d’ambition.

« C’est certain que nous allons rendre cette équipe meilleure. Je n’ai aucune inquiétude à ce sujet. J’ignore seulement quand. »

Autrement dit, le Canadien travaille toujours afin d’améliorer son alignement.

La différence, c’est que Hughes refuse de fixer un échéancier artificiel.

Il attend le bon joueur.

Il attend la bonne transaction.

Il attend surtout un mouvement qui pourra aider le club pendant plusieurs années plutôt qu’une seule saison.

Un autre passage de son point de presse mérite également toute notre attention.

« On a déjà essayé, mais on a des limites. On croit qu’on a de très bons joueurs dans notre système. Si on fait une grande transaction et qu’on sacrifie notre avenir, ce sera pour quelqu’un qui pourra nous aider longtemps. »

Cette déclaration en dit beaucoup.

Le Canadien ne manque pas d’actifs.

Les espoirs sont nombreux.

Les choix au repêchage sont disponibles.

Les jeunes joueurs attirent énormément d’intérêt partout dans la LNH.

Toutefois, Hughes n’a aucune intention de vider cette banque d’espoirs simplement pour accélérer le processus de quelques mois.

La signature d’Ivan Demidov illustre parfaitement cette stratégie.

Le Canadien vient de sécuriser l’un des joueurs les plus talentueux de son organisation avec un contrat qui laisse encore beaucoup de marge de manœuvre sous le plafond salarial.

Cette flexibilité pourrait devenir une arme redoutable lorsqu’un joueur d’impact sera réellement disponible.

Le directeur général a aussi rappelé un principe qu’il refuse de trahir.

« Tu ne peux pas faire rentrer un gars à 20 millions qui va remercier Ivan, Cole et Nick pour ses 20 millions. »

Autrement dit, la structure salariale du Canadien demeure une priorité.

Le vestiaire a adhéré à cette vision depuis plusieurs années et Hughes ne veut pas mettre cet équilibre en péril avec une signature spectaculaire qui pourrait créer un précédent.

Ce discours ne fera pas l’unanimité.

Certains auraient aimé voir le Canadien frapper un grand coup dès aujourd’hui.

D’autres apprécieront plutôt la patience dont fait preuve la direction.

Une chose est certaine, Kent Hughes n’a jamais donné l’impression d’agir sous la pression populaire.

Son plan est déjà établi.

Et il n’a visiblement aucune intention de le modifier simplement pour calmer l’impatience des partisans montréalais.

Ouch...